Review US d’Octobre: Entre carrière solo et collabs

 

A lire avec la playlist du mois

 

Quel beau mois pour le rap US, que de sorties, pas de bagarres dans l’aéroport, pas de school shootings, TOUT VA BIEN AUX ETATS UNIS D’AMERIQUE. Ce mois-ci, mon choix de projet s’est articulé autour d’un sujet: Les collabs. En effet, on verra Quavo qui se lance tout seul dans un projet, on verra au contraire un projet entier entre deux nouveaux rappeurs. Et on verra aussi que c’est pas très évident de faire un projet commun.

 

QUAVO HUNCHO : Quavo de Migos

 

Qui ne connaît pas MIGOS? Exactement, le groupe est partout et tu sens leur impact sur une chanson sur laquelle ils posent. Et par la force des choses, tout membre de groupe qui se respecte (?) décide un jour ou l’autre de se lancer dans un projet en solo.

Quavo avait déjà essayé de s’émanciper de sa famille ( Ils ont des liens de sang oui), en sortant un album avec Travis Scott mais “ Huncho Jack” a vite été oublié.

Il faut admettre que Quavo a la voix la plus polyvalente du groupe, mais son travail se fait sentir surtout dans les feats. Mais cet album n’est pas anodin finalement. Déjà parce qu’il concentre les meilleurs artistes du moment ( Travis, Kid Cudi, Drake, Lil Baby, Cardi B, 21 Savage), mais aussi parce qu’il est ouf. Oui c’est subjectif mon grand, d’où l’appellation coup de coeur –’ . 

Bon, l’album fait 66 minutes pour 19 titres, et reste dans l’esprit des Migos. On y retrouve moult Ad Libs, marque de fabrique des Migos, et les instrus sont trappy as fuck.

Il faut cependant avouer que ses sons solos ne sont pas forcément meilleurs que ceux avec Migos. Mais il y’a quelques sons qui sortent du lot et qui sont imprégnés du flow de Quavo. Je parle de Lamb Talk, de Flip the Switch avec Drake, ou encore de Huncho Dreams où il reprend le célèbre refrain de Drake dans Feelings en parlant de Nicki Minaj. Oui oui, Nicki Minaj. Sur ce son il parle du fait qu’ils se plaisent entre eux et reparle du fait que Nicki ne veut pas être une baby momma sans être mariée.

Nicki (Nicki), do you love me? (Please)
Why you crying? (Why?)
She don't wanna be a queen unless she got me (Queen)
She don't wanna be on scene unless we married (On scene)

Le KOU DE KEUR :

PASS OUT feat 21 SAVAGE.

En 5 mots : “ Whoo, whoo, whoo , whoo ,whoo”. 21 savage pose comme un fou dessus, et Quavo s’occupe de la vibe, qui t’emmène dans un mood hyper calme avec sa vague de “skrrt skrrt” et autres “Yeeeeeeeees sir”

Va vite écouter ça, car comme dirait Quavo : “Beep, beeeeeeeep : Fuck it, dead line”

 

 

DRIP HARDER : Lil Baby, Gunna 

Personne ne les connaissait, maintenant personne ne peut les ignorer. Les Koba la D du rap US sont là et ils s’appellent Lil Baby et Gunna. Présentons les d’abord avant de parler de leur premier album.

 

Ces deux rappeurs, originaires d’Atlanta, sont les protégés de Young Thug, et ça se ressent dans leur flow. Ils ont commencé à se faire une place sur le Rap Game via quelques feats tel que: Life goes on de Lil baby, en feat pour la première fois avec Gunna justement et  lil uzi vert.

Leur synergie presque digne d’un couple a su surprendre à la sortie de “Drip too hard” qui fait bouger la tête d’un paraplégique. Mais cette synergie n’est apparemment pas innée. En effet, Lil baby n’était pas vraiment intéressé par le rap jusqu’à cette année, et Gunna, qui n’a que 18 mois de plus que le premier, a été une importante influence pour lui. Ils se sont en fait connus via la mort d’un ami commun puis Young Thug (qui a signé Gunna) a officialisé le duo.

