Retour en images sur le NBA Crossover

Bienvenue à la troisième édition du NBA Crossover ! Pour la troisième année consécutive, la NBA s’installe à Paris dans le cadre d’une exposition. Le programme annoncé ? « Une exposition présentant la convergence entre la NBA et la culture urbaine ». C’est donc un événement très attendu par les fans de NBA chaque année depuis 3 ans, d’autant qu’un joueur a fait à chaque fois le déplacement à Paris. Cette année, c’est John Collins, ailier-fort des Hawks d’Atlanta, qui est venu faire un tour et rencontrer les fans français.

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Entrée du NBA Crossover

Comme tu peux le voir, il y a du monde au NBA Crossover, surtout en ce samedi. On prend son mal en patience en se disant que l’événement en vaut largement la peine. Première salle dédiée à la musique avec un équipement assez marrant qui permet de visualiser ta façon de jouer en fréquence sonore en te sortant une affiche comme celle sur la photo ci-dessous. Autre spécificité, une playlist Spotify dédiée à l’événement et qui n’est disponible qu’une semaine.

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Le « son » des dribbles de John Collins

On arrive ensuite à l’endroit dédié à l’art. Bien que certaines fresques street art représentent des joueurs (notamment à Los Angeles avec des fresques à la gloire de Kobe Bryant ou plus récemment LeBron James), on y découvre ici d’autres facettes. Des logos d’équipe sont reproduits avec une technique inattendue : on retrouve ainsi les logos des Lakers, Bulls, Celtics, Knicks, Pistons ou Jazz, entre autres.

Dans le même espace sont présentées quatre reproductions de l’excellente travail de Caroline Blanchet, mieux connue sous le pseudonyme de Ptitecao : il s’agit de D’Angelo Russell, Stephen Curry, James Harden et Giannis Antetokounmpo. Je t’invite d’ailleurs à découvrir ses créations sur son site perso, c’est vraiment une graphiste de talent. John Collins s’est également essayé à l’art : c’est lui qui a renversé la peinture jaune et rouge (aux couleurs des Hawks, c’est malin hein ?) sur ce ballon. A chacun de juger de la qualité de cette tentative…

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Reproduction des logos de franchises NBA
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La fameux ballon de John Collins
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Le super taf de la graphiste Ptitecao

On arrive ensuite à un spot unique en son genre : en plein milieu de cette exposition, il y a donc un barber shop. Et sponso par Foot Locker, excusez-nous du peu ! Pour les fans de basket, les trois maillots dédicacés font bien plaisir (Isiah Thomas, Mugsy Bones, David Robinson). En parlant de maillots, une collection de jerseys du All Star Game font face à ce stand : Jerry West, Scottie Pippen, Kevin Garnett, Magic Johnson et bien sûr notre Tony Parker national. Encore une façon de montrer l’innovation de la NBA en termes de design de maillots. Pour compléter cet espace, trois ballons customisés sont présentés, dont un réalisé par la marque Bape qui a récemment collaboré avec la NBA.

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Le stand Barber Shop
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La collection des maillots All Star
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Le ballon customisé par Bape

Qui dit événement sponsorisé par Foot Locker et NBA, dit évidemment sneakers. Des modes iconiques ou actuels sont exposés avec un QR code pour plus d’infos sur chaque paire. Aucune marque n’est ignorée : de Jordan à Converse en passant par les Under Armour portées par Stephen Curry. Pour aller plus loin, un stand de customisation a même été installé pour ceux voulant mettre leurs chaussures aux couleurs de leur franchise préférée.

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Le mur de sneakers
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Stand de customisation de sneakers

On arrive enfin à l’espace principal. Beaucoup de monde donc pas facile pour circuler ou pour avoir accès aux différents endroits (ce qui est regrettable, on y reviendra…). Cette salle contient donc une zone gaming pour tester ses skills sur NBA 2k19 ainsi qu’un stand de promotion pour le match qui aura lieu à Paris en janvier 2020 entre les Milwaukee Bucks et les Charlotte Hornets (un putain de gros événement, c’est le premier match de saison régulière qui aura lieu en France). En face, une scène pour les différentes animations qui ont lieu : quiz, panel de discussions sur l’impact de la NBA sur la mode ou encore des discussions « générales » autour de la NBA. Enfin, une salle avec un écran sponsorisée évidemment par Bein Sport (diffuseur officiel en France) et un petit jeu d’arcade.

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La scène avec beaucouuuuup de monde
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Les stands de gaming et de promotion du match de janvier 2020
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Enfin un match de NBA à Paris !!

Eeeeeeet…. c’est tout. Voilà. C’est petit et il y a beaucoup beaucoup de monde (ce qui explique la queue dehors pour réguler). Honnêtement c’est un événement sympa et qui tend à se pérenniser à Paris mais c’est assez frustrant car l’espace est réduit et rapidement bondé. L’éclairage apporté sur l’influence la NBA ou du moins la « convergence » est assez faible, même s’il permet de mettre en lumière le travail de certains artistes (comme Ptitecao). On aurait aimé un espace ouvert avec pourquoi pas un terrain ou un shop (assez incompréhensible qu’ils ne l’aient pas mis en place d’ailleurs). Bref, un passage intéressant pour tout fan de NBA mais qui demande à se développer ou à investir un espace plus aéré.

Par ailleurs, les animations apportent sans doute du mieux mais on pouvait s’attendre à autre chose après la volonté de la NBA de venir en France pour un match (d’ailleurs le stand de promotion est assez incompréhensible, son apport me paraît limité). D’autant que la couverture médiatique actuelle proposée par Bein et des médias indépendants comme Trashtalk est vraiment de qualité et mériterait une exposition plus réussie.

 

Si néanmoins tu es intéressé par l’influence de la NBA sur la culture urbaine et plus précisément le streetwear, je t’invite à découvrir mon article publié sur un autre média (Urban Art Paris) !

Et pour les vrais fans, kiffez bien la fin de saison et on se donne rendez-vous en janvier 2020 pour le match Bucks-Hornets !

Vendredi Sorties #29

Avec toujours plus de régularité, voici ta dose hebdomadaire (plus ou moins, fais pas la fine bouche) des sorties rap et R&B de la semaine, en France et aux US:  j’ai nommé les classiques et fameux Vendredi sorties. C’est parti pour la 29ème édition !

 

En France

Projets

Difficile de passer après PNL qui continue de dominer outrageusement les charts (avec Ninho), mais ça n’empêche pas le rap français d’être très productif en ce mois d’avril.

  • Après le succès de VII, Koba la D revient avec son deuxième album, l’attendu « L’Affranchi ». L’annonce de tracklist était assez exceptionnelle et on retrouve sur l’album tout ce qui fait la force du rappeur du 91 : des bangers maîtrisés, des featurings réussis (mention au clip de « RR 9.1 » avec Niska d’ailleurs) et la bicrave. Allez écouter ça !

  • La MMZ, un des groupes dans le giron de PNL, sort un nouvel album intitulé « Sayonara ». Certains membres de la rédaction le trouvent supérieurs à « Deux Frères », je ne m’avancerai pas du tout autant mais ça vaut une écoute :

  • Après Jok’Air et Dehmo, ses deux ex-compères de la MZ (rien à voir avec MMZ, sois attentif), Hache-P sort son album « ROCKNROLL ». 14 titres, quelques featurings, vous pouvez y jeter une oreille :

  • Après « Thèse », DJ Weedim sort « Antithèse » (bah ouais, logique), deuxième épisode de « Boulangerie française 20/20 ». Son idée est de sortir plusieurs EP avant de tous les réunir sur un seul album. Pas con, hein ? A mon avis, le prochain s’appellera « Synthèse » :

 

Singles/clips

Malheureusement, pas beaucoup de titres individuels à se mettre sous la dent cette semaine. On en retiendra quand même quelques uns :

  • 13 Block livre « Petit Coeur », nouvel extrait de l’album « BLO » qui sort la semaine prochaine. On rappelle que vous pouvez venir les voir lors de leur passage à Cergy pour l’excellent Cergy Street Festival :

  • Si vous avez aimé son dernier album, alors le nouveau single de Disiz La Peste intitulé « Enfants irradiés » est fait pour vous :

 

 

 

 

  • Et enfin, le rappeur qui parle le mieux d’amour dans ce pays (désolé Jok’Air) nous envoie un nouveau single. Je parle bien évidemment d’A2h avec « Weekend » :

 

 

 

 

 

Aux US

Projets

Chez nos amis américains, BEAUCOUP de sorties, mais peu de noms très connus ici.  En voici trois qui ont retenu mon attention :

  • Shy Glizzy vient de Washington, D.C. mais on sent que sa musique se nourrit de beaucoup d’influences variées. Après « Fully Loaded » sorti l’an dernier qui nous avait plu (bien que trop long), il est de retour avec « Covered N Blood » et sa cover assez particulière. Apparemment, certains réclament un album commun avec Future donc je place ça là si le bon Shy nous lit :

  • Alors qu’il est toujours en prison (mais peut-être plus pour très longtemps), 03 Greedo continue d’être omniprésent. Si vous ne le connaissez pas, il vient de Los Angeles et il se distingue par une utilisation assez unique de l’autotune ainsi que des textes durs et des mélodies assez hypnotisantes. Si vous n’avez pas envie d’écouter l’excellent « God Level » sorti l’an dernier (dans lequel se trouve « Floating », un de mes morceaux favoris de l’année dernière), vous pouvez le découvrir cette semaine avec les titres de « Still Summer in the Projects », produit intégralement par DJ Mustard :

  • On termine avec un de mes groupes fétiches de ces derniers mois, SOB x RBE. Eux sont issus de la Bay Area (plus précisément d’Oakland) et se sont notamment démarqués avec une apparition sur la BO inspirée de « Black Panther » sortie l’an dernier, dont le directeur artistique n’était autre que Kendrick Lamar. Leur premier album « Gangin » est absolument remarquable, et le groupe a continué de surfer sur sa vague avec « Gangin II » puis ce nouvel opus produit intégralement par Hit-Boy (juste le mec dernière « N***** in Paris ») intitulé « Family Not A Group ». (Au passage, allez écouter l’album de DaBoii « Neva Lookin’ Back », une pépite)

 

Singles/clips

Des artistes plus connus se sont mis en avant en sortant des singles ou clips la semaine passée. En voici une petite sélection :

  • Une compilation estampillée musique inspirée de Game of Thrones a été annoncée, avec une tracklist assez monumentale. Le premier extrait ? Tout simple un feat entre Travis ScottThe Weeknd et SZA, l’efficace « Power is Power » :

  • Offset a clippé son featuring « Clout’ avec Cardi B. Ca donne un clip assez… particulier que je vous laisse découvrir :
  • Jaden Smith livre un 3 titres intitulé « ERYS IS COMING », pour faire patienter ses fans avant la sortie de « ERYS » fin mai prochain. Grosse influence Travis Scott sur le premier morceau notamment :

  • On finit avec trois morceaux dans des genres très différents : Octavian en featuring avec A$AP Ferg pour votre dose de rap britannique, Tyga pour votre dose de soleil et de musique légère et Smokepurrp pour votre dose de rap « soundcloud » bien énergique (morceau faisant partie d’une mixtape disponible sur Soundcloud) :

Les coups de koeur de la rédaction

  • Deux coups de coeur cette semaine, merci au jeune bab Irénée. D’abord le trio Injury Reserve qui sort le 3e single de son premier album, disponible le 17 mai. Ensuite, Earl Sweatshirt, un membre illustre du fameux collectif Odd Future, est sorti de se retraite en fin d’année dernière en sortant le remarqué « Some Rap Songs ». L’artiste très discret a publié un morceau cette semaine, « pour le bonheur de nos oreilles » comme a dit notre jeune babouin :

 

 

L’instant sucreyyy

On ne finit jamais un Vendredi Sorties sans une sélection R&B de la semaine, surtout quand de tels artistes sont de la partie.

