5 CONCERTS À NE PAS MANQUER À PARIS EN MARS 2019

Fraîchement revenu de vacances, le retour à la réalité est douloureux : temps claqué, estime de toi proche de zéro, épanouissement personnel à deux doigts de passer en négatif. Tu essaies de te convaincre que la perspective du retour de ta petite routine bien rodée et de ton état de presque-mort cérébrale t’emplit de bonheur, mais au fond on sait tous que tu ne penses qu’à une chose : te barrer le plus loin possible de ce bourbier. Ça tombe bien, parce que Paris accueille ce mois-ci un nombre indécent de concerts. De quoi t’offrir la petite bouffée d’air qui te permettra de survivre une journée de plus à cet enfer.

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END MY FUCKING SUFFERING

Pour te simplifier la tâche, le Y-Grec t’a sélectionné les 5 gigues à ne pas manquer en mars.

L’INCONTOURNABLE

DRAKE – THE ASSASSINATION VACATION TOUR // ACCORHOTELS ARENA – 13/15/16 MARS

2 ans après ses deux concerts d’anthologie à Bercy (non j’y étais pas j’avais un concours blanc à réviser J), Drake revient à l’Accor Hotels Arena en ce beau mois de mars. On sort son carnet et un stylo parce que ça sera le mercredi 13, vendredi 15 et samedi 16 mars 2019 seulement alors pour les derniers retardataires il est temps de prendre sa place. Il faudra compter aux alentours de 100 euros pour une place mais qui les valent largement selon moi (de toute façon tu les investiras pas mieux).

Le concert aura lieu à l’occasion de la tournée européenne de son dernier album  Scorpion. D’un point de vue personnel l’album est clairement en dessous de More Life qui m’avait fait vibrer du début à la fin mais on ne peut pas nier que le concert sera mythique vu les tubes qu’on retrouve dans Scorpion : In my Feelings (kiki challenge en live à prévoir ?), God’s Plan, Nice for What…

Plusieurs interrogations cependant autour de cette tournée :

• Comment va-t-il interpréter proprement Dont’ Matter to me, la collaboration inattendue avec le défunt Michael Jackson sans sa présence mythique sur scène ?

• Il y a deux ans, le public français avait pu se délecter de la présence de Rihanna ou encore de Nicki Minaj sur scène. Qu’en sera-t-il cette année ? Peut-on espérer voir Jay-/!\ débarquer sans prévenir ou encore les Migos avec qui Drake a beaucoup travaillé en 2018 ?

Ce sera donc LE concert du mois selon moi donc si t’as toujours pas pris ta place, kdo : Billetterie

CELUI DONT ON NE POURRA BIENTÔT PLUS PRONONCER LE NOM

CHILDISH GAMBINO // ACCORHOTELS ARENA – MERCREDI 27 MARS

Pas de panique, Donald Glover n’est pas atteint d’un cancer en phase terminale. Ce dernier a simplement déclaré considérer Childish Gambino comme un projet qui, comme tout projet, a un début ainsi qu’une fin. Avec 3 albums à son actif, il ne cache pas qu’il a prévu de sortir un quatrième et final album avant de ranger son alter ego au placard potentiellement à tout jamais. On peut donc faire le pari que ce sera un de ses derniers concerts en France. Stratégiquement donc, on ne pourrait que te conseiller de prendre ta place au plus vite.

Fort d’une période rap hyper aboutie avec notamment le merveilleux Because The Internetqui est construit comme une pièce de théâtre et qui fait partie de mes albums préférés de tous les temps, puis d’un virage vers quelque chose de plus jazz-funk avec son dernier album Awaken, My Love !, l’artiste semble réussir tout ce qu’il touche et compte même explorer un esprit plus punk dans son prochain projet. Bref, on a hâte de le voir enflammer Bercy.

« C’est en plein dans ma semaine de partiels », me diras-tu sûrement d’un air faussement désolé et factuellement tu n’as pas tort; mais je répondrais que parfois, il faut savoir faire des choix dans la vie. En tout cas moi j’ai déjà fait le mien. En plus, chose assez extraordinaire au vu du sold-out express de sa dernière date en France, il reste encore des places alors foooonce

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LES BONS COPAINS

THE INTERNET – HIVE MIND TOUR // BATACLAN – MARDI 19 MARS

Jusqu’à leur dernier album Hive Mind, les albums de The Internet sortaient sur le label Odd Future. Et comme tous les artistes qui gravitent autour de Tyler The Creator, The Internet c’est un groupe d’américain.e.s avec qui tu ne peux qu’avoir envie d’être potes. Ah, et ils font de la musique aussi.

