# 13 – On aime : Hopsin

Aujourd’hui, je vais vous parler de Marcus Hopson, AKA Hopsin (le mec sombre aux lentilles blanches ci-dessus).

En bref c’est qui Hospin ?

Il a débuté sa carrière en signant chez Ruthless Records (Label du défunt Eazy-E ) en 2007. Cependant l’alchimie ne se créant pas entre l’artiste et la maison de disques, il décide alors de mettre fin à son contrat suite à une série de différends et fonde son propre label Funk Volume en 2009 (Il raconte d’ailleurs son histoire dans « FV till I die »). C’est alors en indépendant que sa carrière se lance vraiment, notamment en 2012 avec la série vidéo des « Ill mind of Hopsin », ainsi qu’en 2013 avec la sortie de son album Knock Madness.

Il se fait connaitre grâce à son flow, ses punchlines, mais surtout grâce à ses clashs (comme beaucoup de rappeurs). Son premier grand succès est d’ailleurs « Sag My Pants », single dans lequel il s’attaque à Soulja Boy, Lil Wayne, Drake, Rick Ross,  Lupe Fiasco, ainsi qu’à Tomica Wright (la femme d’Eazy-E), actuellement à la tête de Ruthless Records.

Hopsin affirme avoir un réel problème d’éthique avec ces rappeurs (et beaucoup d’autres qu’il met dans le même sac sans les mentionner), qui selon lui, perdent leur identité au profit de l’industrie musicale.  « I made a song called « No words » because they’re not even saying words anymore ».

Sur ce point, Marcus Hopson est en effet à contre courant. Il ne fait pas l’apologie des armes, des drogues, de l’argent sale… et ne se donne pas non plus une image de pimp. Il est même connu pour transmettre des messages plutôt positifs « I know there are youngsters who look up to me, I don’t want to be somebody that they look at and get motivated to do something wrong. I try and represent something positive. ».

Tout va bien pour lui jusqu’en 2016, quand il décide de quitter son propre label (Funk Volume) suite à un conflit avec Damien Ritter, son associé, qu’il accuse de vouloir en prendre le contrôle.

Malgré tout, il revient avec son nouveau label  Undercover Prodigy. On comprend donc pourquoi il est assez inactif depuis quelques temps mais on peut toutefois s’attendre à de belles surprises.

Mérite-t-il son surnom de « Black Eminem » ?

Tout d’abord, rassurez-vous, il ne s’est pas autoproclamé Black Eminem, bien qu’il affirme s’inspirer de son style et lui vouer un grand respect.

Il tient en réalité ce surnom de certains journalistes et commentateurs. Ces derniers l’utilisent soit comme une insulte (« copie d’Eminem », « pâle imitation »), soit comme un compliment (« il rappelle le style agressif du rappeur de Detroit »).

En ce qui me concerne, je n’irais pas jusqu’à l’appeler « Black Shady » mais je constate en effet des similitudes entre les deux rappeurs :

– son flow rappelle un peu celui d’Eminem en d’assez rares occasions (dans « I Need Help » par exemple).

-les thèmes qu’il aborde rappellent vraiment Eminem. Dans ses chansons, Hopsin se contente de raconter sa vie, ses frustrations quotidiennes, ce qui le dérange… il lui arrive aussi d’incarner un personnage instable mentalement comme le fait souvent Eminem (dans l’album Relapse ou quand il incarne Ken Kaniff, entre autres).

-Enfin, Hopsin souffre de quelques troubles psychologiques. Il est parfois dépressif, voire même suicidaire. Ce qui n’est pas sans rappeler la période trouble d’Eminem, avant la sortie de Relapse.

Ill mind of Hopsin

Les plus grands succès d’Hopsin sont les «ill mind of Hopsin », cette suite de chansons lui sert de défouloir. Ici, le rappeur se dévoile à son public. Il exprime tout ce qu’il a sur le cœur, partage ses pensées, et surtout ses coups de gueule.