  • En complément du documentaire sorti sur Netflix, Beyoncé a sorti l’album live de son concert gargantuesque à Coachella. 40 titres et 1h49 de musique sont donc au programme de « HOMECOMING: THE LIVE ALBUM » :

  • Une artiste dont on attendait avec impatience le premier album a exaucé nos voeux : Lolo Zouaï débarque avec « High Highs to Low Lows ». Si vous ne la connaissez pas encore malgré notre insistance, c’est à suivre de très très près :

  • On finit avec un featuring remarquable entre la prometteuse Jessie Reyez et le toujours parfait 6LACK. « Imported » est un bon morceau de R&B moderne, à écouter impérativement :

Vendredi Sorties #27

Bonjour à tous, on est vendredi et un vendredi de plus n’est pas un vendredi de trop ! Comme d’habitude on vous récapitule les sorties de la semaine. Evidemment, on attend tous le vendredi 5 avril avec le retour du meilleur duo de France, d’Europe, du monde… Mais c’est pas une raison pour ne pas découvrir la fournée de la semaine.

En France

Projets

Petite semaine mais quelques projets intéressants néanmoins !

  • Le retour du Jok’Air, avec son album « Jok’Travolta ». Alors oui c’est un nouveau jeu de mots un peu nul, mais il a toujours une voix de velours qui saura ravir ta meilleure copine parce que Jok’Air il est trop beau gnagnagna (dédicace à La Fouine au passage). Bref, 18 titres et 1h20, de quoi bien t’occuper :

  • Fort de son gros succès « Salut mec » avec BRVMSOO, Junior Bvndo lâche son premier projet « Direct t’es refait ». Des gros bangers au programme de ces 16 titres, ça ne te décevra pas si c’est ton délire (et un petit feat avec Leto, le capitaine de la trap française) :

Coup de coeur de la semaine

  • Fort d’un bon buzz récent, voici notre coup de coeur de la semaine : la mixtape « Trix City » de Diddi Trix. Certains diront que c’est du sous Koba la D, et si on reconnaît la filiation dans les thèmes et le ton, les prod signés Kore font vraiment la différence avec leur grosse inspiration West Coast. On recommande vivement l’écoute de ce rookie !

 

Singles

Pas de signe des frères Andrieu cette semaine (oui j’en parle tout le temps, je suis trop impatient) mais quelques pépites de la part de gros rappeurs !

  • En attendant la réédition de « Vidalo$$a » qui sera disponible le 12 avril, Dosseh dévoile le single « Flux » qu’il avait performé sur Skyrock lors de son Planète Rap. Prod minimaliste, pas son meilleur morceau, mais à écouter quand même :

  • Rafale de clips en cette fin de semaine : Siboy sort son « Pistolet » sur ce gros banger qui sent bon son retour, Kalash déçoit les créoles en rappant en français mais ravit les autres sur « Bonda Manmanw », Di-meh se rappelle de sa « Jeunesse » avec son énergie habituelle et Rémy montre toutes ses qualités sur « Comme en Serbie » :
  • Une fois n’est pas coutume, on finit avec une rappeuse méconnue mais qui mérite bien plus d’exposition. Membre du 667 comme Freeze Corleone (pour citer le plus connu), voici Lala &ce et son dernier morceau « Serena (Botcho) » (clip NSFW comme on dit) :

 

Aux US

Projets

Pas de gros blockbuster chez nos amis américains cette semaine, je pense qu’ils attendent aussi le PNL et sont donc un peu fébriles. On peut quand même citer :

  • En attente de son procès pour une affaire très glauque, YNW Melly sort le très court « YNW », seulement 9 titres (mais un qui dure 11 minutes donc ça compense). On le sent un peu plus en pilote automatique que sur « We All Shine », sa mixtape très réussie du début d’année. Il doit avoir un peu la tête à autre chose… :

  • Portant haut les couleurs de la Louisiane, Boosie Badazz continue d’être productif. Avec son style toujours aussi particulier et emblématique de cette scène des US, voici « Badazz 3.5 » :

  • Logic est sans aucun doute le rappeur le plus connu de cette section. Bien qu’il ne soit pas le rappeur le plus populaire, on ne peut pas ne pas mentionner la sortie de son nouveau projet intitulé « Supermarket (soundtrack) ». J’imagine que ça te conviendra parfaitement si c’est ton style :

 

Singles

Je vous ai dit qu’un certain duo des Tarterêts sortait un album la semaine prochaine ? Pardon je m’égare. Bref, voici les singles et clips de la semaine aux US.

  • Alors qu’un énorme flou entoure la sortie de son prochain projet et la suite de sa carrière, alors qu’il se serait fait signer par Jay-Z, Lil Uzi Vert sort de nulle part « Free Uzi » accompagné de son clip :
  • Membre de la clique YBN, YBN Nahmir n’a pas encore sorti de projets solo. Mais il a déjà livré quelques morceaux bien efficaces, comme « Baby 8 » qui est le dernier en date :
  • 1 jour et déjà 1,8M de vues pour cette grosse collaboration californienne entre G-EazyBluefaceALLBLACK et YG, intitulée « West Coast ». Ca me permet de vous recommander très très très chaudement l’EP « 2 Minute Drills » d’ALLBLACK réalisé avec l’excellent producteur Kenny Beats :
  • On finit avec un maxi BANGER produit par NGHTMRE sur lequel pose A$AP Ferg. Une légère frustration car on se dit que les curseurs auraient pu être encore plus poussés, mais le son est déjà vraiment bon comme ça :

 

L’instant douceuuuuur

  • Le crooner qu’est Khalid empile les singles et les collaborations. La dernière sortie en date ? « Self », à découvrir ci-dessous. On peut trouver sa musique un peu plate, son album à venir est tout de même assez attendu.

  • Vous vous souvenez quand je vantais les scores de la collaboration californienne ? Eh bien, elle ne tient même pas la comparaison face à la combinaison ROSALIÀ/J Balvin, en featuring avec El Guincho. De l’espagnol, un avion, est-ce l’été qui approche ? 2,9 millions de personnes auraient tendance à dire oui, et ce en seulement un jour :

 

C’est tout pour cette semaine, vous savez déjà ce qui vous attend la semaine prochaine !

A vendredi prochain les chefs !

 

VENDREDI SORTIES #22

Bonjour à tous et bienvenue pour cette vingt-deuxième édition des Vendredi Sorties. Après un long froid mois d’absence pendant laquelle vos récaps préférés vous ont manqué, nous voilà de retour tel Jardim à Monaco. Comme ça fait longtemps, on rappelle le principe : le Y-Grec te récapitule les sorties rap/r&b de la semaine, en France et aux US. On en profitera même peut être pour glisser quelques trucs sortis durant le dernier mois en fin d’article…

En France

Projets

 

L’année démarre très fort dans notre beau et froid pays avec pas moins de quatre gros albums attendus qui sortent aujourd’hui.

  • On commence par un des rookies les plus attendus du rap français, Heuss l’enfoiré. Fort des freestyles BxLand et des singles sortis ces dernières semaines (voire ces derniers mois) comme “L’addition” avec Vald et surtout l’excellent “L’enfoiré”, le rappeur du 92 sort “En esprit”. 15 titres, des featurings avec son mentor Sofiane, Soolking ou encore Koba la D (encore oit ?!), on vous laisse découvrir ce nouveau talent :

  • Très attendu, Kaaris (aka le futur king de l’octogone) livre “Or noir partie 3”. Un pari ambitieux et risqué quand on connaît l’impact qu’a eu “Or noir” sur le rap français à sa sortie. Les premiers extraits ne sont pas tous au niveau attendu, mais ses prestations sur la compilation “93 Empire” nous laisse espérer le meilleur :

  • Un autre retour, celui d’un rappeur devenu entrepreneur (et précisément à Pontoise, le 95 est partout), j’ai nommé Seth Gueko. Le barlou revient avec un gros projet intitulé “Destroy” avec des montagnes de featuring : Alkpote, 13 Block, Dosseh, Sadek, Flynt, Akhenaton, Kool Shen et même son fils ($tosba). Si vous voulez être hypé, je vous considère son excellente interview à l’Abcdr du son :

  • Enfin, le groupe XV (anciennement XV Barbar) cherche à (re)devenir le groupe référence de la trap, titre brillamment enlevé par 13 Block depuis plusieurs mois maintenant, et sort “La Onda” :

Singles/clips

 

Et si vous pensez que tout le beau monde du rap français est calme en attendant, vous vous fourrez (le gros) doigt (de Dramane) dans l’oeil !

  • Hamza continue de teaser son prochain album. Enfin on espère que c’est la raison de la sortie de “Paradise”, rayon de soleil dans notre froid hiver :
  • Sans teasing préalable, et sans doute par malin plaisir de faire de l’ombre à son futur adversaire de l’octogone, Booba débarque avec “PGP”. Pour une fois c’est pas une zumba, en plus il lâche un s/o à Koba la D et ça on apprécie :

  • En parlant de s/o, le roi de cette discipline s’allie avec l’empereur de la crasserie. Pour ceux qui n’auraient pas compris, Alkpote invite Freeze Corleone sur “Purification”, 9ème épisode de la troisième saison des “Marches de l’Empereur”. Un feat magistral pour 5 minutes et 43 secondes de bordel brillamment orchestré par DJ Weedim. En bonus, retrouvez également le 10ème épisode de la série :
  • Niska poursuit son flirt avec les US en posant sur une prod de Diplo (forcément un nom qui vous parle). Ca donne “Boom boom bye” :
  • 404 Billy continue de balancer des titres en attendant son prochain album. Cette fois on a le droit à “Sombre fan” où il se met à la place de deux fans différents rencontrés après son concert. Exercice de style assez marrant et réussi :

  • Après son premier projet « Trop chaud » sorti l’an dernier, Timal enchaîne la sortie de morceaux et ne déroge pas à la règle aujourd’hui en dévoilant « Story » :

  • Pour bien terminer la semaine, petite sélection de clips. On a le droit à de la nouveauté de la part de Hache-P (ancien membre de la MZ) et de l’exploitation d’album de la part de Maes (le boug ne s’arrête jamais) avec “Mama” et de Laylow qui clippe “Visa” en featuring avec le marocain Madd, extrait de son excellent projet “.RAW-Z” (avec des visuels toujours aussi impressionannts) :

 

AUX US

 

Projets

 

Une fois n’est pas coutume, après un vendredi 18 janvier très chargé (sortie des albums de Future, James Blake ou encore YNW Melly), c’est une semaine calme chez nos amis américains.

  • Ca me permet de vous parler de Boogie, rappeur issu de de Compton et qui a grandi à Long Beach (pas mal comme héritage musical – Tupac, Snoop Dogg ou encore Kendrick Lamar, on a fait pire). Signé fin 2017 sur Shady Records, le label d’Eminem, il sort son premier album intitulé “Everythings For Sale”. Une magnifique pochette, 13 titres avec des gros featurings comme 6LACK, JID ou Eminem, on vous invite à découvrir tout ça :

  • Rares sont les semaines où on ne parle pas de XXX Tentacion, et celle-ci ne déroge pas à la règle. Sorti le jour de ce qui aurait été son 21ème anniversaire, la compilation “Members Only, vol.4” ne contient que quelques traces du rappeur. On y retrouve également Ski Mask the Slump God, fondateur de ce collectif, et plein d’autres artistes de Floride :

Singles/clips

 

Bon évidemment, ça ne chôme pas du côté des sorties de singles et de clips, on ne change pas une équipe qui gagne.