Avec 4 albums à leur actif dont Ego Death, nommé aux Grammys dans la catégorie meilleur album urbain contemporain en 2015, The Internet mélange savamment le R&B, le jazz, le hip-hop, la funk et quelques influences de musique électronique et en profite pour embarquer son public dans leur philosophie de vie : celle de ne pas se prendre la tête. Malheureusement, le concert affiche déjà complet mais tu pourras trouver une place sur l’event Facebook si tu es vif.

On y va pour leurs rythmes chill, pour la voix envoutante de Syd, pour le plaisir de voir des instruments live ce qui n’est plus si évident dans un concert rap/RnB/n’importe quelle musique urbaine, et surtout pour pouvoir enfin passer un concert sans que Jonathan et Dimitri, lycéens qui ont séché leurs cours de la journée pour être placés tout devant, « là où ça pogote grave » selon leurs termes, n’en aient rien à foutre de ton espace vital et te bousculent avec leurs corps frêle et dégoulinant de sueur.

LE TONTON

ANDERSON .PAAK (& THE FREE NATIONALS) – ANDY’S BEACH CLUB WORLD TOUR // LE ZÉNITH – MARDI 12 MARS

Âgé de 33 ans, il semble plutôt malvenu de définir Brandon Paak Anderson comme un tonton. Et pourtant, celui-ci compte à son actif des collaborations avec notamment Dr. Dre et The Game sur leurs albums respectifs en tant que producteur, ainsi qu’avec une flopée d’artistes du même acabit. Ses albums persos Malibu et Oxnard ont été acclamés par la critique et transmettent un max degood vibes, bro. Pour cause, sa voix éraillée s’accorde merveilleusement bien avec ses instrus parfois rétro mais toujours catchy.

Coup de chance, il fait un arrêt par le Zénith de Paris sur la tournée de son groupe, The Free Nationals et comme pour The Internet, on parie sur le fait que tu auras suffisamment de place pour danser sans toucher tous les corps alentours. Et il reste des places !

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LE PRODIGE

 GEORGIO – XX5 // LE ZÉNITH – VENDREDI 15 MARS

L’homme de l’ombre commence à briller de son succès, et il est de retour sur scène après un an d’absence après la tournée de Héra sacré disque d’or. Il nous avait lâché son très bon album XX5 en novembre dernier qui lui a valu une nomination aux victoires de la musique dans la catégorie « album rap ». Georgio s’est créé son propre univers et ne cesse de nous surprendre en se réinventant au fil de ses albums (à mon plus grand regret parfois, nostalgie).

Bref vous le retrouverez le même soir que Drake le 15 mars 2019 au Zénith de Paris pour une ambiance plus intimiste. Va falloir faire un choix.

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BONUS : LE ROOKIE

SLOWTHAI // TRABENDO – DIMANCHE 24 MARS

slowthai (tout en minuscule), c’est d’après YARD « England’s next big thing ». C’est un des petits nouveaux de la scène rap britannique et son EP RUNT, sorti l’an dernier, a éveillé notre attention de par ses instrus inquiétantes et son flow tranchant aux influences grime. Il sublime le tout dans ses clips et nous offrent des regards emplis de folie qui nous font vachement penser à Denzel Curry quand il fixe la caméra un peu trop près de cette dernière.

Sa dernière collaboration avec Mura Masa, étonnante sur le papier, nous tient en haleine pour la suite.

Il nous fera l’honneur de se produire dans une des pires salles de Paris, celle où tu as une chance sur trois de ne rien voir de ce qu’il se passe sur la scène à moins de passer le concert sur la pointe des pieds, j’ai nommé le Trabendo. Bien sûr, ce problème n’existe pas quand on est au premier rang hihihi

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Ça y est, un sourire sincère s’affiche enfin sur ton visage. Ne nous remercie pas, ça nous fait plaisir.

