VENDREDI SORTIES #34

EN FRANCE

A une semaine de la sortie de l’album du fenek les artistes français se font petits et pavent une route déserte pour le grand retour (attendu ou non mais indéniablement grand) de Ken Samaras. Côté US on est bien visser avec une flopée de projets, singles et clips en tous genres.

Projets

  • Depuis quelques mois on pouvait zouker sur le gros single Sale Mood en feat avec le Duc. Aujourd’hui Bramsito dévoile son premier album Prémices avec notamment la présence de Soprano pour un album aux lueurs d’été. Cet album sera très probablement joué en boucle dans les fiat 500 entre deux morceaux d’Aya Nakamura et Ninho (parce qu’il faut bien faire genre)

  • J’avais salivé à l’idée du retour de  2zer avec le single « Leçon de vie » l’année dernière ou un passage sur l’album de Blackbird la semaine dernière. Il sort son premier album ce vendredi qu’il avait pu bien teaser sur les réseaux avec un live retransmis par Nekfeu sur insta. Je vous laisse apprécier comme il se doit Décisions

Singles

  • Sortie stratégique en ce début de saison. Le retour du soleil et ce feat feront bon ménage. Elle est bonne sa mère, la collaboration entre Ninho et Vegedream est disponible dès maintenant

  • Sneazzy revient avec le  single J’encaisse sur cette semaine. Fidèle à lui même ça kick fort et ça lui réussit bien (malgré l’ironie du titre compte tenu des rumeurs sur son orientation sexuelle discutable)

Clips

  • Une semaine après la sortie de son album, Tortoz clipe Couleur Miel

 

 

AUX US

PROJETS

  • Après son album TA1300, Denzel Curry dévoile Zuu qu’il avait teasé la semaine dernière avec le son Speedboat, présent sur l’album. On notera quelques collaborations, en particulier un feat avec Rick Ross. 

  • Après Wasted Talent sorti l’année dernière, Jim Jones charbonne et sort El Capo, un gros projet de 16 titres avec énormément de featuring notamment Rick Ross (décidément il est partout), Curren$y, Cam’ron et bien d’autres à découvrir juste en dessous

  • Skepta revient trois ans après son 4e album avec Ignorance is Bliss qui devait initialement être intitulé « Sklevel » allez comprendre, tout le monde peut changer d’avis.

  • Kevin Gates balance son Ep Only the generals gon understand à défaut de balancer un album très attendu par sa communauté. Mais bon l’EP semble être bien reçu et à juste titre car ce sont 20 minutes de pur plaisir et de gros dab (c’est mon seul move)

  • Album de Chief Keef sorti en 2016 ,Camp GloTiggy ressort ce vendredi avec quelques sons en moins.

 

SINGLES

  • Gucci Mane balance son featuring surprise avec Justin Bieber, la recette est assurée sur Love thru the computer : une instru d’été, un bon son de rap sur refrain chanté par Bieber, le son aurait pu être fait par Dj Khaled.

  • Tory Lane balance Broke Leg en featuring avec Quavo des Migos et Tyga pour un bon bangers des familles. Le clip sera diffusé sur youtube à 19h, stay tuned.

  • Petite note sucrée avec Goldlink de Joke Ting en featuring avec Ari PenSmith

  • Cardi balance le très énervé Press et elle montre une fois de plus qu’elle sait faire mal.

 

Clips

VENDREDI SORTIES #28

Salut les potes, on maintient le rythme et on est encore là pour vous répertorier les sorties de la semaine. Pas besoin de citer LA sortie de la semaine, tu t’en doutes, mais tout est dans l’article.

EN FRANCE

PROJETS

  • PNL, Deux Frères. On l’a attendu, on a résisté à la tentation du leak, mais on a fermement attendu minuit pour se mettre en position foetale dans son lit et écouter le retour magistral des deux frères Andrieu. Un album complet avec des prods variées et des tentatives de flow plus au moins controversées (cf menace). PNL a été à la hauteur de mes espérances et pond à mon humble avis un 4e classique. Je vous laisse vous faire votre propre avis :

  • Le très bon projet de Zola, Cicatrices, a malheureusement subi l’ombre de PNL et il est un peu passé à la trappe. Rien qu’à voir sur twitter les TT, personne parle de lui le pauvre. Produit par Kore, l’album compte pourtant de très gros titres avec en particulier le gros feat avec Ninho : Papers

  • Après son premier projet solo Insolent sorti en 2018, RK revient avec son nouveau projet Rêves de gosse. Un projet aux senteurs d’été. A consommer sans modération.