  • Du côté des nouveautés, un retour qui me fait très plaisir. GoldLink célèbre le statut platine de son single “Crew” et s’associe avec Peewee Longway et WavelQ sur “Got Muscle” :

  • Après une année 2018 extrêmement remplie avec de nombreux featurings à son actif, J.Cole veut également faire de 2019 sa grande année. Pour atteindre cet objectif, il livre l’excellent “Middle Child”, déjà validé par Cardi B et LeBron James, excusez du peu :

  • En parlant d’année 2018 remplie, Lil Baby continue d’aller en featuring partout où il peut. Cette fois on le retrouve avec Yo Gotti sur “Put a Date on It” :

  • On termine par une volée des clips marquants de la semaine. On a le droit à 21 Savage et Metro Boomin sur un des titres les plus réussis de la fin d’année dernière, à savoir “10 FREAKY GIRLS”. Future continue d’assurer la promotion de son nouvel album, cette fois avec le clip de “Rocket Ship”. Ambiance étrange sur le clip de “Don’t Cry”, le featuring de Lil Wayne avec XXX Tentacion – rappelons qu’ils ne se sont jamais rencontrés (clip pour l’instant bloqué en France mais ça va revenir, vous en faites pas). Enfin, Aminé clippe un autre extrait de son album « ONEPOINTFIVE » sorti cet été. Il s’agit de « BLACKJACK », ambiance école de rap garantie.

L’instant sucreyyyy

 

  • Pour finir avec un peu de douceur, comme à l’accoutumé, on vous propose un nouveau morceau de la délicieuse Lolo Zouaï. Si vous ne la connaissez pas encore, allez écouter “High highs to low lows” et “Austin Powers”, vous ne pouvez être que conquis. On la retrouve ici sur “Jade”, en compagnie de Blood Orange, gage de qualité :

Les rattrapages – coups de koeur

 

Comme on sait qu’on vous a manqué pendant ce dernier mois, je vous propose de découvrir trois sorties de la semaine dernière qu’il ne fallait pas rater.

  • Le rappeur français avec le plus de style est de retour, j’ai nommé Prince Waly. Après l’excellent album de Big Budha Cheez l’an dernier, il tente cette fois l’aventure solo sur l’EP “BO Y Z”. Enfin en solo, pas vraiment puisque plein de featurings plus ou moins audacieux sont au programme : Tengo John, Triplego, Alpha Wann, Loveni mais aussi Enchantée Julia et Feu! Chatterton. Un projet original et très réussi, allez écouter ça les zins :

  • Autre projet très original, “Le Regard Qui Tue” de Varnish la Piscine. Le rappeur/producteur du collectif SuperWak Clique (en compagnie notamment de Slimka, Di-meh ou Makala) propose un “film auditif”, qui ne ressemble à rien de ce que vous avez écouté. On suit l’histoire du détective Sidney Franco à la recherche de Gabrielle Solstice (l’excellente Bonnie Banane), la femme au regard qui tue. Une expérience sans équivalent où on retrouve également Makala et Rico TK :

  • Dernier coup de coeur des dernières semaines, la mixtape « Delta Bravo Zulu » de Double Zulu. Du gros rap, des grosses punchlines, des textes très bien construits et une maîtrise inattendue du vocodeur et de l’autotune, je vous conseille vivement cette mixtape très confidentielle :

  • Enfin aux US, à défaut de vous présenter James Blake ou Future, je voulais vous parler de “We All Shine” de YNW Melly. Rappeur floridien remarqué l’an dernier, il est encore très jeune (19 ans) mais déjà vraiment doué. Parfois un peu inclassable entre rap et morceaux plus chantés, son projet est une réussite et on y croise notamment Kanye West sur “Mixed Personalities” (non je ne ferai pas de blague) :

  • Bon et pour le plaisir et au cas où vous seriez passés à côté, on vous remet aussi les liens pour les albums de Future (une recette toujours efficace) et James Blake (plein de genres différents s’y mêlent et on notera la présence de Rosàlia, Travis Scott ou encore André 3000, trois sons très réussis pour un album assez incontournable) :

On revient fort les chefs, à la semaine prochaine !

 

Top album rap français 2018 de la rédac

Comme le Y-Grec est un média à la pointe de l’actualité, on fait comme tous les médias rap et on vous propose notre top album de rap français de 2018. Mais tu connais la recette, on fait pas les choses n’importe comment ici. Du coup on a demandé à tous ceux de notre magnifique association E&B de nous livrer son top 10 des projets sortis cette année et 17 d’entre eux se sont pliés à l’exercice.

Le résultat ? 34 albums/EP/mixtapes (vous faites chier avec tous les formats flous) de rap français sortis en 2018 classés scientifiquement selon un décompte encadré par Maître Folasse. En gros, le numéro 1 du top de chaque participant recevait 10 points, le numéro 2 en récoltait 9 et ainsi de suite, t’as capté le délire chef.

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Avant tout chose, quelques absents notables à signaler : la compilation 93 Empire concoctée par Fianso aka le rappeur tout-terrain de 2018, La zone en personne de saint Jul de la Puenta (40 sons tout de même), Mutant de Rim’K (le tonton du rap français encore en forme comme en témoigne l’excellent single “Air Max”) ou encore Inferno d’Alkpote (sujet sensible), Focus vol.2 de Di-meh, No Bad vol.2 de Slimka (ouais désolé on aime pas trop les suisses), Carbone 14 de Joe Lucazz et bien d’autres.

Sans plus attendre, voici le classement !

De la 31e à la 21e place 

Les mentions

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  • Udigg, Ritchy 31 – 1 point
  • Confidences, YL – 1 point
  • #EnAttendantMachakil, TripleGo – 1 point
  • Hostile, 404 Billy – 1 point
  • Epicerie coréenne, Big Budha Cheez – 2 points
  • .Raw-Z, Laylow – 2 points
  • Jok’Rambo, Jok’Air – 3 points
  • Pleine Lune, Scylla – 3 points
  • Insolent, RK – 5 points
  • Nakamura, Aya Nakamura – 5 points
  • Polak, PLK – 5 points
  • Pure, Maes – 5 points
  • TRAP$TAR, Leto – 6 points

Un bon pêle-mêle de projets ayant eu peu d’exposition (pour la plupart). L’occasion de découvrir des rookies prometteurs comme Ritchy 31 et 404 Billy (ça arrive fort, vous êtes pas prêts) ou des excellents albums/EP passés sous le radar dans des styles variés, que ce soit Scylla, Leto ou Laylow. Et si vous préférez les groupes, Montreuil saura vous ravir avec Big Budha Cheez (et l’excellent Prince Waly) et TripleGo. Bref, vous avez ici des mentions intéressantes et utiles pour briller en société en citant des artistes peu connus qui vont bientôt exploser. Mais on retrouve aussi des valeurs sûres comme Maes (qu’on retrouvera par la suite de ce top), PLK ou bien sûr la reine de vos soirées (enfin si vos soirées sont cools) à savoir Aya Nakamura.

Quelques morceaux à retenir de ces albums :

  • Copines d’Aya Nakamura
  • Madrina de Maes (feat. Booba)
  • Le Prince de sang-mêlé de Laylow
  • Mon survet de Jok’air
  • Murphy Dog de Big Budha Cheez
  • Sicario de YL (feat. Ninho)
  • La rue dort ap de Leto 

De la 20e à la 11e place 

Il en faut pour tout le monde

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20. Masque Blanc, S.Pri Noir – 7 points

20. Géopoétique, MC Solaar – 7 points

19. Ma version des faits, Infinit’ – 9 points

18. Inspi d’ailleurs, Jul – 10 points

17. La fosse aux lions, Kalash Criminel – 10 points

16. La vie augmente, vol. 2, Isha – 13 points

15. Bisous, Myth Syzer – 15 points

14. Bisous mortels, Myth Syzer – 20 points

13. Lithopédion, Damso – 21 points

12. Vidalo$$a, Dosseh – 24 points

11. Triple S, 13 Block – 28 points

On passe aux choses sérieuses avec les 11 projets suivants de ce top. Que des têtes connues du rap français, plus ou moins anciennes. Je pourrais vous parler en long et en large de certains artistes de cette liste qui m’ont bercé en 2018 : des tubes de Vidalo$$a à la meilleure trap de l’année sur Triple S, en passant par les premiers projets solo du producteur Myth Syzer ou la confirmation d’Isha et Infinit’, tous ces albums/EP/mixtapes ont compté. Quelques pochettes surprenantes et efficaces se glissent ici aussi grâce à Jul, Kalash Crimi et SpriNoir. On soulignera la présence de MC Solaar ; on est fier (?) au Y-Grec d’être la seule rédac à parler d’un des tontons du rap français. Enfin, comment ne pas évoquer Damso dont on attendait beaucoup (trop ?) ? Cet espoir explique peut-être la relative déception qu’on a eu à l’écoute de Lithopédion, d’où cette 13e place. En bref, des très bons projets qui vous apporteront douceur (s/o “Bisous”) ou fureur (s/o Kalash Crimi) de quoi vous combler quelle que soit votre humeur.

Quelques morceaux à retenir de ces albums :

  • Middle Finger de S.Pri Noir
  • Saint-Exupéry d’Infinit’
  • La Sacem de Florent Pagny de Kalash Criminel (quel titre de morceau incroyable)
  • Mp2m d’Isha
  • Sommet de Dosseh
  • Triple S de 13 Block (mais franchement tout l’album est bien, et je parle même pas des singles sortis récemment comme “Zidane”)
  • Vilain de Myth Syzer (feat. Alkpote et Jok’Air)

De la 10e à la 6e place 

Rookies et têtes d’affiche… et un intrus

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On arrive enfin dans le top 10 de l’année selon notre belle rédaction/association. Et comme on fait pas les choses à moitié, je vais vous parler individuellement de chacun de ces projets, à mi-chemin entre les rookies et les têtes d’affiche (+ un invité surprise).

10. VII, Koba la D – 32 points

Ah Koba la D. Koba la Déprime, Koba la Débrouille. Pour ceux qui connaîtraient pas le jeune rookie du 91, il s’est fait connaître via des freestyles YouTube intitulés “Ténébreux” et a signé rapidement chez Def Jam avant de sortir son premier album VII fin septembre. Au début moqué pour sa voix atypique, on pouvait craindre de son incapacité à se renouveler et à mener un projet cohérent sur la longueur d’un album. Il n’en est finalement rien tant VII est une réussite pour un rookie. Au menu : la débrouille, la déprime, la bicrave, les meufs et bien évidemment le Bat. 7 (je préfère pas vous dire ce que c’est pour garder du mystère – c’est pas de la flemme). Bref, on vous le conseille et le premier qui dit qu’il a la voix d’Homer Simpson se fera fusiller du regard par Ludo (c’est vraiment plus dangereux que ça en a l’air).

Le son à retenir :

9. MILS 2.0, Ninho – 38 points

Le rappeur de l’année, tout simplement. Déjà parce que MILS 2.0 (la suite de MILS) est très solide, mais ensuite parce que Ninho a été omniprésent en featuring (et pas seulement avec Hayette). Il a collaboré avec des rappeurs aussi différents que Rim’K (“Air Max”), SCH (“Prêt à partir”), GLK (“Mauvais”), K.Point (“Ma 6t a craqué”), Da Uzi (“Entre les murs”) ou encore Jul (“Et je deviens fou”). Sur Maintenant Ils Savent 2.0 (ouais ça veut dire ça “MILS”), il montre toute l’étendue de son talent que ce soit sur de la bonne zumba des familles (“Un Poco”), un refrain parfait (“Mama No Cry”) ou des singles d’une efficacité redoutable (“Fendi”, “Coffrer”).

Un son à retenir :

8. XEU, Vald – 45 points

Auteur lui aussi d’une année remarquable, Vald a montré ses progrès sur XEU et s’était imposé dès février comme un des rappeurs de 2018. Beaucoup plus cohérent qu’Agartha, le rappeur d’Aulnay a pu compter sur les productions de Seezy tout au long de l’album pour apposer sa patte et développer un propos à mi-chemin entre l’introspection, les doutes en ses capacités à réussir, la célébrité pesante et la volonté de faire ce dont il a envie.

