Interview Sandwich : Francis

J’aime beaucoup le concept des interviews sandwichs de Konbini. Vous avez sûrement déjà aperçu une de leurs vidéos dans votre fil d’actu Facebook avec plusieurs guests comme Caba&JJ, Sadek ou encore Florent Pagny. J’ai donc décidé d’en faire une. Après mûres réflexions, j’avais trouvé ma cible : les gars du PC (Poste de commandement, ndlr).

Jeudi. 10h32. Je profite de la journée libre pour réaliser mes itw. Je prend un dictaphone et ouvre la porte vitrée du PC. Un seul garde est présent. Il ne lève même pas la tête et continue de jouer sur son portable à ce qu’il me semble être Clash Royale.

J’articule un « bonjour » assez timide. Il lève les yeux. Vous seriez dispo 10 minutes pour une petite interview ? Il a l’air perplexe. J’articule mon pitch préparé pour l’occasion et une fois terminée il semble assez emballé par l’idée. Ok mon gars. Il se lève. On va aller prendre un café alors. On attend que son collègue vienne prendre la relève et on part à la Kfet.

Quand tu vas acheter tes Sandwich à Cergy Saint-Christophe parce que la mie y est meilleure

Après avoir tchatché l’employée de restauration, il vient s’asseoir avec moi. Ça y est. On commence.

Moi : Quand avez-vous commencé à manger des sandwichs ?

Francis : Oh comme tout le monde je pense. Mais à un moment j’ai eu comme un déclic. En fait, c’est devenu une passion vers mes 20 ans je pense. J’avais d’abord commencé à me renseigner sur la qualité des produits, leur provenance etc… parce que si tu te contentes d’en acheter à droite à gauche tu peux vite trouver de la merde.

Moi : Et aujourd’hui ça vous arrive d’en manger encore ?

Francis : Ahahah bien sûr. J’en mange même plus qu’avant ! Je sais que c’est pas top, mais sûrement 3 ou 4 par jour. Toujours à la pause du midi, et puis souvent après mon service aussi.

Moi : Et vos collègues ?

Francis : Toujours avec moi ! C’est même moi qui les prépare pour eux, de A à Z. Ils me font confiance et ils savent que c’est de la qualité. Je sais qu’on en trouve assez facilement par ici, c’est pas ce qui manque mais c’est de la mauvaise qualité. Des étudiants aussi en vendent apparemment, mais c’est pareil, ils ont peut-être l’air appétissant, mais tu restes sur ta faim. Ça n’a rien à voir avec ce que j’ai.

Moi : Il y a une si grande différence que ça avec ceux que vous produisez vous-mêmes?

Il commence alors à regarder à droite puis à gauche. Il se penche vers moi : Tu sais quoi ? Moi j’t’aime bien mon ptit pote. J’pourrais te montrer si tu veux, je fais ça chez moi. Aller j’ai l’impression que ça t’intéresse.

Moi : Euh.. d’accord pourquoi pas.

Super viens au PC quand j’ai finis alors, vers 18h par là.

18h04. Francis me voit arriver à travers la porte vitrée. Il sort. C’est parti mon gars. On marche 10 minutes jusqu’à un quartier inconnu. En bas de l’immeuble sont posté des jeunes. Francis les salue d’un signe de tête. On monte au 6ème, me fait faire une visite puis on reprend l’interview.

Moi : C’est impressionnant tous les équipements que t’as.

Francis : T’as vu ! J’ai du sacré matos. Un vrai four industriel pour faire du pain de qualité. Il me fait alors un clin d’œil.

Moi : Tu es tout seul à faire ça ?

Francis : J’ai aussi un pote qui m’aide pour le potager. On fait pousser nos propres tomates et salades. Une vraie petite serre. Tout est réuni pour avoir les meilleurs produits possibles. Il a vraiment la main verte. Après on entrepose tout notre stock chez le voisin, c’est un petit couple très sympa avec un très grand frigo.

Moi : Et toi tu fais quoi dans tout ça ?

Francis : Moi je m’occupe plutôt des commandes et de tout ce qui est vente. Mais on se limite à ce qui est famille et amis seulement. Ça me permet d’arrondir mes fins de mois.

Il claque alors des mains. Bon ! On va passer à la dégustation, si j’ose dire. Il rit tout seul et part. Il revient avec deux sandwichs et m’en tend un. Un pour toi et un pour moi. On les mange alors en silence.

(…)

Je ressors un peu plus tard de l’immeuble avec un sourire niais à la bouche. Je regarde l’heure sur mon portable. 20h47. Wouah. Quelle expérience. Cette séance digestive, c’était vraiment quelque chose. J’ai fini de digérer le sandwich mais l’eau me monte à la bouche rien qu’en y repensant. J’en suis tout émoustillé.

En sortant du quartier, je croise alors une voiture de police. Quelques minutes plus tard, j’entends des « ARO ARO ARO » au loin derrière moi. J’ai hâte de revoir Francis demain et de le présenter à tous mes copains.

Publicités