  • Franglish, l’acolyte de Dadju sur Django  avait annoncé qu’il se lançait dans un projet en solo et nous dévoile ce vendredi Monsieur

  • Il nous avait dévoilé un aperçu de son EP Vor Life avec le clip de BAD en mars, Alivor nous laisse découvrir son projet entier ce vendredi.

  • Dj Weedim nous avait bien teasé sur son clip avec Alkapote fin mars, il revient aujourd’hui avec son projet Boulangerie française 20/20 (Thèse).

  • Lord Gasmique nous dévoile Mieux, un projet léché tout en solo, sans feat, à écouter de suite.

  • 2TH Rêver plus grand, pour être franc j’ai pas écouté mais je te laisse juger par toi même.

SINGLES

  • Niska est en train de cuisiner son prochain album qui, je l’espère, sera aussi ambiançant que commando. On a pu voir quelques bribes avec notamment un probable featuring avec Shay. Après l’excellent Tubalife, il réitère sa collaboration avec Booba sur médicament. 

CLIPS

  • RK ne m’en veux pas, clippé juste avant la sortie de son album.

AUX US

PROJETS

  • Le roi du sucre Khalid, revient quelques mois après Suncity (c’était pour mon premier VS lol) pour nous pondre Free Spirit avec quelques feat, dont un avec John Mayer (je le connais uniquement au travers du film sexe entre amis).

  • A$AP Ant nous sort un EP de 5 titres intitulé Addie Izzo. 

SINGLES

  • Avec Dr Dre en directeur exécutif,  Anderson .Paak, dévoile un des featuring de son album Ventura qui sortira le 12 avril prochain. Je vous laisse patienter avec Make it better en featuring avec Smokey Robinson. 

  • SAFE Ft Playboi Carti Paid in full 

  • Tayla Pars  se produit en featuring avec Joey Bada$$ (qui avait pourtant annoncé sa retraite, bon il la joue comme 100% des rappeurs) sur Redbound. 

  • Curren$y/ Trademark/ Young Roddy collaborent sur un son ou chacun s’exprime tour à tout pendant 3 minutes sur No hook. Le son est publié le jour de l’anniversaire de Curren$y.

Creed : l’Héritage de Rocky Balboa

 Alors ok le film est sorti en 2015 il était temps de se réveiller, mais j’avais envie de parler d’un des films qui m’a le plus marqué en tant que jeune lycéen en quête de virilité. Mais plus qu’une critique du film dans sa globalité (que CQN a concocté pour votre plus grand plaisir, va lire ça d’abord pour te mettre dans le bain), je voulais m’attarder sur deux points qui m’ont particulièrement marqués en regardant le film.

Adonis Creed prend un chemin atypique

Adonis est le fils d’Apollo Creed, ex champion du monde et immensité du monde de la boxe dans la saga Rocky, qui décède avant sa naissance. Il connait une enfance difficile dans les foyers jusqu’à ce que la femme d’Apollo (qui n’est pas sa mère biologique) décide de le recueillir. On peut donc voir que Creed n’a pas eu une enfance si difficile que ça, rien qu’à en voir la maison où il grandit. (j’ai pas trouvé d’images je t’invites à vérifier par toi même en regardant le film si ce n’est pas déjà fait) Il fera des études plus que correctes puisqu’au début du film on le voit être promu dans un cabinet financier où il bossait déjà (le rêve de n’importe quel jeune cadre dynamique n’est-ce pas ?). Mais Adonis s’en fout de cette vie, c’est pas ce qui le fait vibrer. Lui, il a grandi au rythme des images des combats de son père et il veut faire comme lui, devenir l’un des plus grands de la boxe anglaise.

