Comment je suis devenu fan de Jul

La musique de Jul a d’abord traversé les murs des chichas phocéennes, puis le périphérique parisien, avant d’atterrir dans mes oreilles. On ne va pas se leurrer :  la première écoute ne m’a pas franchement plu. Mais maintenant, je me languis d’écouter ses sons : je sens l’odeur des herbes de Provence et je vois des champs ensoleillés à perte de vue. Bref, j’ai l’impression d’être dans un film de Marcel Pagnol.
Pourquoi en suis-je arrivé là ?

jul2– Puis-je monter sur votre motocyclette Jacques Mazel ?
– Te casse mon bijou j’vais la lever en Y

Parce que Jul est quelqu’un de simple

Jul ne se prend pas la tête dans ses textes. Il décrit son quotidien dans son quartier de Saint Jean la Puenta : galères avec les condés, teh entre potes et balades en T-Max. Il suffit d’écouter Dans mon dél pendant 36 secondes pour s’en convaincre :

“Au tieks ça sent la crise quand même
Les flics te fouillent, te disent « le con de ta mère ! »
Mais pourquoi je suis pas sur une Honda merde
Rien à faire et on s’enfume à l’herbe”

Au-delà de sa musique, c’est quelqu’un de très simple au quotidien. Il est millionnaire et célèbre mais continue de trainer avec ses potes dans la cité, à mettre des survêts, à composer ses chansons dans la cabane de son jardin et à communiquer avec ses fans sur les réseaux sociaux. En plus de ça, il est drôle.

jul4Jul fait une blague en jouant sur la polysémie du verbe « fuiter »

Parce que Jul est un génie de l’effort

6 albums studio. 5 mixtapes. En 3 ans, bordel. Et sans l’aide de personne : instrus, paroles, mix, clips, il s’occupe de tout. C’est un peu le Pharrell Williams français : un touche-à-tout pétri de qualités. Il produit tellement de sons qu’il ne sait plus quoi en faire. Du coup, il sort régulièrement des albums gratuits pour faire plaisir aux « sangs de la veine » (ndlr : un proche qu’on aime). D’ailleurs, son plus gros hit Tchikita est le 5ème morceau de son 2ème album gratuit, sorti en 2016. Près de 150 millions de vues sur YouTube et un disque de diamant pour cette ode à sa bien aimé.

jul_danse_briganter_gif_anime.gifChemise à fleurs, ceinture Gucci et mocassins : Jul brise les codes du hip-hop dans le clip de Briganté

Parce que Jul est devenu une icône pop

C’est simple, tout le monde le connaît. Mieux, il fait partie de notre quotidien. Combien de fois avons-nous vu quelqu’un faire le fameux signe Jul avec ses doigts ? Ou chanter Wesh alors à tue-tête ? Ou les deux en même temps ?
Jul est devenu un véritable phénomène qui est repris partout : sur internet avec les mêmes, à la télé par les footballeurs, au lycée par les beurettes. Lascars, hipsters, bobos, tout le monde en parle.

thauvinDes joueurs de l’OM font le signe Jul pour célébrer un but qui n’empêchera pas leur club de rester loin derrière le PSG

Alors oui, il y a des rageux qui n’aiment pas sa musique : Pfff diarrhée auditive, écoutez plutôt Hugo TSR, ça c’est du vrai rap, nanani nanana. Ces gens-là n’ont rien compris. Oui, il y a des fautes d’orthographe dans les titres de ses chansons. Oui, les mélodies sont parfois simples et les paroles vides de sens. Oui il abuse de l’Auto-Tune. Et alors ?
Jul c’est un gars attachant, cliché ultime de la caillera marseillaise. Il est la preuve qu’on peut réussir avec une crête blonde et en se rasant des traits sur les sourcils. Il propose du son brut, sans prétention ni soucis du détail. Et c’est pour ça qu’il est génial.
Mercé le sang.

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