Un album qui laisse finalement peu de répit à l’auditeur malgré les singles comme “Désaccordé” ou “Dragon” qui se veulent plus légers (et c’est réussi). Il a assurément marqué l’année de son empreinte avec cette pochette blanche, jouant parfois avec sa technique (on pense notamment à ce flow pompé de Booba sur “Jentertain”). Maintenant qu’il fait froid et que les fêtes sont passées, c’est le moment de s’y replonger.

Un son à retenir :

7. Réelle vie 2.0, Maes – 48 points

Un autre rookie de l’année en 7e position de ce top : Maes. Jeune rappeur de Sevran (important pourvoyeur du rap fr s’il en est), c’est clairement une des révélations de 2018. Ce qui est très intéressant chez lui a été son évolution constante en l’espace d’à peine quelques mois. Remise en contexte : début mars, Maes sort Réelle vie 2.0, mixtape réussie où le rappeur se démarque sur 2 styles très différents. Le premier consiste à sortir des morceaux durs, bruts, pleins d’énergie comme “Libérable” et d’autres beaucoup plus doux comme “Penave”.

Durant l’été, il signe avec Capitol et sort “Billets verts” qui annonce un virage vers plus de sons comme “Penave”. Confirmation avec la sortie récente de son album (Pure) dont le plus gros single “Madrina” est une bonne zumba avec Booba. Bref, il y avait de tout chez lui et on se demande s’il sera toujours capable d’incorporer des sons plus durs par la suite ou du moins à mi-chemin (comme “Tmax 530”).

Un son à retenir :

 

6. Land, Kekra – 49 points

Une de mes découvertes préférées de 2018, je vous présente Kekra. Personnage hautement énigmatique du rap français, on sait qu’il est masqué, qu’il écoute de la grime et autres 2-step anglaises et qu’il vient de Courbevoie. Ah et aussi qu’il adore dénigrer son métier. Land postule clairement au prix de la meilleur pochette de l’album et dévoile une nouvelle facette de Kekra. Auparavant extrêmement productif et peu intéressé par les singles, 2018 a amorcé un changement de fusil d’épaule : un seul album, plus court, avec une volonté à peine masquée de faire des tubes (enfin au moins 1 tube avec “C’est bon”) (« masquée », t’as compris ? Parce qu’il porte un masque).

Pas mon album préféré de l’artiste (Vréel 2 Deluxe et Vréel 3 sont deux pépites) mais encore un projet à part dans le paysage du rap français, preuve que Kekra ne fait rien comme personne. Si vous aimez les visuels de qualité, vous allez aussi être servis avec les clips de “Viceland” et “10 balles” qui font assurément partie de mes morceaux favoris de l’année écoulée.

Un son à retenir :

 

Le top 5 

Les albums de l’année d’E&B

Et voilà, on y est. Le top 5 de l’année 2018 en rap français selon E&B. Que des albums réussis, pourtant tous dans un style différent. Je ne peux que vous inviter à écouter chacun d’entre eux avant d’entrer de plein pied dans 2019, et si tu le fais pas, sache que je serai hyper triste. Voilà c’est pas mon meilleur argument mais j’ai pas mieux en stock donc ECOUTE CA OK ??

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5. J.O.$, Josman – 58 points

On commence avec l’album de ce top 5 qui fait sans doute le moins l’unanimité (ça se voit à l’écart de points avec le 4e). J.O.$ n’est pas l’album le mieux écrit de ce top, ni le mieux produit. Mais il y a une complémentarité évidente entre Josman et son producteur Eazy Dew qui en fait un album intéressant et pas complètement dénué d’intérêt même si ça parle beaucoup d’argent et de meufs.

Quelques gros bangers comme “Sourcils Froncés” ou “V&V”, des sons introspectifs comme “Ce Soir j’achèterai un flash” ou “La Plaie” et évidemment des morceaux plus légers comme “J’Aime Bien” ou “XS”. Bref, ce n’est pas l’album de l’année mais il est vraiment réussi et montre une progression intrigante chez Josman dont on a hâte d’entendre plus.

Un son à retenir :

4. Projet Blue Beam, Freeze Corleone – 80 points

Amis conspirationnistes, adeptes de la lean et des s/o, vous allez être servis. Projet Blue Beam est assurément un des OVNIs de l’année, tant il ne ressemble à rien de ce qui se fait en France actuellement. Freeze Corleone est membre (entre autres) du collectif 667 qui a déversé un nombre incalculable de projets et morceaux ces dernières années. Au programme : des conspirations du maire d’Angers, des références au basket (s/o Jeremy Lin), des constructions de rimes d’une complexité rare (ouais non le gars répète pas du tout la même chose à chaque ligne, sois attentif zin) et des s/o à foison au rap américain (rip Fredo Santana) et notamment à la lean.

Alors oui, pour les plus connaisseurs, il assume totalement l’héritage de certains rappeurs français comme Alpha 5.20 ou le Roi Heenok. Mais Freeze ne fait rien comme personne et c’est ce qui fait de cet album une grande réussite, tant il est court et concis, une qualité rare à l’heure des albums à rallonge du streaming. Ah et si vous aimez les énormes basses, attendez-vous à tomber de votre chaise à tout moment. A consommer sans modération (quelle formule insupportable).

Un son à retenir :

3. Imany, Dinos – 87 points

Tout simplement mon album préféré de l’année. Imany putain, quel album incroyable (pour une fois que ce mot a vraiment du sens). Petite remise en contexte : Dinos (anciennement Dinos Punchlinovic) est un rappeur de La Courneuve qui s’est révélé via les Rap Contenders (à l’ancienne tu connais). Il a signé très (trop) vite chez Def Jam avant de livrer quelques morceaux qui ont bien fonctionné comme “Namek”. Annoncé en 2015, Imany aura donc mis 3 ans à arriver à la suite de son départ de chez Def Jam. Et l’attente valait clairement le coup.

Exit les jeux de mots moyens à tout va (Jules, on te pardonne “On va faire des Tripoli comme les Lybiens”), l’album est très bien construit malgré une longueur qui pouvait repousser (17 morceaux tout de même). Dinos a grandi, vieilli et livre des morceaux très personnels sur l’amour comme “Helsinki” ou la foi comme “Les pleurs du mal”. Je pourrais en parler des heures tant cet album a fait mon année, et je vous recommande également d’aller jeter une oreille vers la version Deluxe sorti début décembre, qui complète parfaitement cet excellent album.

Un son à retenir :

2. JVLIVS, SCH – 116 points

Course hyper serrée, c’est finalement SCH qui finit avec le deuxième meilleur album de l’année selon nous grâce à JVLIVS. Après la relative déception liée à Deo Favente, le S est revenu à ce qu’il sait faire de mieux : débiter des lignes avec une construction exceptionnelle. Et dire qu’il n’a que 25 ans… Comme j’en avais parlé lors de la review d’octobre, j’ai adoré ce projet.

Comme Dinos, 17 titres mais SCH prouve qu’on peut faire quelque chose de ces longs formats qui ont tendance à devenir un standard. C’est sans doute l’album le plus cohérent de l’année, qui se déroule comme un film de gangster. On pourrait presque croire qu’il s’agit là de la bande originale d’un film noir de mafia, d’autant plus que les interludes et l’introduction sont déclamées par la voix française d’Al Pacino. On est de suite plongé dans l’ambiance de l’album avec l’introduction qui plante le décor du personnage qui va être campé par le rappeur tout au long de son album.

Plusieurs phases se distinguent, rythmées par ces interludes écrites par le toulousain Furax Barbarossa. Et cette progression n’empêche pas du tout SCH d’aller s’échapper avec des sons plus chantés, hommages à sa culture de la variété (notamment italienne) comme sur “Le code”, sans doute le tube de l’album. Et comment parler de JVLIVS sans parler de Guilty du Katrina Squad, véritable architecte sonore ? Bref, un album très important de l’année et qui se démarque de la discographie du rappeur.

Un son à retenir :

1. UMLA, Alpha Wann – 119 points

Le voilà le grand gagnant de l’année selon nous (et 1000 autres médias rap). Alpha Wann, Philly Flingue pour les intimes. Rappeur de l’Entourage, lui aussi a été révélé par les Rap Contenders avant de collaborer (entre autres) avec Nekfeu. Unanimement décrit comme le meilleur rappeur du collectif, on a longtemps attendu la sortie de son premier album solo. Il nous avait mis en appétit avec les EP de la série Alph Lauren, mais on pouvait craindre que son album ne soit qu’un enchaînement de prouesses techniques sans réelle cohérence ou direction.

Il n’en est finalement rien, tant UMLA (Une Main Lave l’Autre) nous emmène dès le premier morceau (l’exceptionnel “Le Piège”). Même si parfois il ne raconte pas grand chose ou ne se livre pas vraiment, on reste fasciné par les prouesses techniques du rappeur, que ce soit dans les placements ou dans les rimes. Le mystérieux intervenant qu’on entend notamment au début du single “Stupéfiant et noir” assure certaines transitions et sert presque de fil rouge à tout le projet.

Et finalement, nos craintes s’envolent et la technicité d’Alpha est mise au service de morceaux sur lui (“Pour celles”) ou sur son quartier et son évolution en tant qu’homme (“Olive et Tom” notamment). Il a aussi fait le pari assumé de ne pas faire appel aux rappeurs les plus connus pour faire des featurings (il a notamment coupé Nekfeu de la tracklist) comme s’il savait très bien où il allait. Bon ça n’empêche malheureusement pas Sneazzy d’être présent sur un couplet mais ça permet à Infinit’ de briller encore davantage. Et finalement, cet album est un bon résumé des autres membres du top 5 : un rappeur issu des Rap Contenders comme Dinos, fin technicien comme SCH et Freeze et parvenant à ne pas rapper dans le vide comme y arrive (un peu) Josman. De quoi représenter fièrement l’année 2018.

Un son à retenir :

 

ET 2019 ??? On attend bien évidemment le retour de PNL, le combat de de boxe du siècle (Booba/Kaaris pour les incultes), la confirmation de Dinos avec “Taciturne”, l’éclosion de certains rookies (Heuss l’Enfoiré et Da Uzi arrivent fort dès janvier)… Bref encore une belle année de rap français qui s’annonce !

 

Merci pour cette année 2018 les chefs et on continuera de vous régaler en 2019, c’est promis.

 

Review FR d’Octobre : Empire, Pacino et zin…

A lire avec la playlist du mois

Après une rentrée chargée, le rythme des sorties ralentit un peu avec l’été indien. On se demande où sont encore les frangins des Tarterêts et si la pluie de novembre les fera revenir… En attendant, on a eu le droit à des projets de qualité et je vais vous présenter trois d’entre eux sortis respectivement les 5, 12 et 26 octobre.

 

93 Empire – Compilation

Bon déjà je savais pas trop quel artiste mettre pour présenter cette compilation du 93 Empire. Comme on s’en doute, que des artistes du 93 dans cet album dont l’initiative revient à Sofiane (comme souvent dans le rap français en ce moment), présent sur la majorité des morceaux.

 

Je suis souvent assez adepte des compilations. C’est toujours intéressant d’avoir plein d’artistes différents sur un même album, car cela apporte de la variété et permet de piocher plus facilement dans ce qu’on aime. Sur un tel album, on a plus d’une quinzaine de rappeurs et une grande diversité : des anciens comme NTM, Busta Flex ou encore Nakk Mendosa, des jeunes dont la carrière commence comme Soolking ou Dinos, des rappeurs confirmés comme Mac Tyer ou Kaaris, des têtes d’affiche comme Sofiane, Vald ou Dadju… Bref, tout le monde est servi.
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Il faut aussi savoir que les compilations sont importantes dans le rap français. Elles ont connu leur apogée dans les années 90 avec des albums comme Première Classe ou Hostile ou des B.O de films (“La Haine”, “Ma cité va cracker” pour nommer les plus connues). Récemment, elles commencent à faire leur retour dans ce qu’on appelle désormais le rap francophone. Parce que les belges s’y sont mis avec “Tueurs” et que chez nous la machine se remet doucement en route avec par exemple la sortie de “Game Over” cette année.

