Game of Locaux

Game of Thrones s’achève après 8 saisons pleines de rebondissements… Cependant, plusieurs siècles après la fin des évènements, les héritiers des différentes maisons se sont tous retrouvées à l’école supérieure des sciences économiques et commerciales de la vallée de Westerloss…. Les maisons deviennent des associations, les royaumes deviennent des locaux… Mais la soif de pouvoir reste la même…

Mercredi 18 juin 2019

12:00
La nouvelle tombe. Après 700 années de cohabitation entre les héritiers des différentes maisons, la situation allait changer à tout jamais. Rousso (digne héritier du Roi de la Nuit) épaulé par le BDE (composé de reniés des autres maisons, ils ont fondé la maison Malibu afin de se sentir exister à Westerloss), ont décidé de tout bouleverser en redistribuant les royaumes des différentes maisons.

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On a pu remarquer que l’architecte de l’ESSEC s’est inspiré de la bite de Ludovic F. (E2, Yeux disent le contraire) pour façonner les PA

12:17
Après avoir tout juste eu le temps de digérer les nouvelles, les esprits commencent à paniquer. Au sein d’Extrem’ (héritiers des Baratheon), Quentin G. (E3, Globo ce soir ?) fait part de son amertume : « putain, on va partager notre royaume avec RACE ». On peut comprendre son désarroi. RACE, héritiers de la maison Lannister, règnent sans partage sur la vaste région des Terres de l’Ouest (16ème arrondissement, Neuilly-Sur-Seine) et ne sont pas vraiment appréciés des autres maisons. Blonds, grands, beaux et peu modestes, les Raceux contiennent le sang d’aventuriers Andals qui ont sculpté un royaume puissant. Sang prétendument royal, est-il pur pour autant ? Rien n’est moins sûr. Comme leurs aïeux Lannister, ils ont conservé un penchant pour l’inceste, n’hésitant pas à se palucher le chibre entre confrères à la RAMETN (Réunion Annuelle des Maisons de l’ESSEC en Terre Neutre), plus communément appelé WEI (par soucis de praticité).

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Msc in Memegement a quand même attendu mai 2019 pour devenir drôle, après 8 mois de mêmes gênants

15:18
Le premier conflit éclate.
Avant, PAO (héritiers de la maison Frey) partageait son royaume avec ESSEC Live (héritiers de la maison Tully). Force est de constater qu’ils ont su inverser le cours de l’histoire en mettant ESSEC Live sous tutelle (puisqu’avant les Frey étaient les vassaux de la maison Tully). Ainsi, officieusement, PAO régnait sans partage sur son royaume.

Quant à AVE (héritiers de la maison Stark), ils possédaient un royaume à eux seuls, et pour cause : ils possèdent des documents pouvant compromettre les autres habitants de Westerloss.

Afin de se venger de cette injustice, les Malibu ont décidé de leur offrir le plus grand royaume, mais de les mettre ensemble, sachant pertinemment qu’ils allaient s’entretuer. Comprenant le subterfuge de Rousso et du BDE, PAO et AVE décident de s’unir afin de récupérer leurs royaumes respectifs.

C’était sans compter sur la fourberie de PAO qui n’a pas hésité à s’allier à d’autres associations afin d’obtenir gain de cause, sans forcément se soucier d’AVE. Les générations futures appelleront cet épisode les Noces pourpres de PAO.

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Louise C. (E3, Barathé.. Extrem par alliance) regarde son royaume une dernière fois avant de le quitter à tout jamais

Vendredi 19 juin 2019

10:34
La réactivité n’est pas la plus grande qualité d’E&B. 22 heures et 26 minutes après l’annonce de la restructuration, ils commencent à comprendre : ils ont récupéré le royaume d’AVE qu’ils vont partager avec UN (héritiers des Greyjoy). Ils réaliseront par la suite qu’AVE est bien déterminé à récupérer son royaume, et qu’ils se retrouveront ainsi potentiellement SDF.

E&B sont les héritiers du Peuple Libre. C’est le terme qui était utilisé pour désigner les personnes qui vivaient au-delà du Mur. Il y a de ça des centaines d’années, les habitants des Sept Couronnes considéraient le Peuple Libre comme des barbares et employaient le terme péjoratif de sauvageons pour les désigner. Inversement, ceux qui vivent au nord du Mur voyaient les habitants du sud comme des « faibles » et des « mous », qui sont soumis à des rois pour des simples raisons d’hérédité, ce qui paraît absurde pour eux. Le Peuple libre détestait par-dessus tout les membres de la Garde de Nuit (composée de criminels et d’incapables reniés par leurs propres maisons), plus que les habitants du Nord. Les corbeaux, comme ils les appellent, représentent le principal obstacle au nord du Mur.

Aujourd’hui, le mur correspond au local MELT (héritiers de la Garde de Nuit), et le royaume d’E&B se situe derrière celui-ci. Certains sauvageons vivent dans des communautés très unies, tandis que d’autres sont seuls et sans abri comme Hugo Q. (E1, Tout seul au Bocal).

E&B s’est fait à l’idée de récupérer le royaume d’AVE, qu’ils trouvent fort séduisant, même si ils doivent le partager avec des incapables.

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Alexandre J-F. (E1, La panthère noire) a déserté le royaume du Wakanda pour rejoindre les sauvageons : UN est prévenu

15:47
Je viens de me rendre compte que j’ai oublié de parler des maisons de BBA. Ces derniers sont les héritiers des Dothrakis. Autrefois organisés en  plusieurs clans ayant chacun un khal, ils sont désormais répartis dans plusieurs associations (Pool, Shamrock…). Les autres habitants de Westerloss ont du mal à les comprendre, et pour cause : ils ne s’expriment pas très bien.

17:37
SES (héritiers des Tarly) conservent leur royaume, mais devront désormais cohabiter avec le SKIK (héritiers de Tyrell). A noter qu’à l’occasion de ses seconds recrutements, SES a décidé d’intégrer un descendant d’un Tarly renié : Aghilas N. (E3, Samwell), qui lui aussi sort avec une sauvageonne d’E&B et perpétue donc la tradition de son ancêtre!
Soit ! SES accueille ses nouveaux colocataires en grande pompe, en pissant partout (vieille tradition Tarly).

