13 Block au Cergy Street Festival : l’événement de l’année

Après une première édition couronnée de succès, le Cergy Street Festival organisé par notre association E&B prend son envol. La preuve ? Le groupe phare du moment y sera, pour un concert qui s’annonce légendaire. Je parle bien évidemment de 13 Block, trappeurs de Sevran composé de Zed, Stavo, Sidikey et Zefor. Tu ne les connais peut-être pas, mais ils sont loin d’être des rookies et leur présence témoigne d’une montée en puissance de l’événement. Tu veux en savoir plus sur eux ? Qui sont-ils, quelle est leur musique et pourquoi il faut absolument les écouter avant le concert ? Alors suis-moi (je connais un coin sympa) !

Mais dis-moi Jamy, c’est quoi la trap ?

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Désolé pour cette réf moisie, continue de lire stppp

Pour les trois du fond qui dorment, 13 Block est aujourd’hui le groupe de référence de la trap à la française. On s’est donc dit qu’il fallait un peu revenir sur les origines de ce mouvement musical, de son apparition à son évolution jusqu’à son arrivée en France.

Une donnée irréfutable est que la trap est originaire d’Atlanta, dans le Sud des Etats-Unis. Si les premiers morceaux de trap viennent plutôt d’Outkast et Goodie Mob dans les années 90, le terme et le genre prennent son essor au début des années 2000 sous l’impulsion de deux artistes : T.I. et Young Jezzy. Leurs albums (respectivement Trap Muzik et Let’s Get It: Thug Motivation 101) constituent l’acte fondateur majeur de cette musique. Vers la fin des années 2000/début des années 2010, Atlanta renforce sa position dans le rap avec des artistes comme Gucci Mane ou 2 Chainz, mais le succès n’est pas encore aussi global qu’aujourd’hui.

Pour faire simple, plusieurs courants vont alors se distinguer : la musique très agressive et violente de Waka Flocka avec les prods anxiogènes de Lex Luger, les mélodies de Young Thug ou encore les claviers de Mike WiLL Made-It notamment utilisés par Future. Le mouvement prend alors de l’ampleur et va devenir la musique la plus populaire (en tout cas certainement le mouvement le plus vaste et couronné de succès ces dernières années) grâce notamment à Migos et Metro Boomin.

Et en France ? L’importation de la trap vient dans un premier temps sous sa forme la plus dure et violente : le premier succès majeur est l’oeuvre de Kaaris et son classique Or Noir. Par ailleurs, dans le pays de l’exception culturelle, on peut se vanter d’être les précurseurs de l’afro trap grâce à ce bon vieux MHD (« vieux » parce qu’il a 2 ans de plus que moi hein). Mais aujourd’hui ce sont les triplets de flow à la Migos qui priment, et l’influence américaine se fait sentir chez de nombreux artistes (au hasard : Leto avec son TRAP$TAR, Siboy sur Spécial ou encore Josman et son récent album J.O.$).

Alors évidemment j’ai fait un mega résumé condensé de ce qu’est la trap, et je vous invite à approfondir le sujet si ça vous intéresse parce qu’il y a bien plus de choses à dire à ce propos : l’ampleur qu’a pris le mouvement, l’évolution d’un point de vue musical, les « normes » que la trap a pu imposer mais aussi les sujets traités. Breffff, beaucoup de choses à dire mais on n’a pas le temps parce que t’as la flemme de lire un article de 15 pages, normal.

Et le 13 Blo Gang dans tout ça ?

Comme expliqué en intro (tu suis j’espère), 13 Block est composé de 4 membres (dont les pseudos ont changé au fil des années, je t’épargne les détails) et vient de Sevran. Le groupe commence à se faire connaître aux alentours de 2014-2015, dans le sillage de Kaaris qui les invite sur « Vie Sauvage » extrait de son second album Le bruit de mon âme. Une première mixtape intitulée XIII voit le jour en 2014, aux influences drill de Chicago (dont le chef de file est Chief Keef) plutôt que trap d’Atlanta, comme d’autres jeune groupes à ce moment-là (PSO Thug, XVBarbar entre autres).

Le groupe enchaîne avec V.U.E. (Violence urbaine émeute) puis U L T R A P en 2016, deux nouveaux projets plus aboutis. Le premier présente plusieurs facettes et les prémices de leur musique future, tandis que le second insiste davantage sur le côté hardcore de leur musique.

2018 voit la sortie de leur excellent projet Triple S porté par l’incroyable tube qu’est « Vide » et les productions plus mélodiques d’Ikaz Boi, producteur de l’intégralité de la mixtape.

Aujourd’hui, 13 Block se présente comme l’ambassadeur de la trap en France. Tous ses membres se sont améliorés, sans qu’aucun n’ait un niveau plus faible que les autres. Zed excelle dans les refrains chantés, Stavo et son énorme voix sont inratables, tandis que Sidikey (anciennement Oldpee) et Zefor semblent savoir tout faire. Ils continuent de rapper leur quotidien dans la rue, avec précision et des sons qui restent toujours en tête. Le média Yard a suivi leur évolution de près et a écrit un excellent article retraçant leur parcours avant la sortie de Triple S, je vous invite à le consulter ici.