Assez parlé des artistes, parlons de l’album: UNE TUERIE. Du renouveau sur la Trap Scene. Des flows a la Young thug, Quavo et Future réunis. De nouvelles lignes, de nouveaux Ad-Libs (gros suis un peu, c’est les petits sons en arrière plan jt’ai dit). Les sujets sont très faciles à cerner : Car d’après le titre de l’album: They DRIP HARDER, qu’on pourrait traduire par, euuh je sais pas en fait. Imagine t’as tellement de fric que ça dégouline de partout: bah c’est ça, ça “Drip too hard” .

LE KOU DE KEUR : 

Never Recover ft Drake:

Bien Sûr, le premier track sur lequel tu cliques c’est le feat avec Drake. Tu connais la recette, Drake = couplet de malade. Et le NEVER RECOVER n’en est pas une exception. Dès le premier couplet, celui de Drake justement, la force gravitationnelle autour de l’appareil qui te sert d’enceinte augmente exponentiellement, et avec elle le poids de ton crâne.

En effet, une étude scientifique a pu prouver que Goku, ou Kakarot de son vrai nom, se serait entraîné sur cette musique car sa capacité à multiplier la force gravitationnelle 10 fois lui aurait permis de devenir 10 fois plus fort.  

WRLD on Drugs : Future, Juice WRLD

 

Cet album est particulier, parce que je vais en parler non pas parce que j’ai aimé, mais surtout parce que ça m’a permis de m’intéresser au phénomène FUTURE. L’effort de ramener Future de Pluto est louable, mais la collab avec Juice WRLD était plutôt en défaveur pour les deux artistes.

Parlons de Future. Ce rappeur de 34 ans aime jouer le rôle d’un homme narcissique qui ne veut rien d’autre que vivre tel un phissdeup sous toutes sortes de drogues. Mais sa benzodiazépine (sa drogue gros, fais pas genre tu connais pas) l’emmène dans un monde sourd et solitaire qui le consume de l’intérieur. On le voit dans ses anciennes collabs qui n’ont pas eu l’audience voulue. Je parle de What a Time to Be Alive avec Drake, Super Slimey avec Young thug ou Free Bricks avec Gucci Mane. Cependant, un producteur a pu ramener Future au monde réel, Zaytoven, dans Beast Mode 2. Et Juice WRLD a essayé de faire de même dans cette collab.

 

Parlons de Juice WRLD. C’est un jeune rappeur de 19ans, originaire du Chi ( chichago gros, jpp de toi..). Pour décrire son style, je dirais qu’il a une voix plutôt mielleuse, et ses sujets sont plutôt sensibles dans un flow chanté. Mais Juice WRLD aussi aime les drogues, les femmes, et la grosse tête. Sauf que ce n’est pas assez pour faire une bonne collab.

Il y’a bien sûr des moments où la mélodie et l’instinct des deux artistes fait des miracles comme dans Jet Lag, Realer N Realer ou encore WRLD on Drugs, mais ces moments sont trop rares pour le potentiel dégagé par chacun d’eux. En effet, sur le reste de l’album, on a l’impression que chacun des artistes attend son tour pour réciter son couplet à propos des drogues et du sexe, sans pour autant créer une synergie entre les deux hommes.

De plus, le noviciat de Juice WRLD semble le déstabiliser sur les grands feats comme dans Oxy avec Lil Wayne, ou Red Bentley avec Young Thug. On le sent comme l’adolescent qu’il est qui découvre son premier strip club. (Je sais mec, t’en as jamais vu, c’est comme quand tu passes ton premier entretien en M&A petit iencli)

 

LE KOU DE KEUR:

 

WRLD On Drugs

Déja, ça implique que Juice WRLD is on drugs, et ça c’est stylé. Mais c’est surtout les flows des deux artistes qui se croisent et se complètent sur ce son. C’est aussi les paroles que j’aime parce qu’elles sont tellement vides de sens que ça en devient enjaillant.

Le son tourne autour du fait que Future et Juice sont tellement perchés sous plusieurs drogues que c’est le monde qui est défoncé finalement. Mais en même temps, Juice propose des pillules d’exctasy ( ou Molly) à toute femme qui en veut parce que : “You don’t gotta pay for none of these Perkys, bitch, the pills on us” .