23:47
Lucas A. (E1, Skyblog), nouveau roi d’E&B et donc du Peuple Libre affirme son autorité :

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Les membres d’UN sont soulagés, mais ils ne s’attendaient pas à la suite des évènements…

3 Septembre 2019

10:47
Presque 3 mois se sont écoulés depuis ce fameux 18 juin… Vous vous rappelez des noces pourpres de PAO ? Elles ont bien eu lieu. Mais à la surprise générale, ce n’était pas au détriment d’AVE. Morgane B. (E1, Graphiste Pro) s’est débrouillée pour qu’AVE et PAO conservent leurs royaumes respectifs. Mais dans ce cas, qui est perdant dans l’équation ? E&B a finalement récupéré un local dont ils sont les seuls maîtres. Mais qu’en est-il d’UN ?

17 octobre 2019

Seulement 8 personnes se présentent aux recrutements UN. Et pour cause, ils sont les grands perdants des noces pourpres de PAO puisqu’ils n’ont plus de local ! Les potentiels candidats ont tous été découragés par l’absence de terre propre, et ont préféré se rediriger vers d’autres associations.

15 mai 2020

UN est une association presque morte. Même les BBA ne veulent pas la reprendre. Ils ne leur reste qu’un seul objectif : gagner la guerre des prez face à E&B. En attendant, dans un élan d’empathie, E&B a décidé de leur trouver une utilité.

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Review FR d’Octobre : Empire, Pacino et zin…

A lire avec la playlist du mois

Après une rentrée chargée, le rythme des sorties ralentit un peu avec l’été indien. On se demande où sont encore les frangins des Tarterêts et si la pluie de novembre les fera revenir… En attendant, on a eu le droit à des projets de qualité et je vais vous présenter trois d’entre eux sortis respectivement les 5, 12 et 26 octobre.

 

93 Empire – Compilation

Bon déjà je savais pas trop quel artiste mettre pour présenter cette compilation du 93 Empire. Comme on s’en doute, que des artistes du 93 dans cet album dont l’initiative revient à Sofiane (comme souvent dans le rap français en ce moment), présent sur la majorité des morceaux.

 

Je suis souvent assez adepte des compilations. C’est toujours intéressant d’avoir plein d’artistes différents sur un même album, car cela apporte de la variété et permet de piocher plus facilement dans ce qu’on aime. Sur un tel album, on a plus d’une quinzaine de rappeurs et une grande diversité : des anciens comme NTM, Busta Flex ou encore Nakk Mendosa, des jeunes dont la carrière commence comme Soolking ou Dinos, des rappeurs confirmés comme Mac Tyer ou Kaaris, des têtes d’affiche comme Sofiane, Vald ou Dadju… Bref, tout le monde est servi.
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Il faut aussi savoir que les compilations sont importantes dans le rap français. Elles ont connu leur apogée dans les années 90 avec des albums comme Première Classe ou Hostile ou des B.O de films (“La Haine”, “Ma cité va cracker” pour nommer les plus connues). Récemment, elles commencent à faire leur retour dans ce qu’on appelle désormais le rap francophone. Parce que les belges s’y sont mis avec “Tueurs” et que chez nous la machine se remet doucement en route avec par exemple la sortie de “Game Over” cette année.

Sur l’album en lui-même, ça rejoint exactement ce que je disais sur les compilations. 21 titres, donc forcément il y a du déchet, forcément c’est inégal. Le début est terriblement efficace avec Kaaris qui est au sommet de sa forme sur “Empire”, puis le posse cut “Woah” que j’avais beaucoup aimé. Par la suite, d’autres idées retiennent l’attention, comme Alpha 5.20 et son refrain disons… engagé, puis le refrain magnifique sur “Maman veut pas”. J’ai un gros faible pour l’enchaînement “Dinero”-”93 Coast”-”Jay-Z” que je trouve excellent, surtout car passer d’un pur son West Coast (et même g-funk pour les puristes) à du pur new yorkais m’a plu.

Dans le rap français j’suis déjà la boss comme Jay-Z [….] J’suis millionnaire j’ai l’droit d’être moche comme Jay-Z

Sofiane, Jay-Z

Comme le dit Sofiane ci-dessus, au fond on s’en fout que tout ne soit pas réussi sur ce projet. Son idée et son intention étaient de réunir ce qui se fait de mieux dans le 93, et la diversité des styles montrent la profondeur et la richesse du département et de ses rappeurs. Alors bien sûr il y a des absents comme 13 Block ou Maes, bien sûr celle du 94 sera meilleure parce que mon département est mieux, bien sûr que j’aurais préféré un Dinos plus incisif (même si son refrain sur “Drive By” est très bon) mais au moins Sofiane aura réussi son pari et cela ne peut que l’encourager dans toutes les initiatives qu’il entreprend.

Le Kou de Keur : Woah

Premier single de l’album, j’aurais pu mettre “Empire” parce que le duo Kaaris-Sofiane est incroyable, mais je trouve que ce titre collaboratif est celui qui représente le mieux l’ambition du projet avec pas moins de 7 rappeurs qui posent – TOUT EST WOAH !

 

JVLIVS – SCH

Après 1 an et demi de discrétion et la relative déception de “Deo Favente”, SCH teasait son retour en sortant plusieurs morceaux cet été (“Otto”, “Mort de rire” puis “Pharmacie”). Mais rien ne présageait d’un tel album.