C’est une problématique qui sera récurrente dans tout le film, d’abord énoncée par se mère adoptive, le coach de la salle de son père, sa petite amie Bianca et même Rocky Balboa lui diront qu’ils ne comprennent pas son choix de vouloir tout plaquer pour la boxe. Et c’est vrai, la boxe rapporte argent et gloire au niveau professionnel mais la plupart des boxeurs professionnels ne sont pas arrivés ici par choix. S’ils évoluent en boxe professionnelle c’est parce que c’était la seule option pour eux de pouvoir s’en sortir et de ne pas finir dans des gangs ou en prison. Pour donner deux exemples célébrissimes,  Mike Tyson a grandi dans le ghetto ultraviolet de Brownsville et Anthony Joshua a fait de la prison avant de devenir des boxeurs professionnels. C’est une notion qu’on retrouve dans pleins de films de boxe (La rage au ventre, million dollar baby, Real Steel) et y compris dans la réalité : la boxe permet de s’extirper de la misère et de la violence de la rue. Mais les sacrifices pour s’en sortir sont énormes car la boxe à niveau professionnel peut être mortelle. Dans la fiction, Apollo Creed meurt sur le ring. Dans la réalité, Mohammed Ali finit sa vie comme un légume à cause des lésions cérébrales. (Je vous conseille à ce propos un excellent film de Will Smith qui parle des dangers des sports de contact sur le cerveau).

Bref, Adonis n’avait nullement besoin de se lancer dans une carrière professionnelle si ce n’est pour mener un combat interne. Il voulait se prouver que le sang Creed coulait en lui et qu’il était capable de se hisser au rang de son père. Au départ, il est rejeté car considéré comme un fils de riche arrogant : son entraineur à LA ne veut pas de lui, l’entraineur à Philadelphie le surnomme « Hollywood » et ne l’entraine pas, Rocky ne veut pas qu’il gâche sa vie en boxant. A force de s’acharner et de montrer ce qu’il a dans le ventre, son entourage commence à comprendre que ce n’est pas sa provenance qui compte mais ses ambitions et que rien ne l’arrêtera. Au final, c’est le fils de riche qui s’approprie la rue et qui en gagne son respect. En effet, alors que son adversaire Ricky Conlan, qui lui vient des quartiers, ne cesse de le provoquer sur son origine en lui disant qu’il n’a rien à faire ici, on voit bien l’inversion des rôles dans cette scène :

Pendant que le champion qui vient de la rue vit dans son château et s’entraine dans sa salle privée, Adonis s’entraine dans une salle miteuse et il est soutenu par le quartier entier.

Quand rap et boxe s’entremêlent

Le film est accompagné d’une bande son qui vient accentuer l’appui du quartier à Creed. Avec la voix de Future, Meek Mill, Donald Glover ou même Joey Bada$$, c’est comme si toute la street cred américaine venait apporter son soutien au jeune champion ce qui confirme la crédibilité d’Adonis.

Mais d’un autre côté, poser pour un film de rap permet d’asseoir sa crédibilité aussi en tant que rappeur parce que, qu’on se le dise, avoir sa voix sur des images d’un entrainement de boxe c’est tout de même archi stylé.

En réalité, la boxe est un moyen de s’extirper de la misère des quartiers mais le rap aussi, il a permis à beaucoup de rappeurs de se sortir des galères comme la prison ou les gangs ce qui est très lié au destin des boxeurs. Meek Mill qui pose sur la BO par exemple a grandi à Philadelphie (lieu du tournage) dans la misère la plus totale. Il y a donc une reconnaissance mutuelle sur la provenance d’un même milieu et des difficultés que peuvent dépasser un boxeur et un rappeur. Alors un film sur la boxe imprégné par le rap n’est qu’une suite logique et une belle symbiose.

D’ailleurs si on écoute les paroles de la BO, on pourrait les voir figurer sur un album classique d’un rappeur car les lyrics ne parlent pas ou peu du film. Et il y a justement cette ambiguïté dans les paroles où on ne sait pas vraiment si les paroles parlent de Creed ou si le chanteur se fait référence à lui-même comme dans Last Breath de Future ou celui-ci parle de son vécu tout le long de la chanson pour finir par :

I got that beast in my eyes, I’m like Tyson
With my heart and my drive, I know I’m righteous
Keep some ice on me, Rocky, Rocky like Balboa
Once you win, win, win you gon’ want more
Set a trend, trend, trend, need an encore
I was down on my last when I found myself
I’ll be a fighter ’til the end, ’til my last breath

Est-ce une phrase d’encouragement directe pour Adonis Creed ou un rappel à lui même pour s’auto glorifier ?