Toute cette évolution a donc débouché sur leur premier véritable album, BLO, sorti le 26 avril dernier.

FUCK LE DIX-SEEEEEPT !

On en arrive au 26 avril dernier. La team de Sevran s’est enfermée plusieurs semaines en studio dans le Sud de la France pour enregistrer de nouveaux morceaux. Du coup, presqu’un an exactement après leur projet Triple S, 13 Block sort son premier album : BLO. Et honnêtement c’est une putain de réussite.

J’ai tendance à être agacé par les albums de plus de 14-15 morceaux (oui j’ai la vie dure aujourd’hui). Mais BLO brille par sa cohérence et son efficacité du premier au dernier son de l’album avec absolument AUCUN faux pas. Faut dire que les quatre gars de Sevran devaient en sélectionner une vingtaine sur les les soixante qu’ils avaient enregistré en studio. Forcément, le tri est efficace et seul le meilleur reste.

Si on devait me demander de dire en un seul et unique mot pourquoi est-ce que cet album est une réussite, je n’hésiterai pas plus d’une seconde : le maître mot du projet est authenticité.

  • Authenticité par l’image que renvoie le groupe déjà. Les sevranais sont de vrais amis d’enfance qui se connaissaient déjà bien avant même de songer à se lancer dans le rap. Quand on les voit en interview on sent une véritable complicité entre les membres; et forcément dans l’album ça se ressent. Comme on l’expliquait plus haut, les membres sont parfaitement complémentaires : chacun apporte son petit plus dans chaque son (en général du miel pour Zed et de la harissa pour Stavo par exemple). Mais surtout, il n’y a jamais de structure prédéfinie : ce n’est pas toujours le même qui fait le refrain, ce n’est pas toujours le même ordre de couplets, ce n’est pas toujours la même longueur de couplet et un membre du groupe n’hésite absolument pas à s’absenter d’un morceau s’il sait qu’il ne peut rien apporter de plus. Bien sûr tout cela serait impossible sans une parfaite complicité. Résultat : l’album est équilibré sans être monotone ni répétitif.
  • Authenticité par le vécu ensuite. Bien sûr je ne suis pas un de ces connards de puristes qui crachera sur les « faux gangsters ». Tant que le son est bon, je m’en fous que tu t’inventes une vie ou non. En revanche, chez 13 Block comme il y a un véritable vécu, les gars nous envoient un son brut rempli d’émotions réelles qui, du coup, te saisissent pleinement. L’exemple typique c’est le morceau phare de l’album : Fuck le 17 (mais on y revient dans quelques instants).
  • Authenticité des mecs enfin. C’est simple, ça fait plaisir de voir des vrais gars simples de temps en temps. Des gars que tu pourrais croiser dans n’importe quel bât’. Des gars vrais quoi.

« Wesh mais Young Nutz t’arrêtes ta vieille analyse giga white et tu nous parles son ou c’est comment ? »

Ta gueule frère. L’album c’est simple : c’est plein de flows divers et complémentaires posés sur des instrus bien lourdes et des gimmicks qui te donnent envie sauter sur la gova du daron (le fais pas si tu tiens à la vie).

Quelques sons pour te saisir de l’ambiance globale du projet :

Petit Coeur

C’est Petit Coup de Coeur ouais bordel les bâtards. C’est peut-être pour moi la meilleure prod’ de l’album. La petite inspi’ à la West Coast années 90 est bien fraiche. Le jeu entre l’absence de kicks/toms et le pont chanté de Stavo est trop doux. Le couplet de Zefor à la fin est très carré aussi.

Métagorique

D’après Genius :

Le titre vient de “métagore”, terme inventé à l’origine par Thomas A. Ravier pour décrire l’écriture de Booba et la fascination qu’elle suscite. C’est un mélange de métaphore et de gore : des métaphores à images violentes.

Mais bon en vrai je m’en branle je kiffe tellement quand Stavo lance simplement son « C’est très métagorique » que je me sens obligé de lâcher un « no homo » juste après.

La prod’ est encore une fois très carrée mais c’est surtout l’un des morceaux les plus équilibrés de l’album en termes de présence des rappeurs. Bref merci Stavo mais merci tout le monde aussi.

Fuck Le 17

Pas la peine d’en parler, c’est le morceau de l’album pour toutes les raisons énoncées plus haut.

Du coup ta mission est simple si tu veux pas que je te liave. Tu vas écouter en boucle le son pour qu’on puisse turn up saaaaaale dessus au Street Fest. Parce que si tu niques mon pogo sur Fuck Le 17, je vais te donner une raison d’aimer la protection des poulagas.

Des choses à dire…

Alors y a encore des choses à dire mais bon le plus simple c’est que t’écoutes au moins Triple S et BLO tout seul comme un grand garçon.

Bref, je pense que t’as capté : E&B n’aurait vraiment LITTERALEMENT pas pu faire mieux en termes de guest pour le SF. Du coup prends vite tes places narvalo car c’est vraiment l’event de l’année !

Lien vers le turn up de ta vie.

13 Bisous

Sacha & Dra