“Je l’ai vu naître ce p’tit. Et les cris d’sa pauvre mère ne faisait qu’annoncer l’arrivée du déluge. On a dit d’son père qu’il était né dans le Vésuve. Lui, dans une mare de sang, ouais. Qu’est c’que vous espériez ? Un gentil p’tit minou ? Les loups font des loups et basta. Et le loup, il a bien grandi : les crocs lui ont poussés et l’appétit aussi. Un très gros appétit. Il a vite compris le sens des affaires, la valeur du terrain et comment leur prendre. Ici, la terre, les murs n’ont qu’une seule odeur : la sienne. Et il la répand comme le sang roule entre les dalles de Napoli. Oui, je l’ai vu naître ce p’tit. À quelques rues du vieux port, là, ces mêmes rues qui l’ont vu semer le plomb et la mort. On dit que la croix qu’il porte sur la poitrine a fermé les paupières chaque fois qu’il a ôté la vie, peuchère. Moi, je crois qu’elle n’a jamais vraiment pu ouvrir les yeux cette croix…”

Ce que vous venez de lire est l’intro de cet incroyable album. Déjà le texte est fort, mais alors quand vous entendez la voix française d’Al Pacino le débiter sur quelques notes de guitare, laissez-moi vous dire que vous êtes direct plongé dans une ambiance mafieuse italienne. Car oui, Julien Schwarzer est d’origine allemande, mais il est fasciné par l’Italie (et sa musique) comme il a pu l’expliquer dans les nombreuses interviews données pour cet album (à l’occasion, je vous recommande très chaudement celle de l’Abcdr du Son).

Pourquoi cet album est si particulier ? La liste des raisons est très longue, mais je vais vous résumer tout ça dans un souci d’efficacité.

Déjà, à l’exception de 3 morceaux, tout est produit par Katrina Squad, et en particulier Guilty. Et le duo Guilty-SCH est un des meilleurs en France, comme ils l’avaient montré sur la première moitié de “A7”, le classique de SCH sorti en 2015. Les prods de Guilty permettent au rappeur de prouver toute sa qualité d’écriture, dont toutes les subtilités demandent de nombreuses écoutes (aussi car sa voix est si unique).

 

Focus : La tracklist de JVLIVS

Il faut savoir qu’on n’a pas la sensation d’écouter un album, mais plutôt un film. La construction du projet et la tracklist ne sont pas dues au hasard, ce qui est important à l’heure du streaming et des “playlists” canadiennes.

  • On suit le parcours de Julius né dans “Le déluge”, d’abord arrogant en insultant la concurrence (“VNTM”) et plein de confiance dans sa “Pharmacie”, n’hésitant pas à user de son “Tokarev” qui détonne sur “420 mètres”.
  • On comprend ensuite d’où il vient avec “Otto” (qui prend tout son sens ici) et que ses actions sont inspirées par son père, puis c’est la réussite avec sa “Skydweller”, tout paraît “Facile”.
  • Viennent ensuite les doutes sur le reste de son équipe, et Julius redoute d’être trahi : il est “Prêt à partir” (avec son acolyte Ninho), puis est “Mort de rire” en observant tout ce qui se passe autour de lui, à savoir la drogue à foison et les traîtres qui rodent.
  • On commence à percevoir une forme de mélancolie, noyée dans “Ivresse et Hennessy” ; Julius se dit “comme une abeille dans du sirop”, il est pris au piège. Il implore son père décédé de veiller sur lui, et on en vient à se demander qui veille sur lui (“J’t’en prie”).
  • Son seul ami semble être son “Beretta 92FS”, personne ne sera plus loyal que son arme – “est-ce que quelqu’un le verra mourir ?”.
  • Nostalgique, il regrette ses amis partis “sur le rivaaaaaaaage” après avoir tout quitté pour “Le code” de la rue.
  • Il se sent accompli mais toujours plus solitaire et “Incompris” par ses “faux amis”. Julius ne sait plus sur qui il peut compter.
  • La fin paraît proche mais il se refuse à partir, quitte à ce que le “Ciel rouge” fasse de nouveau irruption dans sa vie et à ce que toutes les relations qu’il a forgées se détériorent.
  • Finalement, quel est le “Bénéfice” de toutes ses actions ? Malgré la tentation, il réaffirme sa volonté de rester dans « la zone ». Il voulait tout faire pour sa mère mais finalement il n’a que “volé son sommeil” et ne parvient lui-même plus à dormir. Sa seule issue pour trouver du repos est-elle la mort ?

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Alors évidemment j’extrapole, mais toute cette construction fait que l’album s’écoute de bout en bout, sans passer un morceau même quand il est un peu moins bon.

Enfin, les interludes et les intros. En général, on les écoute une fois puis on les passe, parce que bon, nous on aime la musique. Mais là, c’est impossible. Elles s’insèrent parfaitement dans la narration, elles sont courtes et écrites avec une précision. SCH a rendu de nombreuses fois hommages à l’auteur de ces textes, à savoir le rappeur toulousain Furax Barbarossa. La voix française d’Al Pacino, José Luccioni, donne corps à ces instants rythmant l’album. Vous saviez qu’une balle de Tokarev parcourt 420 mètres par seconde ? Quatre cents vingt mètres.

Le Kou de Koeur : Le code

J’aurais pu mettre plein plein d’autres titres tant j’ai aimé cet album, probablement l’album de l’année (top 3 sûr et certain) : “Tokarev”, “Prêt à partir”, “Bénéfice”, “Facile”, bref plein de morceaux sont excellents. Mais celui-ci est plus fort que tout : la prod de Pyroman, dont la patte est si reconnaissable, permet à SCH d’aborder un autre style que le kickage habituel, et je vous garantis que ce refrain va vous hanter. SUR LE RIVAAAAAAAGE

 

 

Ma version des faits – Infinit’

Un des rappeurs français qui mérite bien davantage d’exposition, Infinit’ surfe sur une certaine vague en cette rentrée 2018. Après une participation remarquée sur l’album d’Alpha Wann et une invitation au Red Bull Music Festival où il a pu poser sur une prod de Harry Fraud, voici son nouveau projet.

J’ai découvert Infinit’ un peu sur le tard, et grâce à son excellent EP “NSMLM” sorti l’an dernier. Infinit’ vient du 06, de Nice, ce qui s’entend un peu quand il rappe, tu vois le délire zin. Il fait partie du label DBF (D’en Bas Fondation) avec ses acolytes Veust et Barry entre autres (j’en profite pour vous conseiller les derniers morceaux de Veust, rappeur hors pair). Bref, Inifinit’ ce qu’il sait faire c’est rapper, pas des zumbas. Sa plus grande référence c’est les Diplomats, et en particulier Cam’ron, d’où les schémas de rimes employés par le niçois dans la plupart de ses morceaux.