Sur l’album en lui-même, ça rejoint exactement ce que je disais sur les compilations. 21 titres, donc forcément il y a du déchet, forcément c’est inégal. Le début est terriblement efficace avec Kaaris qui est au sommet de sa forme sur “Empire”, puis le posse cut “Woah” que j’avais beaucoup aimé. Par la suite, d’autres idées retiennent l’attention, comme Alpha 5.20 et son refrain disons… engagé, puis le refrain magnifique sur “Maman veut pas”. J’ai un gros faible pour l’enchaînement “Dinero”-”93 Coast”-”Jay-Z” que je trouve excellent, surtout car passer d’un pur son West Coast (et même g-funk pour les puristes) à du pur new yorkais m’a plu.

Dans le rap français j’suis déjà la boss comme Jay-Z [….] J’suis millionnaire j’ai l’droit d’être moche comme Jay-Z

Sofiane, Jay-Z

Comme le dit Sofiane ci-dessus, au fond on s’en fout que tout ne soit pas réussi sur ce projet. Son idée et son intention étaient de réunir ce qui se fait de mieux dans le 93, et la diversité des styles montrent la profondeur et la richesse du département et de ses rappeurs. Alors bien sûr il y a des absents comme 13 Block ou Maes, bien sûr celle du 94 sera meilleure parce que mon département est mieux, bien sûr que j’aurais préféré un Dinos plus incisif (même si son refrain sur “Drive By” est très bon) mais au moins Sofiane aura réussi son pari et cela ne peut que l’encourager dans toutes les initiatives qu’il entreprend.

Le Kou de Keur : Woah

Premier single de l’album, j’aurais pu mettre “Empire” parce que le duo Kaaris-Sofiane est incroyable, mais je trouve que ce titre collaboratif est celui qui représente le mieux l’ambition du projet avec pas moins de 7 rappeurs qui posent – TOUT EST WOAH !

 

JVLIVS – SCH

Après 1 an et demi de discrétion et la relative déception de “Deo Favente”, SCH teasait son retour en sortant plusieurs morceaux cet été (“Otto”, “Mort de rire” puis “Pharmacie”). Mais rien ne présageait d’un tel album.

“Je l’ai vu naître ce p’tit. Et les cris d’sa pauvre mère ne faisait qu’annoncer l’arrivée du déluge. On a dit d’son père qu’il était né dans le Vésuve. Lui, dans une mare de sang, ouais. Qu’est c’que vous espériez ? Un gentil p’tit minou ? Les loups font des loups et basta. Et le loup, il a bien grandi : les crocs lui ont poussés et l’appétit aussi. Un très gros appétit. Il a vite compris le sens des affaires, la valeur du terrain et comment leur prendre. Ici, la terre, les murs n’ont qu’une seule odeur : la sienne. Et il la répand comme le sang roule entre les dalles de Napoli. Oui, je l’ai vu naître ce p’tit. À quelques rues du vieux port, là, ces mêmes rues qui l’ont vu semer le plomb et la mort. On dit que la croix qu’il porte sur la poitrine a fermé les paupières chaque fois qu’il a ôté la vie, peuchère. Moi, je crois qu’elle n’a jamais vraiment pu ouvrir les yeux cette croix…”

Ce que vous venez de lire est l’intro de cet incroyable album. Déjà le texte est fort, mais alors quand vous entendez la voix française d’Al Pacino le débiter sur quelques notes de guitare, laissez-moi vous dire que vous êtes direct plongé dans une ambiance mafieuse italienne. Car oui, Julien Schwarzer est d’origine allemande, mais il est fasciné par l’Italie (et sa musique) comme il a pu l’expliquer dans les nombreuses interviews données pour cet album (à l’occasion, je vous recommande très chaudement celle de l’Abcdr du Son).

Pourquoi cet album est si particulier ? La liste des raisons est très longue, mais je vais vous résumer tout ça dans un souci d’efficacité.

Déjà, à l’exception de 3 morceaux, tout est produit par Katrina Squad, et en particulier Guilty. Et le duo Guilty-SCH est un des meilleurs en France, comme ils l’avaient montré sur la première moitié de “A7”, le classique de SCH sorti en 2015. Les prods de Guilty permettent au rappeur de prouver toute sa qualité d’écriture, dont toutes les subtilités demandent de nombreuses écoutes (aussi car sa voix est si unique).

 

Focus : La tracklist de JVLIVS

Il faut savoir qu’on n’a pas la sensation d’écouter un album, mais plutôt un film. La construction du projet et la tracklist ne sont pas dues au hasard, ce qui est important à l’heure du streaming et des “playlists” canadiennes.

  • On suit le parcours de Julius né dans “Le déluge”, d’abord arrogant en insultant la concurrence (“VNTM”) et plein de confiance dans sa “Pharmacie”, n’hésitant pas à user de son “Tokarev” qui détonne sur “420 mètres”.
  • On comprend ensuite d’où il vient avec “Otto” (qui prend tout son sens ici) et que ses actions sont inspirées par son père, puis c’est la réussite avec sa “Skydweller”, tout paraît “Facile”.
  • Viennent ensuite les doutes sur le reste de son équipe, et Julius redoute d’être trahi : il est “Prêt à partir” (avec son acolyte Ninho), puis est “Mort de rire” en observant tout ce qui se passe autour de lui, à savoir la drogue à foison et les traîtres qui rodent.
  • On commence à percevoir une forme de mélancolie, noyée dans “Ivresse et Hennessy” ; Julius se dit “comme une abeille dans du sirop”, il est pris au piège. Il implore son père décédé de veiller sur lui, et on en vient à se demander qui veille sur lui (“J’t’en prie”).
  • Son seul ami semble être son “Beretta 92FS”, personne ne sera plus loyal que son arme – “est-ce que quelqu’un le verra mourir ?”.
  • Nostalgique, il regrette ses amis partis “sur le rivaaaaaaaage” après avoir tout quitté pour “Le code” de la rue.
  • Il se sent accompli mais toujours plus solitaire et “Incompris” par ses “faux amis”. Julius ne sait plus sur qui il peut compter.
  • La fin paraît proche mais il se refuse à partir, quitte à ce que le “Ciel rouge” fasse de nouveau irruption dans sa vie et à ce que toutes les relations qu’il a forgées se détériorent.
  • Finalement, quel est le “Bénéfice” de toutes ses actions ? Malgré la tentation, il réaffirme sa volonté de rester dans « la zone ». Il voulait tout faire pour sa mère mais finalement il n’a que “volé son sommeil” et ne parvient lui-même plus à dormir. Sa seule issue pour trouver du repos est-elle la mort ?

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Alors évidemment j’extrapole, mais toute cette construction fait que l’album s’écoute de bout en bout, sans passer un morceau même quand il est un peu moins bon.

Enfin, les interludes et les intros. En général, on les écoute une fois puis on les passe, parce que bon, nous on aime la musique. Mais là, c’est impossible. Elles s’insèrent parfaitement dans la narration, elles sont courtes et écrites avec une précision. SCH a rendu de nombreuses fois hommages à l’auteur de ces textes, à savoir le rappeur toulousain Furax Barbarossa. La voix française d’Al Pacino, José Luccioni, donne corps à ces instants rythmant l’album. Vous saviez qu’une balle de Tokarev parcourt 420 mètres par seconde ? Quatre cents vingt mètres.

Le Kou de Koeur : Le code

J’aurais pu mettre plein plein d’autres titres tant j’ai aimé cet album, probablement l’album de l’année (top 3 sûr et certain) : “Tokarev”, “Prêt à partir”, “Bénéfice”, “Facile”, bref plein de morceaux sont excellents. Mais celui-ci est plus fort que tout : la prod de Pyroman, dont la patte est si reconnaissable, permet à SCH d’aborder un autre style que le kickage habituel, et je vous garantis que ce refrain va vous hanter. SUR LE RIVAAAAAAAGE

 

 

Ma version des faits – Infinit’

Un des rappeurs français qui mérite bien davantage d’exposition, Infinit’ surfe sur une certaine vague en cette rentrée 2018. Après une participation remarquée sur l’album d’Alpha Wann et une invitation au Red Bull Music Festival où il a pu poser sur une prod de Harry Fraud, voici son nouveau projet.

J’ai découvert Infinit’ un peu sur le tard, et grâce à son excellent EP “NSMLM” sorti l’an dernier. Infinit’ vient du 06, de Nice, ce qui s’entend un peu quand il rappe, tu vois le délire zin. Il fait partie du label DBF (D’en Bas Fondation) avec ses acolytes Veust et Barry entre autres (j’en profite pour vous conseiller les derniers morceaux de Veust, rappeur hors pair). Bref, Inifinit’ ce qu’il sait faire c’est rapper, pas des zumbas. Sa plus grande référence c’est les Diplomats, et en particulier Cam’ron, d’où les schémas de rimes employés par le niçois dans la plupart de ses morceaux.

Passée cette introduction, plongeons-nous dans sa version des faits. Projet très court (8 titres et une vingtaine de minutes), il n’en reste pas moins que le niçois n’a rien perdu de ses punchlines percutantes et de son efficacité. On se situe ici dans la droite lignée de NSMLM même si on sent encore les progrès effectués. A la manière d’un “Laisse-nous” sur le projet précédent, Infinit’ s’autorise à employer l’autotune et les refrains chantés comme dans “La recette”. Ce morceau est d’ailleurs en collaboration avec Veust et Barry, et cette combinaison s’avère bien plus efficace que celle avec Caballero et JeanJass. Avec les belges, on a évidemment droit à un morceau sur leur plante préférée, ce qui paraît limité même si Infinit’ montre l’étendue de son talent d’écriture.

L’écriture justement parlons-en. C’est ce qui différencie Infinit’ des autres rappeurs : il rivalise d’ingéniosité sur tous ses morceaux, que ce soit sur le fond ou sur la forme. Sur la forme, on va avoir droit à des morceaux rythmés par des allitérations et assonances qui varient sur tout un couplet sans perdre le fil (“Saint-Exupéry”, désolé pour le cours de français) ou l’emploi de formules bien particulières sur ce splendide banger qu’est “Tout le faire Gang” (référence au “MOULT” du refrain, évidemment). Mais sur le fond, Infinit’ innove également quand on compare avec “NSMLM”. Il nous sort pour la première fois un story-telling impeccable de bout en bout sur “Djibril”, dont on regretterait presque la courte durée.

“Échec et mat, plaque diplomatique, j’écoute Diplomats sous Diplomatico”

Tout le faire Gang – Un des nombreux exemples de l’écriture si particulière d’Infinit’

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Mon seul regret est de ne pas en savoir plus sur lui, autrement que par les interviews. Comme Alpha Wann ou Hamza (deux registres très différents certes), Infinit’ gagnerait peut-être à se livrer davantage comme les deux autres l’ont fait sur leur dernier album respectif (“Une main lave l’autre” pour Alpha et “1994” pour Hamza). Mais étant donné ses grandes qualités d’écriture, je n’ai aucun doute qu’il le fera à merveille et j’ai hâte de l’entendre sur un format plus long.

Le Kou de Keur : Saint Exupéry

J’ai beaucoup beaucoup écouté “Tout le faire gang” parce que c’est un banger plus abordable et que j’ai une passion pour le refrain. Mais le premier couplet de “Saint-Exupéry” m’a foutu une claque quand je l’ai entendu pour la première fois et j’espère qu’il en sera de même pour vous.

 

 

 

Bonnes écoutes les chefs

 

Être un auditeur de rap en 2018 (part.2)

Curiosité et expérience d’auditeur

Depuis la première partie, je vous ai laissés avec un suspens insoutenable. Depuis vous n’avez pas pu dormir, je le sais bien. Je vais vous soulager en vous livrant mon analyse un peu plus personnelle et poussée que la dernière fois : si ça vous a intéressé, n’hésitez pas à m’en faire part, je serai ravi qu’on en discute !

C’est quoi être curieux ?

