Les 10 artistes Hip-Hop / R&B de Toronto à connaitre

Entre Drake, The Weeknd et les Raptors, Toronto est sur le toit du monde. Malheureusement, comme moi t’es un chômeur invétéré et t’as pas les moyens d’y aller toi même ?

Pas Grave, branche ta meilleur enceinte portable, le Y-grec t’emmène visiter la ville la plus sucrée du Rap jeu.

La scène Hip-hop / R&b à Toronto

Avant 2010, peu d’artistes en dehors de Kardinal Offishal et d’autres rappeurs d’origine jamaïcaine sortent du lot. Mais plus que l’absence de véritables succès commerciaux, c’est l’absence d’une véritable identité sonore qui est marquante. Mais parallèlement à l’émergence des deux artistes emblématiques de Toronto Drake et The Weeknd, cette identité singulière se crée et Toronto devient une des villes les plus prolifiques de la scène rap et r&b mondiale. Mélodieux, croisé à des beats fortement électroniques, voix largement autotunées, le style de Toronto se développe et se veut à la fois sombre, maussade, et hautement sensuel, hybride entre trap et r&b. Ce style chanté sous perfusion d’autotune a largement inspiré le rap mainstream à l’international. En France ça se ressent particulièrement chez Hamza comme on peut le voir sur son feat El Dorado avec Ramriddlz, artiste sucré originaire de Toronto.

Sucre, Sucre, Sucre

Sous l’influence des deux principaux labels de la ville OVO Sounds et XO Records fondés respectivement par Drake et The Weeknd, une multitude de talents émergent.

Les précurseurs

Partynextdoor

Le pionnier de ce son si singulier à Toronto, c’est de loin Partynextdoor, un des premiers avec Drake à incorporer un style mi rapé/mi chanté à des instrus trap au ralenti. C’est assez fascinant de se rendre compte que ses sons de 2013 pourraient tout à fait sortir en 2019. Un des papas du renouveau trap de Toronto, il est cité par énormément d’artistes rap / r&b d’aujourd’hui comme une de leurs principales influences, et en particulier à Toronto, notamment Drake avec qui il a multiplié les collaborations.

Le son de Toronto en un morceau

Majid Jordan

Evoluant un peu plus dans l’ombre, le duo formé par le chanteur Majid Al Maskaty et le producteur Jordan Ullman s’est fait connaitre en travaillant pour Drake. Leur premier morceau produit professionnellement, c’est tout simplement Just Hold On We Going Home sur lequel on peut entendre la voix de Majid.

« Ils commencaient à travailler sur Nothing Was The Same en 2013, ils nous ont mis dans un studio, c’était comme dans un camp, il y avait des tentes, il y avait des gens qui venaient. Il y avait littéralement des tentes dans le studio, des gens campaient, c’était dingue. On produisait des instrus depuis plusieurs mois et on en est arrivé à faire Hold On We’re Going Home. J’ai écrit des mots sur une instru produite par Paul Jeffries, un gars très talentueux qui a aussi produit Hotline Bling, et c’était un peu r&b. Jordan a entendu l’idée, a kiffé la mélodie et les mots et je me disais qu’on pouvait un peu accélérer l’instru donc on l’a fait et on l’a mis sur une clé USB pour la donner à Drake. Le lendemain il nous a dit qu’il aimait la chanson. Et 40 [ndlr producteur de Drake] a levé ses mains en l’air et a dit ‘On l’a! On a le single! »  

Majid

Leur style est à la croisée du r&b, de la pop et de la musique électronique, et n’est pas sans rappeler un autre producteur canadien, un certain Kaytranada. Ici, pas de bitches ou d’ostentation de liasse de bifton, mais plutôt des histoires d’amour compliquées et des cœurs brisés (joue pas le bonhomme et laisse toi aller bb).

Leur dernier clip en feat avec Khalid, d’une douceur sans égale <3


Les valeurs sûres

Nav

Plus besoin de le présenter, Nav a fait son trou. Après des débuts comme producteur pour Beyonce, Jay-Z ou Drake, un feat avec Travis Scott suffit pour faire décoller sa carrière d’interprète bien au-delà de Toronto. Projet après projet, la recette semble rester identique : NAV, blasé par la fame, sur des instrus sombres, un poil déprimé, une autotune à la limite de la saturation, le tout dans une ambiance codéinée où l’on côtoie Strip Club et égotrip. Bien qu’il reste dans l’ombre de The Weeknd au sein de XO ou de ses feat comme sur ses deux derniers singles Tap et Price on My Head, la recette n’en demeure pas moins efficace et caractéristique du style de Toronto. Tu peux aller t’ambiancer sur son dernier album Bad Habits sans aucune crainte.