Passée cette introduction, plongeons-nous dans sa version des faits. Projet très court (8 titres et une vingtaine de minutes), il n’en reste pas moins que le niçois n’a rien perdu de ses punchlines percutantes et de son efficacité. On se situe ici dans la droite lignée de NSMLM même si on sent encore les progrès effectués. A la manière d’un “Laisse-nous” sur le projet précédent, Infinit’ s’autorise à employer l’autotune et les refrains chantés comme dans “La recette”. Ce morceau est d’ailleurs en collaboration avec Veust et Barry, et cette combinaison s’avère bien plus efficace que celle avec Caballero et JeanJass. Avec les belges, on a évidemment droit à un morceau sur leur plante préférée, ce qui paraît limité même si Infinit’ montre l’étendue de son talent d’écriture.

L’écriture justement parlons-en. C’est ce qui différencie Infinit’ des autres rappeurs : il rivalise d’ingéniosité sur tous ses morceaux, que ce soit sur le fond ou sur la forme. Sur la forme, on va avoir droit à des morceaux rythmés par des allitérations et assonances qui varient sur tout un couplet sans perdre le fil (“Saint-Exupéry”, désolé pour le cours de français) ou l’emploi de formules bien particulières sur ce splendide banger qu’est “Tout le faire Gang” (référence au “MOULT” du refrain, évidemment). Mais sur le fond, Infinit’ innove également quand on compare avec “NSMLM”. Il nous sort pour la première fois un story-telling impeccable de bout en bout sur “Djibril”, dont on regretterait presque la courte durée.

“Échec et mat, plaque diplomatique, j’écoute Diplomats sous Diplomatico”

Tout le faire Gang – Un des nombreux exemples de l’écriture si particulière d’Infinit’

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Mon seul regret est de ne pas en savoir plus sur lui, autrement que par les interviews. Comme Alpha Wann ou Hamza (deux registres très différents certes), Infinit’ gagnerait peut-être à se livrer davantage comme les deux autres l’ont fait sur leur dernier album respectif (“Une main lave l’autre” pour Alpha et “1994” pour Hamza). Mais étant donné ses grandes qualités d’écriture, je n’ai aucun doute qu’il le fera à merveille et j’ai hâte de l’entendre sur un format plus long.

Le Kou de Keur : Saint Exupéry

J’ai beaucoup beaucoup écouté “Tout le faire gang” parce que c’est un banger plus abordable et que j’ai une passion pour le refrain. Mais le premier couplet de “Saint-Exupéry” m’a foutu une claque quand je l’ai entendu pour la première fois et j’espère qu’il en sera de même pour vous.

 

 

 

Bonnes écoutes les chefs

 

Vendredi Sorties #14

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau numéro des Vendredi Sorties, la chronique qui te résume toutes les sorties musicales de la semaine ! Installe-toi narvalo, on s’est une fois de plus régalé :

En France

Au programme cette semaine en France : plusieurs gros retours et une floppée de singles :

Projets

  • Après nous avoir fait patienter avec « Pharmacie, » l’un de ses morceaux les plus sombres, et un freestyle monumental sur Skyrock, SCH sort enfin son album « JVLIVS. » 17 titres dont un unique featuring, avec le rappeur du 91 Ninho. Le projet défonce tout, SCH rappe mieux que jamais. Mathafack. Donnez-nous vos avis :

  • Une semaine après la sortie de son single « Empire», le groupe mythique du rap français Sniper dévoile son nouvel album, « Personnalité Suspecte, Vol.1. » Produit par Seezy (qui a notamment travaillé avec Vald ou Sofiane) et Dany Synthé, celui-ci marque le retour du trio en studio, c’est un régal :

  • Longtemps membre du collectif Neochrome (Seth Gueko, Alkpote, Sinik), Joe Lucazz a complètement lancé sa carrière solo en 2015 avec le projet « No Name », auquel il a même donné une suite cette année. Il est déjà de retour avec un nouvel album, « Carbone 14 », à découvrir ici :

  • Trois autres sorties à noter : le deuxième EP du talentueux rappeur 7 Jaws et les nouveaux albums de Manast LL’ et de Mikano, deux français qui rappent en anglais :

Singles / Clips

  • Membre du duo « Pso Thug » avec le rappeur Aero, Leto nous propose d’écouter cette semaine l’épisode 4 de « Double Bang, » sa série de freestyles dont le premier épisode est sorti il y a deux mois :

Pour les retardataires, ici le lien de l’épisode 1 :

  • Après sa participation au projet « 93 Empire » et sa collaboration avec le rappeur Heuss L’enfoiré sur le single « L’Addition », Vald nous régale une fois de plus par son éternel sang-froid, dans le clip « YAX3». On vous laisse en juger par vous-mêmes :
  • Alkpote soigne à nouveau son image de « pornocrate » (coucou les détracteurs) avec le titre « Hécatombe, » pour le plus grand bonheur de ses fans, impatients à l’idée d’un probable featuring de celui-ci avec le Belge Damso. Tout se passe ici :

Sans titre

  • Pour les déçus qui avaient acheté leur(s) place(s) pour son concert finalement annulé au Bataclan, Médine, dont on sait déjà qu’il se produira au Zénith le 09 Février prochain, dévoile le morceau « BRASSENS» :

  • Tengo John, anciennement Theo Skellington, collabore avec Cinco pour le premier extrait de son nouvel EP prévu pour fin 2018. « OLB, » c’est le titre du single :
  • Le rappeur A2H sort le clip « SDARM, » nouvel extrait de son album « L’AMOUR » dont la sortie est prévue le 16 Novembre prochain. Toujours très éclectique dans les thématiques qu’il aborde dans ses morceaux, il nous invite ici à diffuser l’Amour. N’hésitez donc pas à le faire si vous avez apprécié :

Aux États-Unis

On nous régale également de l’autre côté de l’Atlantique avec de gros projets attendus, des clips sales et comme toujours du sucre en barre a prévoir côté R&B avec notre tendre Khalid.