Venons enfin à cet attribut essentiel qu’est la curiosité. Selon moi, il s’agit là de votre meilleur allié en tant qu’auditeur de rap en 2018. Je suis très conscient qu’il est parfois compliqué de sortir de votre zone de confort, et j’en ai été la première victime. Pour illustrer mon propos, laissez-moi vous conter mon parcours d’auditeur de rap sur les 5-7 dernières années. En dehors des tubes que tout le monde a entendu, type Sexion d’Assaut en 2008-2009 ou “Stronger” de Kanye, j’écoutais quasi pas de rap avant 2010.

J’ai commencé par les premiers albums de Kid Cudi (ses deux premiers albums et sa toute première mixtape, que je vous conseille encore vivement aujourd’hui). A cette époque, j’ai beaucoup de mal avec le rap français, qui vit d’ailleurs encore ses années de galère. Puis vers la fin de mon lycée je découvre Kendrick Lamar qui vient tout juste de sortir “good kid, m.a.a.d city”, son premier album (en tant qu’artiste signé) absolument exceptionnel.

Enthousiasmé par ces découvertes, je commence alors (en 2013) à me faire mon éducation d’auditeur du rap : Eminem, Notorious B.I.G., Tupac, Nas, Wu-Tang Clan, entre autres. Donc plutôt des anciens, plutôt des 90’s, toujours des américains. A cette époque, je privilégie d’ailleurs la East Coast quand je vais “digger” car plus intéressé par les textes que par la musique en tant que telle : une de caractéristiques de la East Coast des années 90 est justement des productions très froides avec beaucoup de sampling, laissant la part belle au texte. Progressivement je m’ouvre à des légendes françaises, Oxmo Puccino et IAM en tête. Ces artistes m’ont été plus faciles à aborder car ils reprennent les codes américains qui me plaisaient : l’importance du texte et de l’écriture, parfois au détriment d’une certaine musicalité (évidemment je généralise mais vous voyez l’idée).

On arrive donc tranquillement en 2015, une année phare pour le rap français que je ne me prends absolument pas, même si je commence à m’ouvrir à certains artistes grâce aux découvertes Spotify. Car comme tout auditeur qui intellectualise tout un peu trop, je n’adhère que très peu à l’autotune et à la trap ou la drill qui prennent pourtant de plus en plus d’ampleur : l’important serait les textes et la musique qui l’entoure est secondaire, même si des petits samples de soul font toujours plaisir.

A cette époque, je suis étranger à Kaaris, Young Thug, Future, Waka Flocka Flame ou encore Chief Keef. Ce n’est donc que ces trois dernières années que je suis de plus près l’actualité rap (et encore, je n’ai pas commencé tout de suite) et que je me suis progressivement ouvert à ces artistes. Cette transformation a eu lieu car j’ai été en mesure d’être plus sensible à la musique dans son ensemble et en découvrant des artistes et des genres par divers moyens : les séminaires “La Plume et le Bitume” d’abord, puis récemment “La Sauce” et autres “No Fun”.

Avant les douze derniers mois, je n’avais pas écouté du Jeezy, des albums emblématiques d’Outkast ou même les deux premiers PNL. Aujourd’hui, je peux passer de Cam’ron et les Diplomats aux (anciens et récents) albums de Kanye West, entrecoupés de Dinos, Hamza, Kekra, Infinit’, Alpha Wann ou Gunna, le tout saupoudré par les derniers Koba la D, 13 Block, SOB x RBE ou SIIMBA LIIVES LONG.

Mais pourquoi je vous étale ma vie comme ça ? Parce que je trouve justement que mon parcours d’auditeur est celui de quelqu’un qui n’était pas habitué au rap, qui a dû s’approprier la culture et la musique en utilisant des ressources variées. Je ne dis pas que j’ai raison, très loin de moi cette pensée quand je me rappelle de mon jugement sur certains artistes (positif ou négatif d’ailleurs). Mais cela montre qu’il est possible de s’intéresser et de comprendre cette musique grâce à toutes les ressources disponibles. L’important, et même l’essentiel, est la curiosité et l’ouverture. Il faut être capable de se dire “J’ai entendu parler d’untel, et si j’écoutais un peu pour voir ce que ça donne ?”.

C’est une démarche qui n’est pas toujours facile et qui peut demander du temps, car sortir de sa zone de confort est loin d’être aisé. Je pense aussi qu’il faut connaître certains albums mythiques qui ont façonné cette musique comme des “Illmatic” de Nas ou “The Blueprint” de Jay-Z, entre autres. Des artistes plus confidentiels vous seront alors peut être plus faciles à aborder car vous aurez certaines balises et références en tête. D’où l’idée de retracer mon parcours avec la playlist ci-dessous qui pourra vous donner des pistes pour faire de nouvelles découvertes. Précision : je n’ai pas tout mis donc il peut y avoir des absents surprenants comme Drake, Migos, Ninho, 50 Cent, Niska, Idéal J ou encore 113 – sachez que c’est volontaire pour ne pas avoir une playlist encore plus longue qu’elle n’est déjà.

 

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Une évolution classique ?

Pour aller plus loin

Maintenant qu’on a fait face à l’offre et qu’on a fait des choix, prenons un peu de recul et analysons ce que vit concrètement un auditeur de rap en 2018.

On l’a déjà évoqué, un des avantages de notre belle époque et de l’essor actuel du rap en France est qu’on a énormément de choix, avec une simplicité de diffusion et d’écoute sans pareille. Mais est-ce que cette simplicité ne dessert pas la musique ? Du côté des artistes, le risque est qu’on oublie trop vite leur musique d’où leur volonté d’occuper le terrain. En France, les exemples récents de Dinos ou S. Pri Noir montrent néanmoins qu’il est possible d’avoir un succès (d’estime ou commercial) après des années de discrétion avec très peu de nouveaux morceaux ; l’album “Imany” de Dinos est d’ailleurs splendide, probablement mon album favori de l’année. On pense aussi à PNL qui a réussi à cultiver sa discrétion pour en faire un atout véritable de communication. Mais pour les auditeurs, c’est également un piège : il faut savoir être parfois patient face à des artistes qui prennent leur temps tout en maintenant son exigence.

On est sans cesse confronté à un flux de musique avec tout ce qui l’entoure (médias, interviews, analyses, réseaux sociaux, etc.) alors qu’il faut forcément plusieurs écoutes pour réellement apprécier un projet et comprendre la démarche qu’il y a pu avoir derrière. Certes, certains albums ont pour objectif d’être des succès commerciaux et ne chercheront pas aussi loin que des “Une main lave l’autre” (Alpha Wann) et autres “God Level” (03 Greedo). Il faut donc savoir prendre le temps, ce qui est toujours délicat vu le rythme des informations. Cet aspect est bien illustré par la multiplication des formats de “première écoute” où des gens se filment en train d’écouter pour la première fois (d’où le nom, on est surpris) des morceaux ou des albums. L’analyse est alors instantanée et le jugement très tranché alors qu’il m’est arrivé plus d’une fois de retourner ma veste au bout de plusieurs écoutes car je commençais à comprendre où voulait en venir le rappeur.

 

On en revient à Eminem. Un de ses reproches principaux à la nouvelle génération est de se prendre moins la tête quant aux textes et qu’ils ont d’une certaine manière dénaturé le rap. Le moi de 2015 aurait sans doute été d’accord mais je pense aujourd’hui que Slim Shady se trompe (et d’ailleurs il fait appel à des producteurs de la nouvelle génération comme Tay Keith ou Ronny J pour “parodier” des tubes comme “Look Alive” en reprenant le même flow). Certes, le rap représente la majorité des tubes aujourd’hui et est donc moins compliqué d’un point de vue technique qu’avant.

Mais cette simplicité n’est qu’apparente. Médine, qui a commencé dans les années 2000, a expliqué qu’il était plus difficile pour lui d’écrire un texte type “trap” en comparaison à un morceau fleuve de 6-7 minutes. Pour lui, le trap demande d’être beaucoup plus efficace dans le propos en simplifiant l’écriture tout en maintenant le sens de la formule. Pour un auditeur, il peut donc être plus compliqué de comprendre où veut en venir un rappeur qui fait de la trap qu’un autre dont le propos s’étend sur de longues minutes, si bien qu’on peut parfois en perdre le fil (un peu comme cet article avouez). Alors évidemment, tous les morceaux ne sont pas aussi compliqués et on peut juste parfois avoir envie de devenir fous sur “Deadz” de Migos ou “Mo Bamba” de Sheck Wes, de s’envoyer un petit “Tchikita” de Jul, de faire du collé-serré sur du Kalash, tout en battant son record de pompes motivé comme jamais par ce cracheur de feu qu’est Siboy.

 

Oui, d’accord c’était long et pas vraiment un guide ultime de l’auditeur de rap de 2018. Mais je voulais donner mon ressenti car de plus en plus de gens écoutent du rap mais n’en saisissent pas toujours la richesse et la complexité, ce qui peut engendrer des polémiques comme on le voit régulièrement.

Mon conseil final : restez curieux, on est jamais à l’abri de découvrir des pépites et n’écoutez pas pour vous donner un genre mais parce que ça vous plaît et que ça vous touche. Et peut-être que bientôt ça sera passé de mode et on essaiera de transmettre cette musique à la génération suivante qui crachera dessus. Je n’y crois pas. Le rap est une musique en perpétuelle évolution, qui se renouvelle sans cesse et dans laquelle tout le monde peut y trouver son compte, de Orelsan à Niska, de Lucio Bukowski à Booba, de 6ix9ine à Jay-Z, de XXX Tentacion à Mac Miller (double RIP).

Le rap d’aujourd’hui ne ressemble déjà plus à celui d’hier ou d’avant-hier, et celui de demain sera forcément encore différent, et apportera la pierre à ce magnifique édifice.

Vendredi Sorties #16

Bonjour à tous et bienvenue pour cette seizième édition des Vendredi Sorties. Comme toutes les semaines, le Y-Grec te récapitule les sorties rap/r&b de la semaine, en France et aux US. Et on peut dire que ça n’a pas chômé !

En France

Après un mois d’octobre bien rempli, des nouveautés attendues arrivent de partout :

Projets

Pas moins de cinq sorties de projets cette semaine, la plupart pour prolonger l’été :

  • On commence bien évidemment par la reine des charts (oui c’est une expression insupportable) qui sort son deuxième album. Je parle bien évidemment d’Aya Nakamura qui a déjà régné sur l’été avec son tube “Djaja”. Même si vous ne l’écoutez pas, vous ne pourrez pas passer à coté de “Nakamura” porté par des singles comme “Djadja”, “Copines” et un featuring surprenant avec Niska :

  • Annoncé pour le début de l’année puis repoussé, Gringe sort enfin son premier album. L’acolyte d’Orelsan dans les Casseurs Flowteurs a enfin décidé de sauter le pas et livre “Enfant Lune”. Tout n’est pas parfait, mais ça mérite quand même d’y jeter une oreille. A noter le feat avec Orelsan, Vald et Suikon Blaz AD (qui font mieux que Gringe sur ce son mais bon) :

  • Protégé de Sofiane, porté par des singles efficaces (grosse mention à “Guérilla”), Soolking arrive avec son premier album intitulé “Fruit du démon”. Si vous ne le connaissez pas, sachez qu’il est capable de faire plus de 3 millions de vues sur son dernier clip en moins de 24h, et que sa marque de fabrique est d’inclure ses racines algériennes dans sa musique. Bref, allez l’écouter, ça a le mérite d’être original et efficace :

  • Pour continuer dans les projets qui ne sont pas tout à fait du rap, Fally Ipupa sort un nouveau double album. Avec lui, c’est l’Afrique et plus précisément son Congo natal qui sont à l’honneur. De quoi bien prolonger l’été pendant 3h31 à l’écoute de ses 31 (!) titres :