 

Creed est donc un excellent film que j’ai particulièrement apprécié voir 4 fois d’affilée et qui m’a donné envie de me buter à la boxe et de me peta avec un mec de 2m à la sortie du film. Je ne peux que vous encourager à aller voir le 1 et le 2, si ce n’est pas déjà fait, qui a une BO encore plus incroyable que le premier.

 

L’espace Darwin

Salut, aujourd’hui c’est Safari en province puisqu’on s’en va découvrir un lieu unique en son genre : l’espace Darwin de Bordeaux. Faut changer d’air un peu, stop les articles sur la capitale. J’suis pas né à Paris, j’me sens pas parisien, je chie sur les bobos qui critiquent la province parce que « putain on trouve pas de graine de chia dans leur biocop » (véridique). Alors je me dois de vous présenter un coin de chez moi qu’est loin d’être pour les bouseux.

Darwin, c’est quoi ?

C’est vrai ça, pourquoi je vous présente un endroit de Bordeaux alors qu’on est un site web basé à Cergy avec une majorité de lecteurs parisiens ? Tout simplement parce qu’il faut décloisonner un peu et c’est vraiment un endroit qui vaut le détour en terme de culture urbaine. Qu’on puisse y aller ou pas, l’espace Darwin est un pur endroit d’expression artistique bordelaise.

HALLE-RECEPTION2

Alors pour faire simple, Bordeaux marche comme à peu près toutes les grandes villes de France : y’a un fleuve qui traverse la ville avec une rive qui est cool et l’autre rive qui pue sa race. Bah l’espace Darwin, il s’est implanté en plein milieu de l’endroit éclaté où personne n’allait. A la base c’était une caserne de l’armée désaffectée en 2005 qui servait de squat à clodo ou de refuge pour roumains. La mairie de Bordeaux avait quand même envie de redynamiser sa rive droite. Elle a donc entrepris un réaménagement des quais de la rive droite et menaçait de détruire les beaux bâtiments de la caserne pour virer les clodos (bah ouais ça fait tâche).

Cependant, un groupe nommé EVOLUTION a proposé à la mairie de racheter les 10 000 m2 inutilisés pour construire un tout nouveau centre dynamique qui se voulait éco-responsable. C’est-à-dire que Darwin devait devenir un nouveau pôle d’activité bordelais fondé sur une activité durable et responsable. Ni une ni deux, la mairie de Bordeaux a revendu et en 2009 le projet était lancé. Le but était d’attirer tous types d’activités « tendance et écolo » dans ce nouveau quartier (agriculture bio, accueil d’assos, coworking, street art…)

Bon très bien, là je sais je te dresse un peu le portrait d’un repère à écolos très chiant où t’as pas envie de foutre les pieds. Mais tout ce projet, c’est sur le papier. Dans les faits, une majorité de la jeunesse bordelaise s’est approprié le lieu et à peu près tout le monde peut y trouver son bonheur.

Darwin, pourquoi c’est cool ?

Darwin c’est avant tout un espace de libre expression et de street art

Tous les murs de l’ancienne caserne ont été pris d’assaut par des graffeurs ultra talentueux et se balader dans l’enceinte revient à découvrir un musée à ciel ouvert. Les fresques sont renouvelées assez souvent et c’est incroyable de découvrir de nouveaux murs à chaque visite. Je me souviens d’une fresque qui m’avait particulièrement impressionnée. Elle représentait un singe (probablement César de la planète des singes) qui te domine et te regarde agressivement. C’est frappant de réalisme et j’avais trouvé ça ultra trop cool.

Ce qu’il y a de sympa avec cet espace, c’est que non seulement Darwin inspire les artistes et leur donne l’opportunité de s’exprimer librement, mais les graffeurs inspirent d’autres artistes à leur tour. Ça peut être les tatoueurs qui organisent des events pour le cadre, les photographes, les rappeurs/chanteurs qui viennent y tourner un clip pour l’ambiance ou même toi qui veut jouer l’influenceur en posant devant un singe badass sur insta. Bref, Darwin a tout pour regrouper la mouvance artistique de Bordeaux et d’ailleurs.