Projets

  • On commence par le gros projet commun entre Future et Juice WRLD qu’ils n’ont annoncé qu’à la veille de la sortie, à la surprise générale. Et on comprend bien l’enthousiasme : une surprise, une collab de fou, des guest de renom (Lil Wayne, Nicki minaj, Young Thug,…) :

  • Après avoir été annoncé comme le successeur de Method & Redman pour How High 2 (en a t-il seulement la carrure ?), Lil Yachty nous dévoile son 3e album « Nuthin’ 2 Prove » avec de gros guest (Cardi B que l’on ne présente plus ici, Juicy WRLD, Lil Baby, Gunna) :

  • DJ Muggs, le DJ emblématique du groupe Cypress Hill (quoi tu connais pas ? Rattrape toi et va m’écouter ce classique) balance son projet commun avec Roc Marciano intitulé KAOS. Un titre aux allures métalleuses qui surprend dès l’intro aux vibes disco, on se croirait presque dans le générique de Starsky et Hutch. Un très bon album qui nous renvoie dans les 80’s pendant 35 minutes.

 Singles / Clips

  • Après avoir passé l’été a lâcher mes meilleures danses Fortnite sur le son (j’ai entendu iencli ?) c’était probablement le clip que j’attendais le plus : « Sicko Mode », plus gros tube extrait de l’album « ASTROWORLD » de Travis Scott, a enfin un visuel et il est absolument mortel. Réalisé par Dave Meyers (Kendrick Lamar, Jay Z, Rihanna…) :
  • Avant la sortie de son album « Love Me Now » la semaine prochaine, Tory Lanez dévoile son nouveau single « Drip Drip Drip », en featuring avec Meek Mill la légende :
  • Post Malone et Swae Lee (moitié de Rae Sremmurd) avaient déjà fait une collaboration ultra efficace sur le dernier album de Post Malone, en voilà maintenant une deuxième, qui sera dans la B.O. du prochain Spiderman :
  • Des femmes de peu de vertu, des montres, des jet skis stylés et des abdos. T’as la recette pour un classique Gucci Mane & Lil Pump. Rien d’original mais est-ce qu’on aurait pu s’attendre à autre chose de toute façon ?
  • Quelques autres singles en vrac : Young Scooter accompagné de Yung Bans & Gunna nous lâche un gros banger, un nouveau single de Lil Peep fait encore surface et notre coup de cœur de la semaine Tobi Lou sort un nouveau single :

R&B

Énormément de sorties sucrées cette semaine, voici ce qui nous a le plus marqué :

Projets

  • On n’entendait plus parler de Khalid  qu’au travers de singles et d’apparitions sur des projets. Mais un an après l’excellent « American Teen », Khalid revient avec son EP « Suncity ». De quoi se préparer au rude hiver qui arrive.

  • Brent Faiyaz sort son nouvel EP intitulé « LOST ». Un artiste encore trop méconnu au regard du travail qu’il peut fournir et de la qualité de son projet « Sonder Son » sorti l’an dernier, on vous conseille d’aller checker tout ça :

  • Notre découverte de la semaine : Murkage Dave, chanteur britannique notamment proche de Don Dada (Alpha Wann, Hologram Lo), sort un premier album très réussi et touchant :

  • Retour garanti dans les 2000’s avec le nouvel album en 2 volumes de T-Pain, « Everything Must Go ». Après une absence dans les bacs depuis 2011, il était revenu avec Oblivion et remonte en puissance désormais avec ce nouvel album totalement en solo.

Singles / Clips

  • 6lack, l’étoile montante d’Atlanta qui intrigue tant nous pond un clip sobre de son feat avec J Cole un mois après la sortie de son album « East Atlanta Love Letter ». Un poème de rebeu fragile mis en image retro qui fait penser à la réa des clip style Macklemore.

  • Daniel Caesar dévoile son single « Who Hurt You ? ». Un très bon son qui n’a pas échappé à mon oreille aguerrie : la musicalité du refrain s’inspire du refrain de « Wasted Times » de The Weeknd.
  • Après le très réussi « Collection One » plus tôt dans l’année, le chanteur Saint Jhn présente un nouveau single super doux :

 

Gros merci aux jeunes babouins JF et Feugol pour leur TRES bon taf.

A bientôt mes chacals

Review FR de Septembre : Crâne, clochard et dollars…

A lire en écoutant notre playlist.

Les feuilles rougissent, le mercure retombe et l’OL renoue avec le goût de la défaite. Pas de doute les premiers jours d’automne marquent la fin de l’été, et avec, le crépuscule d’un mois de Septembre prolifique en termes de sorties. J’ai donc décidé de revenir sur trois albums de rap français qui m’ont marqué sur le dernier mois qui vient de s’écouler.

 

Polaroïd Expérience – Youssoupha

Le front le plus connu du rap français était de retour après 3 ans d’absence avec son 5e album : Polaroïd Expérience.

J’entends souvent les gens cracher sur Youssoupha. Faut dire que ce fils de crâne divise pas mal les amateurs de rap. Moi personnellement, c’est mon petit chouchou. Après m’avoir bercé au collège avec du Menace de mort ou du Espérance de vie, le lyriciste de bantou m’avait laissé avec un très bon album en 2015 : NGRTD (Or). Je l’attendais donc au tournant. Et finalement, ma conclusion après ma première écoute de Polaroïd Expérience était simple : album de merde.

Je suis donc d’abord très déçu par cet album. Je trouve que Youssoupha innove très peu et ne prend pas de risque avec ce projet. Il reste dans sa zone de confort et nous fait un remix de ce qu’on a déjà vu chez lui et de sujets qu’il a déjà traité par le passé (sa relation avec sa descendance, sa peur de la mort et de la vieillesse, le tout saupoudré de quelques critiques sociales…).

De manière générale, je ne suis vraiment pas fan des albums longs mais c’est vrai que faire des albums à rallonge laisse le droit à l’erreur. Là, je trouve que projet s’essouffle très vite (une première partie bien mieux que la seconde) et fatalement nous laisse sur notre faim lorsque les dernières notes résonnent.

Mais bien évidemment comme avec à peu près 99,99% des albums que j’écoute, mon avis a changé au fil du temps. En fait si je n’aime pas cet album, ce n’est pas parce Youssoupha nous a produit un album moins bon qu’avant, ou qu’il s’est enfermé dans une zone de confort. Non, c’est juste que moi qui ai changé depuis l’époque de NGRTD. Et je pense que de nombreuses personnes partagent mon sentiment.