Les 3 plus connues sont ill mind of Hopsin 5, 7 et 8.

Dans ill mind of hopsin 5, il exprime les frustrations de sa jeunesse, sa haine envers les autres rappeurs, et critique le mode de vie de certains jeunes, qui selon lui, passent à côté de leur vie en se berçant d’illusions.

« When I say the word « fun », what do you envision? Probably drinking and smoking out with your crew and chilling with clueless women you’re trying to bang »

« You idolize rappers that do. And all they say is « I got money and it’s stacked to the roof ». And now you think that it’s gon’ magically just happen to you ? »

« Twice a week you put on your makeup and damn bracelets and head to the club half-naked with your ass shaking. Pulling a low-life nigga who claims he cash making, till you let him hit and find out he works at the gas station. »

Dans ill mind of Hopsin 7, il partage ses pensées religieuses et explique pourquoi il a décidé de suspendre son jugement à ce sujet. Il affirme aussi avoir grandi au sein d’un entourage très chrétien et raconte les difficultés qu’il a affrontées lorsqu’il  leur a fait part de son athéisme.

« niggas call me a sellout cause I hopped on Christianity so strongly then I fell out. Now I’m avoiding questions like a scared dog with his tail down, feeling so damn humiliated because they looking at me like I’m hellbound. »

« There’s way too many different religions with vivid descriptions, begging all fucking men and women to listen. I can’t even beat my dick without getting convicted. »

Dans ill mind of Hopsin 8, il règle ses comptes avec son ancien partenaire Dame Ritter (celui avec qui il a fondé Funk Volume).

« When I told you that I wanted new management why the fuck  you throw a fit and seem bitter? Why you catch an attitude whenever I question you about all my fuckin’ percentages? I know why (why?), you’ve been bending it in your benefit. »

« You sent me on tour and it’s horror, shitty hotels, no sleep with no food to order. Meet and greets every single day, it’s torture. How you expecting an A1 performer? »

Quels sons écouter pour s’en faire une idée ?

Hop is back
I need help
Forever ill
FV till I die
Sag my pants
Fly
Ill mind of hopsin 5, 7 et 8

A quoi ressemble un de ses concerts ?

Un concert d’Hopsin c’est :

-beaucoup de crowd surfing (souvent debout d’ailleurs)

-une large participation du public. Il invite souvent certains spectateurs à monter sur scène pour chanter à ses côtés. Il lui arrive même de leur laisser le micro le temps d’une chanson entière. Par exemple, il a une fois appelé 3 spectateurs au hasard pour qu’ils chantent Sag My Pants en se répartissant les couplets.

-assez peu de monde donc une meilleure ambiance. Compréhensible au vu de la notoriété relativement faible du rappeur.

Quelques nuances

Si le portrait que j’en ai esquissé jusqu’à présent est plutôt flatteur, j’ai aussi mes critiques à émettre concernant Hopsin.

Tout d’abord, il affirme être en totale opposition des courants mainstream du rap. Si c’est vrai à de nombreux égards, il faut tout de même garder à l’esprit qu’Hopsin a bâti sa notoriété sur les clashs, ce qui est 100% vu et revu.

De plus, il tente parfois de faire du rap moralisateur en grossissant les traits de ceux qu’il vise (dans certains couplets d’ill mind of Hopsin 5 par exemple, même si le son est globalement bon).

En outre, s’il a souvent des choses intéressantes à dire, Hopsin peut tout aussi bien émettre des réflexions niaises, naïves, dignes d’un collégien. Il dit notamment dans Fly « Did the one who invented college go to college ? », bruh… Parfois il fait vraiment penser à un enfant s’indignant du monde dans lequel il vit.

Finalement, bien que différent de ce qui se fait actuellement, Hopsin ne révolutionne pas le rap US. Malgré tout, il a un bon flow, de bonnes instrus et des lyrics intéressants. S’il revient avec de nouveaux projets, ceux-ci sauront sûrement retenir votre attention.