 

Le hangar, un skatepark indoor

Le hangar, c’est une des premières construction de l’espace. C’est un skatepark entièrement fait de bois et de matière recyclées. Y’a ce qu’il faut pour tous les niveaux et pour tous les pratiquants : skate, roller, bmx, trotinette. Je m’y connais pas vraiment mais j’ose dire que ça fait une belle concu au skatepark de l’autre coté de la Garonne. (édit pour mon coloc : la Garonne c’est le fleuve qui traverse Bordeaux). Il faut cependant payer un droit d’accès à l’entrée et tu peux souscrire à une licence qui te réduit le tarif à l’entrée. Au sein du hangar, il y a une association du nom de la Darwin Brigade qui te propose des cours de skate.

Pour ce qui est des infrastructures, tu retrouveras un bowl en bois, une big ramp, une street area,…

 

En avance et éco responsable

Darwin a de quoi faire pâlir le noise puisqu’il dispose de son propre potager avec des légumes de saison, locaux, servis dans leur restaurant : le bistrot du magasin général. On peut s’y restaurer en intérieur comme à l’extérieur dans un putain de cadre avec pourquoi pas la Darwin Beer brassée sur place au bon houblon du potager. Et la pinte n’y est pas plus chère puisqu’elle est à 4€ en happy, ce qui correspond à la moyenne bordelaise alors foncez, c’est mieux que de la kro.

 

Si vous n’avez pas le temps de vous restaurer sur place vous pouvez toujours passer une tête au magasin général, 100% bio et local. Avis à nos bobos parisiens : oui vous y trouverez vos putain de graine de chia.

darwin-bordeaux-ecosysteme26.jpg

Lieu de teuf

En général c’est l’été que ça marche le mieux, mais tous les mercredi soir tu peux te rendre aux afterworks de Darwin. Petit côté chiant pour les rats comme moi : l’entrée tourne en général à 10€ et interdiction de rapporter son propre alcool (fouille à l’entrée). Mais bon tu profites d’un cadre de ouf, d’un dj set de house/electro jusqu’à minuit et puis bon c’est toujours mieux que d’aller se poser sur les quais au milieu des babos.

Enfin, Darwin organise tous les ans le festival Climax aux alentours de septembre sur deux jours. Pour 25€, tu peux assister à des conférences la journée pour faire le mec investi et réfléchir sur le monde comme « quel nouveau contrat social avec le vivant ? ». Passionnant n’est-ce pas ? Le soir, t’as le temps d’oublier tout ça avec une programmation d’artistes de tous styles. Cette année ce sera le sauce god qui viendra sur les locaux puisque Hamza est programmé le 8 septembre 2019. Allez prend ta place.

cover.jpg

VENDREDI SORTIES #21

Tu crois plus au père noël ? C’est pas grave, la rédac’ du ygrec s’occupe de ton noël et te bombarde de sons et de clips frais. Ehhh oui c’est noël avant l’heure ici. Peu de projets sur la scène française cette semaine mais une véritable guirlande de sons clipés pour t’en mettre plein les yeux. En revanche, on notera du très lourd du côté US avec notamment un excellent album de 21 savage.

EN FRANCE :

PROJETS

  • Alkpote balance son EP surprise en commun avec Luv Revsal quelques mois après son album en solo Inferno. L’empereur du sale avait déjà collaboré avec Luv Revsal sur les marches de l’empereur et ils reviennent ensembles pour nous concocter le très bon Mariah.

  • Une petite dose de sucre à la limite du fragile (Cf. le son « pour dodo ») ne fera pas de mal avec J.m.u.a.z le projet de Zuuko Mayzie, rien que le nom te donne envie de zouker ça.

CLIPS/SINGLES

  • Skyrock nous avait balancé son planète rap en exclu sur YouTube fin novembre mais c’est aujourd’hui que 13 block sort officiellement son single Zidane. Petite dédicace à Mister V, on peut voir sa paire dans le clip (j’ai écrit ça avant de voir sa story tg).

  • Même chanson pour Jok’air, son single l’étrangère avait fait l’objet de son passage sur la chaine colors (Clique tu vas voir c’est magique tu vas apprendre pleins de choses). Le son sort officiellement sur les streams en son bonus de son album Jok’Rambo

  • C’est le retour claquant du grand Lacrim avec son single Jon Snow. C’est le Lacrim qu’on aime : c’est sombre, c’est sale, c’est Lacrim. Un avant-goût plus que prometteur pour son album prévu pour février 2019.