J’ai tort de dire que Youssoupha n’a pas ou peu osé sur ce nouvel album. Je n’aime plus les mêmes choses qu’avant et ce n’est pas à lui de s’adapter à mes goûts. Il est normal pour lui de ne pas faire ce qu’il ne sait pas faire. Cet album finalement pour moi se résume en une seule phase :

« J’peux pas rapper comme Niska ou me saper comme S.Pri Noir, poto »

Devenir Vieux

Et ce vieux con a bien raison. Finalement en assumant son décalage avec la nouvelle époque Youssoupha fait un pari sacrément couillu en réalité. Mais surtout un pari très cohérent avec le personnage et les thèmes de son album : nostalgie et incertitudes face à l’avenir.

Le Kou de Keur : Polaroïd Expérience

Le premier morceau de l’album au titre est une vraie réussite. Un délicieux rythme de batterie jazz accompagne un texte mené par une belle plume.

 

Une main lave l’autre – Alpha Wann

Je crois quand même avoir passé une bonne dizaines de minutes à me demander ce que ce proverbe voulait dire avant d’avouer ma défaite à Google. De toute manière, j’ai toujours eu des soucis avec les proverbes imagés depuis que mon père m’a dit que “Celui qui avale une noix de coco fait confiance à son anus”. Mais je perds…

Tout l’monde, dès qu’il a un peu d’argent, il la place. […] Alors que si la vie s’rait facile ? Mais les gens dépenseraient, les gens s’amuseraient, au quotidien, mon frère. Et l’argent circulerait. Puisque une main lave l’autre, mon frère. Et oui, moi, on me donne, je donne, tu comprends c’que j’veux dire ? Effectivement, si on me donne rien, je vais rien donner hein

Ainsi débute STUPÉFIANT ET NOIR, extrait de l’album sorti quelques mois plus tôt. Je ne sais toujours pas quel visage mettre sur cette de voix appelant à mon esprit si ce n’est le masque d’un semblant de JoeyStarr sdf. Mais ce narrateur improvisé explique bien le titre de l’album : un service en rend un autre.

Mais l’album dans tout ça ? Et bien justement, c’est un album qui va te faire cogiter. Pas en t’envoyant de la philosophie à deux balles au visage mais par la façon dont Alpha Wann joue avec les mots. Tout au long de l’album le rappeur parisien jonglera entre nombreuses figures de styles : métaphores filées, assonances et allitérations (tout au long de l’album), anaphores (CA VA ENSEMBLE) et espèce de chiasme (excellente dernière phase du morceau LE PIEGE).

Bref l’album est est très bon. Alpha Wann allie fond et forme. Tandis que ce con te caresse l’oreille avec une excellente plume épousant une belle maîtrise de notre langue, Alpha Wann traite un éventail impressionnant de sujets pour un seul album et n’hésite pas à nous raconter sa vie au milieu de son album.

Le Kou de Keur : LUMIÈRE DANS LE NOIR ft. Doums

« Écoute celle-là, tu vas voir, tu vas tomber, celle-là, elle est superbe. Si c’est toi mon frère. Tu vas voir, après tu vas, tu vas kiffer la musique »

Que dire de plus ?

 

J.O.$. – Josman

Sans doute mon album préféré depuis Imany en termes de rap français. Et il est très fort probable que je vous ai déjà cassé les couilles avec.

Honnêtement, en valeur absolue, je pense que J.O.$. est sûrement moins bon que plusieurs albums sortis sur la même période (à commencer par UMLA traité ci-dessus ou même le très bon VII de monsieur Koba LaDéroute de Lyon au parc). Pourtant ce con de Josman a bien su me faire kiffer. Tu comprends plus ? Top.

La plume légère et des mots lourds, des instrus travaillées et qui épousent parfaitement un flow sans pareil… J’ai pris ma pillule, Josman est venu faire l’amour à mes oreilles.

En fait y’a pas à chercher mehdi à quatorze heures Josman et son acolyte Easy Dew ont une recette qui marche : des prods originales pleines de breaks qui sont parfaitement exploitées par la technique du rappeur originaire de Vierzon. Petit focus sur le début de Loto (morceau qui m’a fait découvrir Josman) qui, je trouve, peint parfaitement ce que j’essaie de décrire.

Focus : Loto

  • Le morceau commence par une seule petite note (un do# si tu veux tout savoir) que tu entendras tout au long du morceau (00:13). Une espèce d’alarme qui donne un caractère angoissant au son.
  • Une basse se superpose à cette note qui par sa mélodie dénote du caractère monotone procuré par le do# et donne du relief à l’introduction (00:13). Pourtant, le fait que cette mélodie soit celle d’une basse laisse la première note au premier plan : la basse vient plutôt porter la note. Cette basse se tait ensuite sur le dernier temps de la mesure pour laisser entrer Josman. Ce jeu entre le silence et la voix de Josman reviendra tout au long du morceau et je crois que c’est ça qui me fait vraiment kiffer.
  • Au bout de quelques secondes (00:25), Josman ajoute donc sa voix avec un effet assez matrixant. Une espèce de reverb. Et je ne sais pas si c’est dans ma tête ou pas, mais petit à petit j’ai l’impression que l’effet de la reverb augmente petit à petit jusqu’au moment où les drums montrent leur sale gueule. Le morceau part (00:38).
  • Et là tout au long du morceau, c’est ce dont je parlais plus haut : des breaks qui arrivent au bon moment pour marquer la technique de Josman. Plein de phases rythmées par des consonnes qui tombent sur des silences (écoute la phase à 00:53 pour voir ce dont je parle).

Le flow épouse parfaitement l’instru ou l’inverse. Bref, Loto un excellent morceau.

Toutefois, bien sûr l’album de Josman est loin d’être parfait. On fait très vite le tour de thèmes trop répétitifs et déjà (mieux) traités par d’autres rappeurs. En outre, même s’il n’est pas lassant, l’album souffre surtout de sa longueur je pense : certains morceaux auraient pu ne pas figurer sur l’album.

Bref, top sur la forme et une belle marge de progression sur le fond : je suis pressé de voir la suite.

Le Kou de Keur : La Plaie

Un super morceau pour finir un super album.