Ils passent également à Paris en mars mais on vous laisse regarder ça de plus près de votre côté : Kamasi Washington, Nicki Minaj, Mick Jenkins, MadeinTYO, IAMDDB, Sopico.

Review US d’Octobre: Entre carrière solo et collabs

 

A lire avec la playlist du mois

 

Quel beau mois pour le rap US, que de sorties, pas de bagarres dans l’aéroport, pas de school shootings, TOUT VA BIEN AUX ETATS UNIS D’AMERIQUE. Ce mois-ci, mon choix de projet s’est articulé autour d’un sujet: Les collabs. En effet, on verra Quavo qui se lance tout seul dans un projet, on verra au contraire un projet entier entre deux nouveaux rappeurs. Et on verra aussi que c’est pas très évident de faire un projet commun.

 

QUAVO HUNCHO : Quavo de Migos

 

Qui ne connaît pas MIGOS? Exactement, le groupe est partout et tu sens leur impact sur une chanson sur laquelle ils posent. Et par la force des choses, tout membre de groupe qui se respecte (?) décide un jour ou l’autre de se lancer dans un projet en solo.

Quavo avait déjà essayé de s’émanciper de sa famille ( Ils ont des liens de sang oui), en sortant un album avec Travis Scott mais “ Huncho Jack” a vite été oublié.

Il faut admettre que Quavo a la voix la plus polyvalente du groupe, mais son travail se fait sentir surtout dans les feats. Mais cet album n’est pas anodin finalement. Déjà parce qu’il concentre les meilleurs artistes du moment ( Travis, Kid Cudi, Drake, Lil Baby, Cardi B, 21 Savage), mais aussi parce qu’il est ouf. Oui c’est subjectif mon grand, d’où l’appellation coup de coeur –’ . 

Bon, l’album fait 66 minutes pour 19 titres, et reste dans l’esprit des Migos. On y retrouve moult Ad Libs, marque de fabrique des Migos, et les instrus sont trappy as fuck.

Il faut cependant avouer que ses sons solos ne sont pas forcément meilleurs que ceux avec Migos. Mais il y’a quelques sons qui sortent du lot et qui sont imprégnés du flow de Quavo. Je parle de Lamb Talk, de Flip the Switch avec Drake, ou encore de Huncho Dreams où il reprend le célèbre refrain de Drake dans Feelings en parlant de Nicki Minaj. Oui oui, Nicki Minaj. Sur ce son il parle du fait qu’ils se plaisent entre eux et reparle du fait que Nicki ne veut pas être une baby momma sans être mariée.

Nicki (Nicki), do you love me? (Please)
Why you crying? (Why?)
She don't wanna be a queen unless she got me (Queen)
She don't wanna be on scene unless we married (On scene)

Le KOU DE KEUR :

PASS OUT feat 21 SAVAGE.

En 5 mots : “ Whoo, whoo, whoo , whoo ,whoo”. 21 savage pose comme un fou dessus, et Quavo s’occupe de la vibe, qui t’emmène dans un mood hyper calme avec sa vague de “skrrt skrrt” et autres “Yeeeeeeeees sir”

Va vite écouter ça, car comme dirait Quavo : “Beep, beeeeeeeep : Fuck it, dead line”

 

 

DRIP HARDER : Lil Baby, Gunna 

Personne ne les connaissait, maintenant personne ne peut les ignorer. Les Koba la D du rap US sont là et ils s’appellent Lil Baby et Gunna. Présentons les d’abord avant de parler de leur premier album.

 

Ces deux rappeurs, originaires d’Atlanta, sont les protégés de Young Thug, et ça se ressent dans leur flow. Ils ont commencé à se faire une place sur le Rap Game via quelques feats tel que: Life goes on de Lil baby, en feat pour la première fois avec Gunna justement et  lil uzi vert.

Leur synergie presque digne d’un couple a su surprendre à la sortie de “Drip too hard” qui fait bouger la tête d’un paraplégique. Mais cette synergie n’est apparemment pas innée. En effet, Lil baby n’était pas vraiment intéressé par le rap jusqu’à cette année, et Gunna, qui n’a que 18 mois de plus que le premier, a été une importante influence pour lui. Ils se sont en fait connus via la mort d’un ami commun puis Young Thug (qui a signé Gunna) a officialisé le duo.