  • Seth Gueko balance Toute la boîte, un échantillon de son album prévu pour le 25 janvier qui est déjà en précommande. Les punchlines sont tellement sales qu’on est obligé de rire mais le son reste excellent.

  • Un de mes coups de coeur de la semaine, Noël sous les tropiques de Slimka et Dj Weedim. Un son complètement en décalé avec la saison, mais la couleur est annoncée rien que dans le titre. En tout cas ce genre d’instru  régale.

  • On termine sur les clips de la semaine. Je vais pas m’étendre dessus, en théorie tu connais déjà (si JF a bien fait son taff). Je note tout de même un très bon clip de PLK et SCH sur le monstrueux Hier. Petit florilège :

AUX US :

PROJETS

  • Le coup de coeur de la semaine : 21 savage et son album I AM > I WAS qui est un sans faute absolu selon moi. Le gros coup de coeur revient au feat avec le grand Donald Glover (Childish Gambino sale inculte) sur Monster.

  • Un autre très bon album proposé par A Boogie Wit da Hoodie. Hoodie SZN est un album très long (20 titres, 1h10) mais qui regroupe du beau monde : Offset et Tyga sur un même son, Juice WRLD, Young Thug pour un très bon ft… et malheureusement 6ix9ine qui, pour reprendre les mots de Sacha, « vient de gâcher un son, je suis en rogne ». Espérons que son petit séjour en prison lui permettra de comprendre que « rapper vite ca veut pas dire rapper bien » mais surtout que crier c’est pas rapper bien tout court.

  • NBA Youngboy balance son album Realer, un album court de 12 titres qui mériterait bien plus de visibilité (très peu d’articles, introuvable sur Spotify ou Apple music).

CLIPS/SINGLES

  • Featuring fraîchement sorti entre Young Scooter et Kodak Black sur No Features
  • Gros bangers proposé par Valee et Dram sur  About U
  • Le rappeur Wale qui vient de signer chez Warner Bros nous sort le très bon Winter Wars ainsi qu’un featuring avec Megan Thee Stallion sur Poledancer, laissant présager une année 2019 plus que prometteuse.

  • YG clipe son son Slay avec le membre des Migos Quavo. Rien d’original dans ce clip mais on peut pardonner tellement le son est bon.
  • Meek Mill clipe le son Trauma de son album Championships. Le clip met en scène les différents traumatismes qu’il a pu vivre au cours de sa vie : son père, la drogue, les jeux..

L’INSTANT SUCREY

  • Quoi de mieux pour aborder l’hiver et noël que des sons faits pour rester sous la couette (if you know what i mean). Cette semaine c’est 6lack (oui oui je prononce encore six lack dans ma tête) et Eric Bellinger qui nous régalent. Musique, Maestro :
  • On termine cette note sucrée avec la reine de la scène française, Aya Nakamura qui nous clippe La dot. J’ai quand même toujours l’espoir de voir sucette clipé un jour.

ET SURTOUT BONNES FETES

  • On se délecte de la voix d’Azealia Banks et d’un simple piano avec les 3 sons qu’elle nous propose pour les fêtes. On se pose dans son fauteuil au coin du feu avec un verre de rouge et on kiffe. Comment ça j’ai 40 ans ?

  • Un autre son spécial Noël concocté par Swae Lee, Rae Sremmurd et Ear Drummers. En parlant de Noël, Swae Lee vous a offert un cadeau éphémère en story insta. Je vous l’ai retrouvée pour votre plus grand plaisir. Pour les plus téméraires, ça se passe ici, joyeux noël 🙂 (on verra si ça passe la censure Dramane <– Dramane : je m’en bats les couilles, un zgueg de plus, un zgueg de moins…).

 

L’art de s’improviser Sneakers addict

C’est à ma rentrée en première, fièrement armé de mon swag palpable de chez Pull and Bear, que j’ai vu la première paire de sneakers aux pieds de mon pote. Il venait de rentrer d’un voyage à Londres et y avait acheté sa première paire de sneakers : la mythique Air Max 90 infrared que je trouvais franchement dégueu à l’époque. Et je ne pense pas me tromper en disant que la sneakers est aujourd’hui l’élément de base du style d’un lycéen lambda mais il y a quelques années, porter une paire d’air max te faisais passer pour un mec de tess et faire un pin roll te valait de belles insultes homophobes. Au final mon style de balai à chiotte est passé à la trappe pour que le style de mon pote domine, ce qu’on appelle aujourd’hui la caste des « fuckboys ».