 

Bises et doigts.

Review US de Septembre : Miel et cicatrices

A lire en écoutant notre playlist.

East atlanta love letter – 6Lack

J’avoue, un de mes albums préférés de ce mois est un album de R&B. Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse, 6Lack a sorti un album aussi bon et sucrey que les gâteaux du bled, et dieu sait à quel point je les aime les gâteaux du bled. Si tu connais pas 6lack, dis-toi que c’est un genre de poète sale à la Damso, (“Fuck me like you’re about to lose your place to the girl next door,” dans Loaded Gun), avec une voix aussi douce et calme qu’un The Weeknd sous codéine.

Le projet est composé de 14 sons, et on y trouve Future, J.cole, Offset, et notre renoi soin préféré : Khalid.

L’album, à l’image de l’artiste, est très sentimental, mêlant ainsi amour, déception, sexe, envie et tristesse. 6lack semble perturbé par les relations éphémères qu’il partage avec ses conquêtes pendant ses tournées. Dans East Atlanta Love Letter, il compare son organe de l’amour à une arme mortelle, et raconte que son incapacité à contrôler ses pulsions mènent à la déception.

Le choix des instrus est très judicieux, dans la mesure où le minimalisme des beats laisse place à sa douce voix et à ses textes tout aussi sensuels que percutants.

A NE PAS ECOUTER EN CAS DE TRISTESSE AIGUË, VEUILLEZ CONSULTER VOTRE POTE GAY LE PLUS PROCHE.

Le Kou de Keur :

Loaded Gun sans hésiter. Dès la première phrase, le flow proche des anciens sons de Lil Wayne m’a percuté. Puis je me suis concentré sur les paroles, et sans déconner, j’en bande encore… En quelques mots, ce son makes you call your girl and do her a lap dance, tu connais la suite. Et si tu comprends pas l’anglais, demande à Dramane quoi faire, il saura te conseiller. Ça commence par « mange », ça finit par « morts ».

4Respect 4Freedom 4loyalty 4What Important – YoungBoy Never Broke Again

Youngboy Never Broke Again (C’est claqué je sais), ou NBA Youngboy a sorti un bête de projet ce mois dernier. On ne peut pas l’appeler album, et je ne veux pas l’appeler EP. Non je ne suis pas un footix du rap, laisse-moi t’expliquer, qu’est ce t’en sais toi. Il a commencé par publier un EP de 4 sons nommé 4Respect, dans lequel Kevin Gates est omniprésent, une semaine après il sort 4 Freedom, et peu après 4 Loyalty, dans lequel on voit des feat avec Quando Rando, de façon à le présenter au reste du Rap Game et finalement il a sorti 4 What Important pour conclure et finaliser ce projet de 16 sons. Rien que la façon dont il a dévoilé son projet, en jouant avec le chiffre 4 ( 4 sons par EP, 4 mots d’ordres, « Four » qui est homonyme de « For ») fait de ce gépro un des meilleurs du mois.

Les sons, pour la plupart, enjailleraient ta grand-mère. Le flow qu’il lache dans Can’t be saved me donne envie de me faire pousser des locks et danser comme Koba La D.

Offre limitée : Va écouter le projet et on t’offre 2 jours au prix de deux chez DINO PRONO.

Le Kou de Keur :

Permanent Scar :Je ne dirai pas que j’étais indifférent au fait que Young thug pose sur ce son, au contraire, c’est son nom qui m’a incité à cliquer sur le son, et je n’ai pas été déçu, je n’ai pas arrêté de me dandiner tel un joueur de football US en mi-temps. Par contre si quelqu’un a quelque chose contre les torticolis, je suis preneur.

 

Vendredi Sorties #13

Bonjour à tous et bienvenue pour cette nouvelle édition des Vendredi Sorties, la chronique qui te résume les sorties musicales de la semaine. Le mois d’octobre continue sur la même lancée que septembre, beaucoup de belles choses cette semaine :

En France

C’est une semaine de trève dans ce gros bordel qu’est la rentrée rap en France : aucun projet à part celui de La Fouine… Non, je mettrai pas le lien Spotify.

Singles/Clips

  • En attendant « JVLIVS » qui sort la semaine prochaine, SCH nous offre le banger « Pharmacie » et un freestyle mémorable sur Skyrock :

 

  • Le sevranais Maes, remarqué pour son projet « Réelle vie 2.0 » et propulsé à la célébrité avec le tube « Billets Verts », continue de créer l’attente autour de son prochain album avec « Avenue Montaigne » :

 

  • Le rappeur du 92 Heuss L’enfoiré, récemment remarqué pour sa prestation sur « Woah », le tube de 93 Empire, s’associe à Vald pour « L’addition » :

 

  • Avant la sortie de leur nouvel album la semaine prochaine, le groupe légendaire Sniper sort le clip de leur nouveau single, « Empire », produit par Seezy (producteur de Vald, Sofiane, Niska, Ninho…) :

 

  • L’étoile montante de la scène suisse Slimka sort enfin un morceau qu’il a beaucoup teasé sur les réseaux et qui devrait faire son effet en live :

 

  • Le rappeur marseillais YL a déjà sorti un album en 2018 mais un deuxième est en préparation pour novembre. Pour nous faire patienter, il invite Timal à découper l’instru de « Pas Pareil » :

 

  • A découvrir aussi : S.Pri Noir clippe « Papillon », magnifique morceau extrait de « Masque blanc » qu’on vous invite à (re)découvrir ; Orelsan sort le clip de « Paradis », extrait de « La fête est finie » sorti l’an dernier ; et le jeune rappeur du 78 Azuul Smith dévoile le titre « Oulala » :

 

Aux US

Projets

  • La sortie de la semaine, c’est sans aucun doute le premier album solo de Quavo. Après avoir brillé en groupe avec les Migos, puis en duo avec Travis Scott, la star d’Atlanta lance sa carrière solo avec « QUAVO HUNCHO ». Reste maintenant à savoir si c’est une réussite, fais-toi ton propre avis zin :

 

  • Après avoir sorti ce qui est pour moi l’un des albums de 2017 avec « Quiet Storm » et une apparition remarquée sur « Crew » de GoldLink, Shy Glizzy sort de nouveau l’artillerie lourde avec « Fully Loaded », son nouveau projet où il invite Lil Uzi Vert, Young Thug, Gunna, Rick Ross