  • On finit sur du moins estival mais tout aussi qualitatif avec Grems. Après la sortie de son album “Sans titre #7” plus tôt dans l’année, il lâche un nouvel EP intitulé “7 sans le titre”. Toujours plein de tentatives et différent de ce qu’il se fait dans le rap français, le vétéran ne semble pas prêt de s’arrêter :

 

Singles / Clips

Pas beaucoup de singles cette semaine, un peu le creux de la vague avant un gros mois de novembre :

  • Fort d’un des tous meilleurs albums de l’année (sans doute le meilleur), SCH clippe “Le code” (produit par Pyroman), extrait de “JVLIVS” sorti la semaine dernière. Quel son incroyable, une seule chose à dire —> SUR LE RIVAAAAAAAAAGE :
  • Mes suisses préférés sont de retour et en duo cette fois ! Slimka et Di-meh signent un banger incroyable avec “A PLUS, A CIAO” qui mettra le feu sur scène à coup sûr :
  • Alkpote poursuit la saison 3 des marches de l’empereur. Toujours placé sous le signe de la saleté, voici “Mauvais” :
  • Je pense que Booba a décidé de lâcher un couplet sur toutes les zumbas qui passent jusqu’à la fin de l’année. Cette fois, c’est avec Bramsito sur “Sale mood” :

  • Georgio change de style sur le single “J’en Sais Rien”. Une tendance qui se retrouvera sur son prochain album ? :
  • On finit avec un énorme son issu du Planète Rap de Soolking cette semaine. Il s’agit de Heuss l’enfoiré avec “L’enfoiré” (on l’avait pas vu venir). Très très hâte d’entendre la suite de la part du rappeur du 92 :

 

Aux US

Aux Etats-Unis, c’est un des vendredis les plus chargés de l’année. Tellement d’albums qu’on ne sait plus où donner de la tête, surtout avec de tels rappeurs :

Projets

Pour les projets, la liste est longue comme le bras, il va falloir choisir :

  • Après Quavo, un autre Migos sort son album solo et il s’agit de Takeoff. Sans doute finalement le plus fort des trois (enfin tout se discute), “The Last Rocket” est redoutable. Pas que des bangers, on y retrouve de tout sur des prods de qualité et un Takeoff qui plane sur tous les morceaux. Mon préféré pour l’instant ? “Casper”. Mais tout est bien, c’est à écouter :

  • Une surprise en ce vendredi, comme si ce n’était pas suffisamment chargé ! Metro Boomin sort un nouvel album de producteur (comme un plus ancien dont on parlera après). Ne vous fiez pas à la pochette, même si l’album est effectivement explosif avec des apparitions de Travis Scott, 21 Savage (le meilleur sur l’album), Offset, Gunna, Young Thug, Drake, Gucci Mane, Swae Lee et autres Kodak Black (rien que ça !). Le producteur continue de progresser en utilisant davantage de samples qu’auparavant sur ce “NOT ALL HEROES WEAR CAPES”. A écouter d’urgence :

  • Vince Staples signe son retour avec “FM!”. Un album court et dense de 22 minutes construit comme un show radio (de ce que j’en ai compris), des productions incroyables de Kenny Beats (un de mes producteurs préférés aujourd’hui) et des featurings dans tous les sens (Ty Dolla $ign, Kehlani, E-40, Jay Rock, Earl Sweatshirt et j’en passe). A nouveau, projet de qualité :

  • J’en parlais pour Metro Boomin, un autre producteur majeur sort un album en ce vendredi. Mais cette fois c’est le vétéran Swizz Beatz, producteur new-yorkais emblématique ayant notamment collaboré avec DMX, Beyoncé ou encore LL Cool J, qui sort “POISON”. On y retrouve (tenez vous bien) : Lil Wayne, Kendrick Lamar, Pusha T, Nas, Young Thug, 2 Chainz et autres French Montana (pour ne citer que les plus connus). Bon et le titre avec Pusha T est dément. Encore une fois, vous ne pouvez pas passer à coté :

  • Sorti pendant la semaine, un nouveau projet collaboratif. Sauf que cette fois il ne s’agit pas que de deux rappeurs comme Lil Baby et Gunna récemment, mais carrément de deux rappeurs et un producteur sur “Fetti” : Freddie Gibbs, Curren$y et The Alchemist. Résultat ? Deux rappeurs en très grande forme sur des prods de qualité, et ce pendant 23 minutes et 9 morceaux :

  • Autre sortie dans la semaine, plus discrète mais d’un rappeur extrêmement influent. Chief Keef a lâché la mixtape “Back from the Dead 3” pour Halloween. Moins d’impact que ses projets précédents, mais il est encore très jeune (23 ans…) et talentueux :

  • Dans la foulée de sa rupture de collaboration ave Vice, le rappeur (et ex-chef, faut-il le rapper) Action Bronson revient avec White Bronco. Encore une fois, un projet assez court (11 titres et 26 minutes) donc pas d’excuse pour ne pas écouter ce que nous a concocté le new-yorkais :

  • On part cette fois du côté de Memphis avec Moneybagg Yo. Vous ne le connaissez sans doute pas mais des invités prestigieux sont à découvrir sur “RESET” comme J. Cole, Future, Kodak Black ou Jeremih. Si vous avez encore du temps cette semaine :

  • On reste à Memphis pour l’EP de Blocboy JB. Le créateur de la Shoot Dance (encore en conflit avec Fortnite) travaille toujours avec Tay Keith (un des producteurs de l’année) et propose également des featurings avec Lil Uzi Vert et HoodRich Pablo Juan sur “Don’t think that” :

  • On finit par New York et un vétéran toujours plus actif. 4eme projet de l’année pour Styles P (sans compter sa collaboration avec Dave East). Si vous aimez les ambiances sombres et sales du Queens et du membre de The Lox, alors “Dime Bag” est fait pour vous :

 

Coup de coeur de la semaine

Une mention aussi à mon coup de coeur de la semaine : Roddy Ricch. Fort de l’excellent single “Die Young” produit par London on Tha Track, il sort “Feed The Streets II”, qui fait suite au premier volume sorti l’année dernière. On sent l’influence de Young Thug dans cet opus :

 

Singles / Clips

Si avec tout ça vous avez encore le temps pour quelques singles, sachez que vous allez être servis :

  • On commence avec l’écurie TDE et deux de ses plus emblématiques représentants : Jay Rock, qui remixe son banger “WIN” en invitant Snoop Dogg, et Schoolboy Q, qui apparaît sur “Kill ‘Em With Success” aux côtés de Eearz et 2 Chainz sur une prod de Mike WiLL :

  • On continue avec New York. Et comme souvent, on a des anciens qui montrent qu’ils sont toujours présents (Method Man avec Redman et Slick Rick, qui nous ressort un son inédit de 1985 quand même) et des plus récents qui continuent de performer (Flatbush Zombies) :

  • On finit avec Londres et une double dose de Skepta, qui sera en concert à Paris le 4 décembre prochain pour le bonheur des fans de grime :

 

L’instant sucreyy

Du côté du r&b, un projet qui fait plaisir et des singles en passant :

  • Le projet est signé H.E.R, rappeuse/chanteuse très talentueuse. Elle sort le deuxième volet de “I Used To Know Her”, un EP de 8 morceaux doux comme la soie. Si vous avez envie d’un peu de douceur pour faire face à toutes ces sorties, vous savez où aller :

  • Trey Songz s’associe à Ty Dolla $ign et Tory Lanez sur “Shootin Shots”. C’est sur la lancée des sorties de ces deux derniers, un bon morceau de R&B à l’ancienne qui saura vous ravir :

  • On vous en parlait la semaine dernière, ils ont cette fois sorti un clip. Je parle bien sûr de Ty Dolla $ign et Jeremih qui ont sorti le très beau clip de “Goin Thru Some Thangz”. Une raison de plus d’écouter leur projet commun :

         

 

A la semaine prochaine les chefs

          

 

1UP : un vrai collectif de graffiti

Lorsque je suis retourné à Berlin après plusieurs années sans y être allé, un aspect de la ville (enfin certains quartiers) m’a de nouveau frappé : je ne crois pas qu’il existe une ville en Europe, voire au monde, aussi graffée que la capitale allemande. Dans le quartier de Kreuzberg notamment, quasiment aucun bâtiment n’est laissé vierge. A la différence d’autres villes, le graffiti et le tag sont encore très présents à Berlin, bien davantage que le “street art” qui est devenu davantage conventionnel (par “street art”, je sous-entends les fresques murales dont le côté esthétique est difficilement réfutable).

Parmi ces graffitis, deux traits reconnaissables se distinguent : les graffitis des Berlin Kidz tout en verticalité et identifiables par leur calligraphie propre et les couleurs rouge et bleu utilisées, et ceux du collectif 1UP. C’est ce collectif, présent aujourd’hui partout dans le monde, que je voulais vous présenter.

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Toit à Berlin

Un collectif vandale et visible

Le collectif 1UP est fondé à Berlin en 2003 avec une ambition bien particulière dans le monde du graffiti : celle de ne mettre aucun de ses membres en avant. Initialement, les membres fondateurs avaient tous leur signature personnelle, puis ils se sont rendu compte qu’ils seraient bien plus efficaces et marquants s’ils décidaient de se regrouper autour d’un seul nom.

Le graffiti et le tag, par essence, sont des milieux individualistes où le but est de se mettre en avant en taggant ou en graffant son blase dans des endroits toujours plus visibles et toujours en plus grand. Mais 1UP s’affranchit de cette logique, et même de par son nom : 1UP signifie “1 United Power”. A ses débuts, le collectif est très connu pour ses actions coup de poing et devient emblématique dans la scène vandale. Leur emplacement préféré ? Les trains de Berlin, que ce soient les métros ou les S-Bahn (équivalents de nos RER). Un exemple : les voici en train d’arrêter un train pour repeindre entièrement un wagon, le tout en un minimum de temps.

 

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S-Bahn (train) à Berlin

A la manières des graffeurs des métros de New-York des années 70-80, leur but est d’être le plus visible possible et les trains sont toujours le meilleur moyen d’accomplir cet objectif. Mais le collectif ne s’arrête pas là et n’hésite pas à investir également les stations de métro et la rue. Ils trouvent d’ailleurs là leur terrain de jeu favori : afficher le blase du collectif sur les toits. La prouesse devient alors athlétique puisqu’il faut toujours aller plus haut afin d’être visible par tous et pour montrer une forme de supériorité.

Les techniques employées sont diverses : le but n’est pas juste d’être haut mais d’être grand et visible. Ils n’hésitent donc pas à utiliser des extincteurs au lieu des sprays classiques afin d’être plus efficace dans les actions coup de poing menées. Sur la vidéo ci-dessous, tournée à Athènes, cet aspect de la prouesse physique et du placement se vérifie à nouveau : les 1UP veulent être vus partout dans la ville et n’hésitent jamais à innover et prendre des risques.

Une présence internationale

En regardant leurs graffitis et si vous êtes curieux et habitués à lever la tête pour observer les murs parisiens, vous avez pu vous demander : “Pourquoi est-ce que ce sigle m’est aussi familier ?”

C’est très simple : le collectif 1UP est sans doute le collectif de graffiti le plus international à l’heure actuelle. Du fait qu’aucun membre du collectif ne soit identifiable, ils peuvent souvent voyager sans être reconnu et aller recouvrir des nouveaux endroits. Voilà pourquoi vous pouvez voir leur sigles sur certains immeubles parisiens (il faut juste lever la tête !) voire sur certaines rames de métro ci-dessous (ils en reviennent toujours à leurs premiers amours).

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Métro à Paris

Mais les 1UP ne se limitent pas à l’Europe, et sont allés plusieurs fois à la conquête de l’Asie, notamment Bangkok ou encore Bali, ou de l’Amérique latine, que ce soit Sao Paulo ou Cuba. Ils expliquent dans une interview qu’ils n’ont pas toujours d’objectif précis et qu’ils décident parfois de tagger ce qu’ils rencontrent, sans l’avoir anticipé auparavant. Les voici ainsi en Asie du Sud-Est, à peindre en Malaisie et Indonésie.