Porter la dernière collab raflée sur Insta est un critère important de style aujourd’hui (même si j’ai mal aux yeux quand je vois la façon dont certains les portent) et toute une hype s’est créée autour de la sneaker. J’ai fini par succomber à la hype et me suis mis à me pencher d’un peu plus près sur ce monde particulier. La sneaker, aussi bête que cela puisse paraître, est un vrai monde qui fédère des passionnés de tout âge et venant de tous  les milieux sociaux ou religieux. Je me suis retrouvé à faire des camp out avec des darons de 40 ans comme avec des mecs de quartier ou de vrais hipsters.

Je ne fais pas partie de ce monde des « Sneakers addicts », mais durant la courte période où j’ai pu participer à des camp avec mes potes je me suis rendu compte de la complexité de ce milieu qui possède ses codes et son vocabulaire. Cet article est donc dédié à celui qui s’intéresse à la sneaker et qui veut acquérir la base ou le socle de départ à savoir pour débuter.

Un peu d’histoire, ça fera pas de mal

Déjà qu’est ce qu’on entend par sneakers ? A la base c’est censé être une paire de chaussures de sport (tennis, running, basket,…) qui est détournée pour une utilisation quotidienne ou plus urbaine. C’est pas pour rien que le mouvement naît en même temps que le hip hop dans les années 70. Les rappeurs le portent pour se démarquer et se donner leur propre identité, les breakdanceurs l’adoptent pour leur confort et leur style. Il y a donc toute une hype qui émane et les grandes marques y voient un marché très juteux.

Le monde urbain s’approprie peu à peu celui de la sneakers, on passe du terrain au trottoir. Grande nouveauté également, ce ne sont plus uniquement les sportifs qui sont influenceurs des marques comme en témoigne le groupe RUN D.M.C. qui sort son morceau hommage « my adidas ». Un carton qui démocratise un peu plus l’usage streetwear de la sneaker. Je vous conseille d’ailleurs le très bon article de Mattea qui a écrit à ce sujet.

En 1986, Adidas sort une paire de Superstar en collaboration avec ce même groupe. Et les autres grosses marques de l’époque ne passent pas à côté de cette nouvelle mode et investissent à fond le marché. Elles ne perdent cependant pas leur identité première qui reste celle d’une chaussure de sport. En effet, Nike décide de sponsoriser Michael Jordan et crée pour lui l’emblématique Air Jordan 1.

air-jordan-1-1985-2016.jpeg

 

Puis ils décident de reconquérir le marché du run en créant son modèle classique : la Air Max 1. La technologie utilisée avait déjà été utilisée sur d’autres modèles, elle consistait à insérer une capsule de gaz dans la semelle étant originellement conçue pour amortir les chocs des coureurs. Mais la différence va se jouer dans le fait que sur la AM1, la bulle d’air apparaît depuis l’extérieur de la semelle (Tinker Hartfield, le designer s’est inspiré de la façade du centre Pompidou).  Un détail qui plait toujours autant au grand public et qui permet à Nike de s’imposer en leader du marché des sneakers. La marque décomposera son concept en plusieurs modèles tous plus emblématiques les uns que les autres : Air Max 90, 95, 97 et j’en passe.

nike-evolution-of-visible-air

Je pourrais continuer des heures à expliquer l’histoire de chaque paire mais t’as l’idée. La sneaker n’est à la base pas conçue pour être portée dans la rue. La paire est toujours créée pour être utilisée sur un terrain. Si aujourd’hui on aurait du mal à imaginer un marathonien courir en AM1, c’était le but premier de Nike.

La sneaker n’est finalement qu’une appropriation du sport par la rue et démocratisée en un accessoire de style à part entière. Et ça correspond exactement à la tendance actuelle. On est dans un délire où une majorité de gens veut se créer sa propre identité. Ils pompent leur style sur leurs rappeurs préférés en voulant se donner un air street sans pour autant ressembler à des mecs de quartier. La sneaker est donc une appropriation par la rue que le grand public s’approprie à son tour.

