Un foot populaire dans tous les sens du terme ?

« Gros, viens on va voir jouer le PFC ! ». Caceres m’avait déjà fait des propositions plus alléchantes que cette idée surprenante. Aller voir un match de ligue 2 c’était une expérience que je n’avais encore jamais vécue. Et pourquoi d’ailleurs ? Ca reste du foot et j’adore le foot. Mais surtout, j’avais déjà été voir des matchs qui n’avait rien à envier à la ligue 1 de l’ESSEC. Alors pourquoi pas ?

En fait, quand j’étais petit j’avais moi-même passé les détections pour le PFC (le Paris Football Club pour les non-connaisseurs), c’était juste à côté de chez moi. J’avais donc l’impression qu’en allant supporter le PFC, plutôt que de trahir l’Olympique Lyonnais de mon cœur, j’allais en réalité supporter la maison.

Le fait est qu’en réalité, j’avais complètement raison.

A peine arrivés au stade avec Pierre et Charles, ce qui me marque le plus c’est le prix de l’entrée : 5 euros. Et pourtant une fois entré dans le stade je suis choqué par le vide dans les tribunes. En effet, il faut savoir que le PFC est un petit nouveau en ligue 2 et que l’affluence dans le stade du club est donc la plus faible du championnat.

D’un autre côté, quel genre de galérien pourrait supporter le PFC quand tu as l’ogre du PSG qui va taper des quarts de finale de ligue des champions à côté ? Et bien tâchons de répondre à cette question.

Il est d’abord très intéressant d’analyser l’évolution du football depuis les cinquante dernières années. Le premier connard viendra te dire qu’aujourd’hui le foot est pourri par l’argent. Ce n’est pas complètement faux, mais je crains que la réalité ne soit plus subtile. En fait, le football a étonnamment épousé les évolutions du capitalisme sur cette période. D’un sport en tant que loisir national, nous sommes passés à une logique mondialisée. Comme dans la mondialisation actuelle, les pays échangent de plus en plus d’un championnat à l’autre, les équipes tâchent d’attirer les investisseurs et les talents étrangers, les pays émergents attirent les joueurs avec des offres tendant vers une concurrence déloyale, les pays du tiers monde souffrent d’une fuite des talents… Bref, les points de comparaison sont nombreux et ce n’est pas exactement l’objet de cet article, donc avançons.

Ce qu’il est important de dire maintenant, c’est que bien que ça ne me déplairait pas, il ne s’agit pas ici de faire le marxiste de base. En effet, supporter parisien ou non, on a tous été bien contents quand on a vu qu’un joueur de la trempe de Neymar rejoignait l’élite française. Il est donc évident que le football actuel est plein d’avantages pour nous autres supporters mais aussi pour les joueurs.

Il y a donc aujourd’hui, comme des gagnants de la mondialisation, des clubs gagnants du « foot business ». Le PSG, en ligue 1, est l’archétype même de cet idéal type. Et c’est là que l’on comprend maintenant l’importance que peut jouer le PFC dans le bassin parisien.

L’identité du club est à 100% parisienne, son idéologie est de puiser son effectif dans le centre de formation, ce dernier étant quasiment exclusivement constitué de jeunes parisiens. Ce sont des jeunes de Paris et de sa banlieue comme je l’ai été autrefois qui grandissent dans le club pour pouvoir un jour jouer sous ses couleurs. Alors pour continuer la comparaison, le PFC c’est un peu le résultat du made in France à la Montebourg. Le PFC c’est le bon produit du terroir.

Toutefois, paradoxalement, le Paris Football Club est un club qui n’a pas encore d’identité. Du moins, cette dernière est en pleine construction. Mais pour ce faire, il faut une base solide de soutiens. Moi-même j’ai pu enfin dire avec fierté, « Allez Paris ! ». Alors bande de footix parisiens, allez donner une chance à ce club prometteur. Pour le prix d’un grec, on te donne l’opportunité d’aller voir le vrai foot populaire. Tâchons maintenant de le rendre populaire.

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