Assez parlé des artistes, parlons de l’album: UNE TUERIE. Du renouveau sur la Trap Scene. Des flows a la Young thug, Quavo et Future réunis. De nouvelles lignes, de nouveaux Ad-Libs (gros suis un peu, c’est les petits sons en arrière plan jt’ai dit). Les sujets sont très faciles à cerner : Car d’après le titre de l’album: They DRIP HARDER, qu’on pourrait traduire par, euuh je sais pas en fait. Imagine t’as tellement de fric que ça dégouline de partout: bah c’est ça, ça “Drip too hard” .

LE KOU DE KEUR : 

Never Recover ft Drake:

Bien Sûr, le premier track sur lequel tu cliques c’est le feat avec Drake. Tu connais la recette, Drake = couplet de malade. Et le NEVER RECOVER n’en est pas une exception. Dès le premier couplet, celui de Drake justement, la force gravitationnelle autour de l’appareil qui te sert d’enceinte augmente exponentiellement, et avec elle le poids de ton crâne.

En effet, une étude scientifique a pu prouver que Goku, ou Kakarot de son vrai nom, se serait entraîné sur cette musique car sa capacité à multiplier la force gravitationnelle 10 fois lui aurait permis de devenir 10 fois plus fort.  

WRLD on Drugs : Future, Juice WRLD

 

Cet album est particulier, parce que je vais en parler non pas parce que j’ai aimé, mais surtout parce que ça m’a permis de m’intéresser au phénomène FUTURE. L’effort de ramener Future de Pluto est louable, mais la collab avec Juice WRLD était plutôt en défaveur pour les deux artistes.

Parlons de Future. Ce rappeur de 34 ans aime jouer le rôle d’un homme narcissique qui ne veut rien d’autre que vivre tel un phissdeup sous toutes sortes de drogues. Mais sa benzodiazépine (sa drogue gros, fais pas genre tu connais pas) l’emmène dans un monde sourd et solitaire qui le consume de l’intérieur. On le voit dans ses anciennes collabs qui n’ont pas eu l’audience voulue. Je parle de What a Time to Be Alive avec Drake, Super Slimey avec Young thug ou Free Bricks avec Gucci Mane. Cependant, un producteur a pu ramener Future au monde réel, Zaytoven, dans Beast Mode 2. Et Juice WRLD a essayé de faire de même dans cette collab.

 

Parlons de Juice WRLD. C’est un jeune rappeur de 19ans, originaire du Chi ( chichago gros, jpp de toi..). Pour décrire son style, je dirais qu’il a une voix plutôt mielleuse, et ses sujets sont plutôt sensibles dans un flow chanté. Mais Juice WRLD aussi aime les drogues, les femmes, et la grosse tête. Sauf que ce n’est pas assez pour faire une bonne collab.

Il y’a bien sûr des moments où la mélodie et l’instinct des deux artistes fait des miracles comme dans Jet Lag, Realer N Realer ou encore WRLD on Drugs, mais ces moments sont trop rares pour le potentiel dégagé par chacun d’eux. En effet, sur le reste de l’album, on a l’impression que chacun des artistes attend son tour pour réciter son couplet à propos des drogues et du sexe, sans pour autant créer une synergie entre les deux hommes.

De plus, le noviciat de Juice WRLD semble le déstabiliser sur les grands feats comme dans Oxy avec Lil Wayne, ou Red Bentley avec Young Thug. On le sent comme l’adolescent qu’il est qui découvre son premier strip club. (Je sais mec, t’en as jamais vu, c’est comme quand tu passes ton premier entretien en M&A petit iencli)

 

LE KOU DE KEUR:

 

WRLD On Drugs

Déja, ça implique que Juice WRLD is on drugs, et ça c’est stylé. Mais c’est surtout les flows des deux artistes qui se croisent et se complètent sur ce son. C’est aussi les paroles que j’aime parce qu’elles sont tellement vides de sens que ça en devient enjaillant.

Le son tourne autour du fait que Future et Juice sont tellement perchés sous plusieurs drogues que c’est le monde qui est défoncé finalement. Mais en même temps, Juice propose des pillules d’exctasy ( ou Molly) à toute femme qui en veut parce que : “You don’t gotta pay for none of these Perkys, bitch, the pills on us” .