Petit précis de vocabulaire

Si tu te retrouves sur un camp ou que tu dois parler avec un passionné, il va falloir maîtriser quelques mots qui te permettront de ne pas passer pour un Bambi devant les autres.

BOT :  algorithme utilisé permettant de cop (cf définition) une paire plus facilement lors d’une release (cf définition) en ligne

Camp out : fait de camper devant un magasin pour cop une paire en édition limitée. On pourrait appeler ça un shotgun

COP : acheter une paire

Dead Stock (DS) : paire qui n’a jamais été portée

Fake : si tu parles un minimum anglais tu te doutes qu’il s’agit d’une paire de contre façon

General Release : paire distribuée en grande quantité dans de nombreux magasins. C’est une paire qui n’est pas rare

Hook up : Acheter une paire pour une autre personne

Legit : Pour désigner un vendeur fiable

Last Pick Up (LPU) :  dernière acquisition d’une personne

OG : Signifie qu’il s’agit de la première édition de la paire

Outlet : sortie d’usine

PP ready : signifie qu’un acheteur dispose des fonds nécessaires pour acheter la paire immédiatement par paypal

Pinroll : ourlet serré qui expose mieux la sneaker

Adidas-zx-flux-white-core-black-1

Quick Release : terme utilisé par Nike pour annoncer la sortie d’une paire en édition très limitée

Raffle : Tirage au sort instore ou sur les réseaux pour donner l’opportunité à une personne d’acheter une paire rare. Cette pratique a tendance à s’imposer sur les camp du fait de débordements répétés lors de certains camp

Release date : date de sortie

Resell : fait de vendre une paire dans le but de faire du profit

Retail : Prix de vente d’une paire instore

Rocker :  Une personne qui porte ses paires, à l’inverse d’un reseller ou d’une personne les conservant pour les collectionner

Sample : échantillon d’une paire avant la sortie officielle

Scamer : vendeur ou acheteur qui souhaite arnaquer

Shape : design de la paire

Shipping : expédition (en général on négocie avec un acheteur pour qu’il paye les frais de shipping)

Size Swap : fait de vouloir échanger une paire avec une identique mais à sa pointure

SKU : code d’identification d’un produit

Trade : échange avec une autre paire

WTB (want to buy) : fait de vouloir acheter une paire

WTS (want to sale) : fait de vouloir vendre une paire

WTT (want to trade) : fait de vouloir échanger une paire

Maintenant tu vas me dire « gneugneu à quoi ça me sert de savoir ça maintenant ? ». Si tu te dis ça, j’ai envie de te dire pourquoi t’as lu l’article jusqu’ici fdp ?

Si t’as cliqué parce que t’avais envie d’avoir quelques bases j’te félicite, tu es désormais en mesure de suivre une conversation lambda entre deux sneakers addicts. Par contre attention je préviens, cet article n’a rien d’exhaustif et je ne me proclame en aucun cas « expert de la sneaker ». Donc si tu veux aller faire l’expert avec un vrai passionné en sortant tes trois mots appris ici et que tu te fais soulever, viens pas pleurer.

Par contre, cet article va te permettre de pouvoir suivre l’actu sur des sites plus techniques, de comprendre les codes et les mécanismes sur les groupes facebook et les sites de resell, de pouvoir faire tes premières Raffles et revendre à ton tour tes paires pour te faire un max de K.

giphy.gif

Libre à toi désormais de continuer sur d’autres sites pour parfaire ta culture, te tenir au courant des dernières sorties et de raffler tes premières paires. Pour ce faire je vais quand même te donner quelques tips.

Comment me tenir au courant de l’actualité ?

Le site thedropdate.com est excellent pour recenser toutes les sorties en date. Non seulement le site donne accès aux dernières sorties mais en plus il te permet de savoir où et quand la raffle aura lieu (surtout voire exclusivement des raffles en ligne en réalité). Elle donne également accès à des sites où on peut se procurer des paires déjà rafflées.

Le site hypebeast.com quant à lui aura l’avantage de dédier des articles à de nouvelles sorties en donnant un max de détails sur la paire pour parfaire sa culture. En plus de ça, elle te fait une liste assez complète des comptes insta et shops qui organisent des raffles ou les camp out à suivre.