Ici en collaboration avec Metro Boomin, askip « [His] life was better when [he] didn’t have shit »

Tory Lanez

Autoproclamé plus belle voix du game, quelques concerts qui n’atteignent pas les 25 minutes, Tory Lanez  n’en reste pas moins une valeur sûre des bangers aux arrières goûts sucrés. Il défini son style comme « swavey » : en quelques mots, c’est pas claire. Pas les instrus les plus sombres, mais un combo Trap/R&B ultra efficace qui l’inscrit dans cette même lignée de Toronto qui semble avoir inspiré Hamza. Fun Fact : il a fait un remix de Djadja, et c’est lourd.

Trop swavey en feat avec T-Pain, sorti ce vendredi

Daniel Caesar

Le plus soul de tous les artistes évoqués ici. Aux influences gospel de son enfance vient se greffer un son plus r&b et électronique. Son morceau Blessed a été approuvé par nul autre qu’Obama qui l’a inclus dans ses morceaux préférés de 2017. Donc je te demande une seule chose : fais confiance à  l’ex-président le plus frais de sa génération, crame tout ce que le bougre a sorti au plus vite.

Son dernier album sorti en juin est bien trop doux pour le commun des mortels, avec Brandy ou Pharell en featuring

Les étoiles montantes

Roy Woods

Une voix qui se rapproche de The Weeknd, voire de Michael Jackson, qu’il nomme comme deux de ses plus grandes influences avec Partynextdoor, le tout sur des instrus Trap flottantes et minimalistes ( parfois frustrantes par manque de grosses basses pour nous secouer un peu). Il est tantôt tout mignon avec sa gadji sur Love You, tantôt en égotrip sous ecstasy sur Monday To Monday. Signé sur le label de Drake OVO, un des artistes R&B les prometteurs de Toronto.

Son dernier titre sorti le mois dernier

88Glam

Duo composé de 88Camino et Derek Wise, les petits protégés de NAV proposent des productions toujours très soignées comme avec leur premier banger Bali en feat avec ce dernier, et qui résonne toujours dans mes oreilles depuis 2 ans. Signés chez XO, ils sont déjà en train d’exploser bien au delà des frontières du Canada. Des bangers rarement décevants dans une ambiance Trap autotunée des plus sombres, typique du son de Toronto. Leur projet 88glam2.5 est ce qui se fait de meilleur niveau Trap en 2019.

Leur dernier son tout frais, sorti ce vendredi en feat avec lil Keed

Anders

Largement l’artiste le plus sous-côté du groupe à mon goût. Il oscille entre Bangers Trap avec Bad Habits, pur R&b sur Problems, voire Pop sur des titres comme You For You. Il s’approche beaucoup de la vibe « trapsoul » de Bryson tiller. Un des artistes r&b sur lequel il faudra compter dans les prochaines années avec déjà énormément de streams sur spotify, son prochain projet devrait faire du bruit.

Pour fêter le premier anniversaire de la légalisation du cannabis au Canada, Anders a produit le premier morceau à partir du son de l’extraction de la plante avec l’aide de la société Merry Jane. (Je te jure que c’est vrai).

Plaza

Récemment signé chez XO, Plaza propose du r&b très intimiste, entre douceur et violence. La sensualité y rencontre l’ivresse, le tout dans une esthétique nocturne léchée.

A écouter impérativement tard dans la nuit

DVSN

Un duo d’esthète sous l’aile de Drake, composé du chanteur Daniel Daley et du producteur Nineteen85, à l’ambiance R&b langoureuse et romantique assumée, sans tomber dans le cliché du mielleux. Ils semblent nous ramener à l’époque dorée de la soul fin 90’s menée par Maxwell sur des titres comme Mood (ci-dessous) tout en y ajoutant une note légèrement plus électronique qu’on peut retrouver chez Drake comme sur le feat avec Future No Cryin sorti il y a 10 jours.

A garder sous le coude pour la saint valentin


Honorable mentions : Killy, Safe, PremeFrvrfriday, Houdini, Belly, Jazz Cartier