Interview de Sacha (Urban Art Paris)

Qui es-tu Sacha ? (Résume nous brièvement ta page Wikipédia)

Je viens de la belle et vivante banlieue parisienne à savoir Saint-Maur (94 zoo), superbe ville dans laquelle la moyenne d’âge est tranquillement au-dessus des 60 ans, d’où un grand développement de la culture urbaine dans le coin. J’ai fait une prépa scientifique à Paris pendant laquelle mon attrait pour le rap s’est fortement renforcé (je n’ai écouté que “To Pimp a Butterfly” de Kendrick les 6 premiers mois de 2015), avant d’intégrer l’ENSAE en 2015. Deux ans plus tard, me voilà arrivé à Cergy après avoir continué à renforcer ma culture en rap et street art par divers moyens comme des conférences (La Plume et le Bitume à l’ENS, allez-y c’est le feu) ou mon activité associative avec Urban Art Paris et bien sûr l’association E&B à l’ESSEC..

Urban Art Paris c’est quoi ?

Urban Art Paris c’est pas mal de choses ! L’association existe depuis 5 ans et c’était à l’origine un média pour parler de l’actualité autour du graffiti et du street art, ce que nous faisons toujours. Mais maintenant, nous faisons bien plus : prestations pour des boîtes, organisations d’expositions et d’événements… Notre projet d’envergure c’est le Festival LaBel Valette qui aura lieu courant 2018 dans le Loiret, mêlant tous les aspects de la street culture.

On est aussi des vrais passionnés et on a beaucoup de chance de pouvoir discuter avec plein d’artistes différents, plus ou moins jeunes, plus ou moins reconnus dans le milieu. Et puis on est vraiment des potes et ça c’est top, les gens sont hyper accueillants. Quand j’ai intégré l’asso en avril dernier par un total hasard, je ne connaissais personne et maintenant j’ai des responsabilités et je suis parti en vacances avec certains d’entre eux.

UrbanSacha1Crédit photo : Tiski – Château graffé par l’artiste espagnol Okuda- Festival LaBel Valette

Comment arrives-tu à trouver du temps pour l’asso en école de commerce ? Quelles sont tes actions concrètement ?

En comparaison avec l’école d’ingé, on va dire que l’école de commerce laisse beaucoup plus de temps, surtout avec le rythme des cours à la carte… Cela permet de s’investir dans plein de projets par ailleurs, donc tant mieux ! Du coup, j’ai vraiment beaucoup de temps à consacrer aux assos, ça demande juste un peu d’organisation et surtout de la volonté de s’engager.

Concrètement, je suis libre de faire ce que je veux à Urban Art Paris mais j’ai décidé de me donner à fond : je participe à tous les événements comme l’exposition qu’on a organisée fin décembre. Depuis juin, j’ai aussi un rôle important dans l’organisation du festival. C’est quand même un événement d’envergure : ancien domaine servant de pensionnat pour écoliers espagnols sous Franco, il a été laissé à l’abandon pendant 30 ans avant d’être repris par un propriétaire privé. On parle quand même d’un château du XIXe, de deux dortoirs de 48 chambres chacun et d’une chapelle ! On veut que tous les endroits soient investis, et la moitié du travail a été faite cet été par des artistes français, néerlandais, espagnols ou encore anglais, ayant entre 18 et 40 ans. Mon job est de coordonner la venue des artistes en m’assurant qu’ils ont tout le matériel dont ils ont besoin. Comme ça, ça a pas l’air très fun mais ça me permet d’être en contact avec plein d’artistes et de redécouvrir certains graff qui ornent notre splendide RER A (allez checker MG La Bomba, vous avez forcément déjà vu son petit perso).

urban2Crédit photo : Tiski – Pièce graffée par l’artiste français Nexer – Festival LaBel Valette

Le street fest arrive à grand pas, ton asso valide l’event ?

Evidemment ! Bon déjà, parce que je suis associé au projet, obviously. Mais plus sérieusement, le street fest va carrément dans le sens de ce qu’on fait dans l’asso et de ce qu’on développe via le Festival LaBel Valette. Je pense au rapprochement entre des populations qui s’éloignent, que ce soit à Cergy ou dans le Loiret (où nos déboires avec la mairie témoignent d’une crainte liée au vandalisme notamment alors qu’on fait quelque chose de complètement légal…). Et puis le street fest mélange toutes les facettes de la culture urbaine : rap, danse hip-hop et évidemment le graffiti/street art. D’ailleurs, l’association Art Osons, partenaire du street fest d’E&B, a aussi participé au Festival LaBel Valette avec des pièces réalisées par Horor, Nexer et Norione (ce qu’ils font est très lourd d’ailleurs, y’en a pas mal dans Cergy et ils avaient organisé le festival Caps Attack en septembre dernier).

urban3Crédit photo : Tiski – Pièce graffée par l’artiste français Horor – Festival LaBel Valette

L’ESSEC, grand lieu d’expression de la culture urbaine selon toi ? Des projets pour l’avenir ?

A priori, on pourrait penser que l’ESSEC est assez loin de la culture urbaine, à cause du côté école de commerce. Mais je pense, comme tout le monde à E&B, qu’il y a vraiment quelque chose à faire pour développer le rôle que peut jouer l’ESSEC dans la culture urbaine. On est à Cergy quand même ! Le Val d’Oise a donné des gros noms du rap français : Sniper, Seth Gueko, Arsenik, Youssoupha (qui vient carrément de Cergy)… L’école fait aussi un effort en faisant venir des street artistes ou des graffeurs à chaque Imagination Week, comme Moins 12 Prod (qui est aussi au Festival LaBel Valette, la promo ne s’arrête jamais !) ou Nebay il y a quelques semaines. Après, il y a encore plein de choses à faire, on attend toujours un gros concert de rap dans le Dôme, ce qui serait vraiment stylé mais qui n’arrivera pas tout de suite…

A l’avenir, on pense à faire des conférences sur la street culture  à l’ESSEC avec E&B pour que les gens dépassent les préjugés du genre “le graffiti c’est moche” (parce qu’en vrai c’est beau) ou “le rap c’est violent et insultant” (parce qu’en vrai c’est une musique de bisounours). Mon idée est de faire venir plein d’acteurs différents de cette culture pour offrir un autre éclairage de la culture urbaine : des rappeurs, des graffeurs/street artistes,… Bref, encore plein d’événements à venir !

Si Urban Art Paris vous intéresse, n’hésitez pas à m’écrire ou à rejoindre les pages Facebook, Instagram ou Twitter, je serai ravi de vous en dire davantage et de vous faire rejoindre la team !

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