Pourquoi un tel collectif est important aujourd’hui ?

On pourrait se poser la question de l’existence d’un tel collectif à l’heure actuelle. En effet, les 1UP restent majoritairement vandales et ont donc toujours le risque de se faire arrêter, alors que le street art est désormais bien accepté dans la société et même dans les galeries. Il s’avère qu’ils ont eux mêmes eu une exposition solo pour les 10 ans du collectif à Berlin, constituée de photos et d’installations vidéos. Ils n’ont donc pas forcément un a priori négatif sur la commercialisation du graffiti et du street art (ils ont même sorti un livre) et ne dénigrent pas le street art (comprendre ici “fresques murales”).

Mais des différences fondamentales existent entre l’action de collectifs comme 1UP ou Berlin Kidz et les oeuvres de certains street artists. Comme expliqué dans une interview, les 1UP estiment qu’une certaine forme de street art n’a pas le droit au “respect” car elle peut être utilisée pour reprendre le contrôle d’un mur qui servait à des vandales. Dans ce cas, l’esprit initial du graffiti et du tag est bafoué puisque ces artistes vont recouvrir des taggeurs et graffeurs implantés dans le milieu vandale depuis des années.

1UP se démarque également de l’individualité propre au graffiti et au tag. Ici, tous les membres du collectif sont égaux, du fondateur au dernier arrivé, et aucune différence n’est faite. En interview, il n’est d’ailleurs pas possible d’identifier les fondateurs car l’important est davantage d’avoir un impact que de se mettre en avant de façon personnelle. En collaborant au sein d’une même bannière, les 1UP sont capables d’atteindre des endroits inimaginables et d’avoir des placements toujours plus originaux. Pour preuve, lors de mon récent voyage au Sri Lanka, voilà ce sur qui je suis tombé le long d’une voie de chemin de fer…

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Voie de chemin de fer à Ella (Sri Lanka)

Voilà pourquoi j’estime que les 1UP ont une place à part dans l’ère actuelle du graffiti et du street art : certes des graffeurs vandales existent partout et il n’est pas impossible que certains se réclament du crew sans en faire partie, mais je trouve qu’aucun n’a la force de frappe de ce collectif. Leur exploit est d’être resté fidèle à leurs valeurs depuis 15 ans et d’être en constante innovation et recherche de nouveaux endroits à graffer. Leurs prouesses techniques et athlétiques sont d’autant plus impressionnantes qu’il ne faut pas oublier que la majorité d’entre eux a un travail la journée et qu’ils effectuent leurs actions coup de poing la nuit et de façon illégale.

Bref, levez les yeux, et vous serez surpris de voir les placements audacieux des 1UP ou d’autre graffeurs, de Paris à Bangkok, de Berlin à Sao Paulo.

 

Sources :

 

 

 

 

 

 

Être un auditeur de rap en 2018 – Part.1

Analyse de l’offre et des choix à faire

Pourquoi cet article ?

En août dernier, Eminem faisait son retour surprise avec « Kamikaze ». Album n°1 dans de nombreux pays, tout le monde en parle pour la qualité d’écriture et de la technique du rappeur de Detroit, qu’on n’avait pas entendu comme ça depuis pas mal d’années. Intrigué, je me mets à écouter cet album assez court et dense et tout de suite, quelque chose frappe : Eminem tape sur tout ce qui bouge, aussi bien des rappeurs, que des journalistes qui l’ont critiqué à la suite de son précédent (et moyen) album « Revival ». Dès lors, je suis fasciné de voir que cet album fonctionne si bien alors que son thème central (10 morceaux sur 13) est « Je suis toujours aussi fort, vous auriez pas dû me critiquer, je vais vous montrer ce que je vaux ».

Pour un mec aussi ancien dans le milieu, je suis curieux de voir qu’il est autant affecté par les critiques de gens du milieu (on pense à Joe Budden, ancien rappeur qui animait « Everyday Struggle », un podcast très écouté aux US) que par celles du public. Evidemment qu’auparavant le public avait déjà un rôle essentiel pour déterminer si un album marchait ou non, mais aujourd’hui, ce rôle semble avoir pris une ampleur inédite : aujourd’hui, les auditeurs ont vraiment le pouvoir ! Alors plutôt que de faire un énième article sur l’importance du streaming dans l’industrie musicale et notamment le rap (genre musical qui est de loin le plus streamé), je voulais écrire sur nous, vous, moi, tous ces auditeurs qui font la musique.

On peut avoir l’impression de se perdre face à l’étendue de l’offre actuelle. Je ne parle pas simplement de la musique en elle-même mais de tout ce qui l’entoure : clips, émissions, podcasts, interviews. Voici donc mon petit guide de l’auditeur de rap en 2018.

Faire face à l’offre

Si vous suivez un peu l’actualité rap comme on le fait à la rédaction du Y-Grec, vous remarquez qu’il ne passe pas une semaine sans que des nouveaux albums ou singles sortent. On ne parle pas ici d’artistes moins connus, mais même des gros vendeurs rap de l’industrie. Les rappeurs doivent occuper le terrain car ils craignent d’être oubliés du public s’ils ne le font pas. Alors évidemment il existe des contre-exemples et on y viendra, mais ce constat est valable pour la majorité des artistes aujourd’hui. En tant qu’auditeur, si on est curieux, on a souvent envie de tout écouter, que ce soit pour découvrir de nouveaux artistes ou simplement pour suivre l’actualité.

Néanmoins, face à cette multiplicité des sorties, il est bien souvent compliqué de s’y retrouver et il faut être capable de prendre du temps, surtout lors de découvertes d’artistes nouveaux. Pour s’y retrouver, un de mes conseils serait de suivre des médias ou des journalistes/influenceurs sur Twitter, ou évidemment de lire les articles de notre splendide site. Je parle évidemment des Vendredi Sorties, préparés soigneusement chaque semaine par notre rédaction. Ces articles illustrent d’ailleurs assez bien mon propos car ils nous demandent d’être au courant d’un maximum de sorties et de nouveautés chaque semaine.

Comme je le disais, pour faire face à cette offre, il faut être capable de prendre du temps. Ce constat est d’autant plus valable quand on regarde la longueur des albums aujourd’hui. Ce n’est un secret pour personne, les albums des gros vendeurs sont de plus en plus longs afin de booster leurs revenus liés au streaming. On peut penser à « Culture II » de Migos (24 morceaux et 1h45), « Scorpion » de Drake (un double album de 25 morceaux et 1h30) ou « SR3MM » de Rae Sremmurd (carrément un triple album ! – 27 morceaux et 1h41).

En tant qu’auditeur, ce n’est pas forcément un problème, beaucoup d’albums mythiques de l’histoire du rap sont particulièrement longs (« All Eyez on Me » de Tupac est un double album, tout comme les deux albums de Notorious B.I.G.). Le souci vient davantage de la cohérence de tels projets qui donnent parfois l’impression qu’ils ont été conçus comme des playlists. Drake ne s’en est d’ailleurs pas caché, qualifiant « More Life » de playlist, et non d’album ou de mixtape. Une question s’impose alors : comment être sûr que le temps alloué à chaque projet n’est pas du temps perdu et qu’on pourrait juste écouter quelques titres ici et là ?

Les plateformes de streaming permettent justement cette flexibilité. Plus besoin d’acheter un CD ou même de télécharger (on l’a tous fait, ne faites pas les effarouchés), tout est accessible instantanément. On pourrait croire que j’enfonce ici une porte ouverte, mais il faut se rendre compte de la véritable révolution permise grâce à ces plateformes. En tant qu’auditeur, la liberté est absolument totale : on peut passer d’un artiste à l’autre à l’envie, ne sauvegarder que les meilleurs morceaux d’un projet ou encore créer de toutes pièces des playlists.

De plus, les algorithmes de découverte sont devenus réellement performants et permettent de découvrir de nombreux artistes peu connus en concordance avec vos goûts et vos écoutes précédentes. Pour un auditeur assidu, ces plateformes sont réellement un luxe indéniable et ont même renversé le jeu de pouvoir qui pouvait exister dans l’industrie musicale. Les auditeurs font complètement leur choix et peuvent choisir de plébisciter un morceau que n’avait pas forcément prévu l’artiste. Le meilleur exemple étant « Mask Off » de Future qui n’était pas prévu comme le principale single de l’album « FUTURE » mais qui s’est retrouvé être le titre le plus écouté, et de loin.

Faire des choix

Toute la présentation précédente n’est pas anodine. Cet état des lieux permet d’arriver au cœur du problème actuel qui se pose aux auditeurs de rap (et de musique en général, mais ici on est sur le Y-Grec donc bon) : comment faire des choix ? Certes, cette question n’est pas nouvelle, loin de là. Mais comme tous les accès à la musique sont facilités aujourd’hui, elle devient encore plus cruciale. De la même façon, on pourrait se demander s’il faut tout écouter de ce qui sort aujourd’hui, et on y viendra.

Parallèlement à cette multiplication des sorties et à l’avènement du rap comme genre musical le plus populaire en France (à titre d’exemple, 6 des 10 titres les plus streamés en France en 2017 sont du rap) , on ne compte plus les médias qui couvrent l’actualité du rap ou qui proposent des analyses. Pour en citer quelques uns, je vous recommande « La Sauce » sur OKLM Radio, « No Fun » un podcast d’analyse poussée proposé par Binge Audio, les chaînes « Le Règlement », « LUMEUR » ou « Vox » (la série « Earworm ») sur YouTube, l’Abcdr du Son, Hip Hop Reverse, Booska-P, SwampDiggers ou encore YARD. Et encore, il ne s’agit que de quelques médias francophones (sauf « Vox ») parmi de nombreux autres ! Ils peuvent être d’une grande aide pour un auditeur peu aguerri pour faire face à la jungle des sorties actuelles.

Je ne dis pas qu’il faut suivre aveuglément l’avis de ces médias, mais ces vidéos, émissions et autres articles sont un excellent moyen de faire le tri, et même de découvrir des artistes peu connus. On pourrait alors se demander si le bouche à oreilles existe encore, et ma réponse serait : oui, évidemment. L’avis et les conseils de vos amis auditeurs sont encore et toujours une façon déterminante pour vous décider quant à votre écoute du jour ou de la semaine. Dans le prolongement de ce bouche à oreilles, je vous suggère de suivre certains journalistes rap sur Twitter : très souvent de bons conseils, si  vous êtes curieux.

C’est tout pour cette semaine, et c’est déjà pas mal. On se retrouve dans quelques semaines avec la seconde partie de ce guide, où je vous présenterai ma vision personnelle avec notamment mon parcours d’auditeur, en espérant que ça vous inspire !

 

Des liens utiles pour les plus curieux :

Médias :

YouTube :

Podcasts :

  • “La Sauce” de OKLM Radio – Disponible exclusivement sur Deezer (émission quotidienne avec chroniques et interviews)
  • “Roule avec Driver” de OKLM Radio – Disponible exclusivement sur Deezer (émission hebdomadaire avec anecdotes et présentation d’un thème/label/rappeur)
  • “The Undersiders” de Engle – Disponible sur toutes les plateformes (série en 8 épisodes sur les barons de la drogue ayant eu une influence sur le rap)
  • “No Fun” de Binge Audio – Disponible sur toutes les plateformes (émission hebdomadaire d’analyse sur une sortie ou un/plusieurs artistes, le plus souvent rap ou r&b)
  • “Grünt” de Radio Nova – Disponible sur toutes les plateformes (émission hebdomadaire d’interview et d’analyse sur un rappeur)
  • “Abcdr du Son” – Disponible sur toutes les plateformes (émission trimestrielle faisant le bilan du dernier trimestre rap US et français)
  • “SwampDiggers” – Disponible sur MixCloud (mix musicaux)
  • “Keep it Sample” – Disponible sur toutes les plateformes (émission mensuelle sur le sampling)