 

  • Belly, collaborateur proche de The Weeknd, fait appel à du beau monde (Metro Boomin Meek Mill, French Monana,…) pour son nouvel album, « IMMIGRANT » :

 

  • Keith Ape, l’auteur du tube planétaire « It G Ma » en 2015, présente son nouveau projet, « BORN AGAIN » :

 

Singles/Clips

  • Après avoir surfé sur la vibe jamaïcaine pendant plus de 2 ans, le rappeur le plus bankable de la décennie Drake passe à la vibe sud-américaine et s’invite sur le nouveau single de la superstar porto-ricaine Bad Bunny pour un tube indéniable. Presque 10M de vues en 1 journée, a-t-on besoin d’en dire plus :

 

  • Ca te suffit pas ? Et bah Drake est aussi sur le dernier single de French Montana, qui vient d’être clippé. C’est le plus fort on t’a dit.

 

  • Voilà déjà plusieurs semaines que Kodak Black tease un nouveau single à la prod super efficace. Le single s’appelle « ZEZE », en featuring avec Travis Scott et Offset, et ça défonce :

 

  • Le MC et poète de Chicago Mick Jenkins fait appel au producteur Kaytranada pour son nouveau single, « Understood » :

 

L’instant sucreyy

Beaucoup de sorties R&B cette semaine :

  • La chanteuse Ella Mai, auteure du hit « Boo’d Up » qui a tourné tout l’été (notamment pour ma part, oui oui), sort son premier album, éponyme :

 

  • Le producteur et virtuose du piano Zaytoven (collaborateur historique de la quasi-totalité de la scène d’Atlanta) offre 8 prods magnifiques à Usher pour un album commun doux comme du miel :

 

  • L’association Jeremih & Ty Dolla $ign continue de faire ravage avec un nouveau single :

 

  • Coup de cœur de la semaine : Free Nationals, le groupe d’Anderson.Paak, invite le chanteur Daniel Caesar pour un nouveau track extra smooth :

 

  • Le chanteur des années 2000 Mario fait son retour avec un nouvel album, étonnament réussi :

 

A la semaine prochaine reufton

Vendredi Sorties #12

Bonjour à tous et bienvenue pour cette douzième édition des Vendredi Sorties. Le Y-Grec continue sur sa lancée pour te proposer son récap des sorties rap/r&b de la semaine, en France et aux US. C’est parti pour une nouvelle semaine bien remplie !

En France

Octobre commence bien avec des nouveautés attendues ou surprenantes :

Projets

Deux projets très attendus viennent de faire leur arrivée dans les bacs – je ne ferai que mentionner la réédition de l’album de Dadju, et un kebab offert à celui ou celle qui s’enfile les 29 morceaux d’affilée :

  • Sofiane continue de mener ses projets très ambitieux dans l’écosystème rap français (ouais je me permets des trucs au niveau des expressions tu vas faire quoi). Après “Rentre dans le cercle”, voici “93 Empire” – un album commun de 22 titres où on retrouve la crème du 93 (je les cite pas tous mais si vous pensez à un rappeur un peu connu du 93, il est dedans) : Kaaris, Vald, Dinos, Kalash Criminel, Soolking et même des anciens comme Alpha 5.20 ou NTM. Il y en a pour tout le monde sur cette compilation, on peut juste regretter l’absence de 13 Block ou Maes par exemple. Bref, la rédaction recommande vivement, vous y trouverez votre compte :

 

  • Après “Platinum” sorti en mars dernier, PLK fait (déjà) son retour avec “Polak” pour rendre fièrement hommage à ses origines. Un album très fourni sur lequel on retrouve notamment Nekfeu ou SCH. L’ancien rappeur du Panama Bende continue sa progression et de faire son trou, allez écouter ce que ça donne :

Singles / Clips

J’ai voulu faire des regroupements mais les singles de cette semaine sont trop variés pour les mettre ensemble :

  • Alors que son concert approche à grands pas, Booba lâche le single “BB” sur lequel on trouve la splendide punchline “Le réchauffement climatique c’est dû à la chatte à ta mère”. Voilà de quoi vous donner envie de l’écouter :

 

  • Sur la lancée de leur collaboration réussie sur “Une Main Lave l’Autre”, Infinit et Alpha Wann sévissent de nouveau sur “Vivre Bien”. On espère un projet commun :
  • RimK poursuit l’exploitation de son albulm “Mutant” sorti il y a quelques semaines en lâchant le clip de “Immigri” en featuring avec YL. 1 jour, 1 million de vues, normal :

 

  • En fait j’ai menti, et voici donc 5 singles signant le retour de rappeurs plus ou moins vieux, plus ou moins connus. Je vous présente ici « Sans thème remix » de Dadju en featuring avec Alonzo, MHD, Naza et Vegedream (soit tout les plus gros zoukeurs du rap français, rien que ça), “Headshot” de Sniper dont l’album arrive très bientôt (les fans des années 2000 sont contents), “Negresco” de Ateyaba (on rappelle que c’est Joke qui a changé de nom, et on sait toujours pas si on va bientôt avoir un projet), “Ouais ouais” de Zola (faut rattraper le retard pris sur Koba la D) et “Réverbère” de Joe Lucazz (dont l’album “Carbone 14” arrive en octobre, une preuve de sa productivité renouvelée)  :

Aux US

Chaque semaine est une grosse semaine, vous connaissez le truc maintenant quand même. Au programme, des gros albums, des gros singles, vous avez le choix :

Projets

Pour les projets, des têtes d’affiche bien connues ou qui commencent à se faire connaître :

  • Attendu depuis leurs nombreuses collaborations, les deux enfants de Young Thug que sont Lil Baby et Gunna sortent leur projet commun “Drip Harder”. Au programme, des prods mélodieuses au piano de Wheezy, à la guitare de Turbo et des featurings de Young Thug (respect au papa quand même) et Drake (le son qui va le plus tourner, évidemment). Rien de très surprenant, mais ça reste efficace et très agréable :

 

  • Premier retour, on parle cette fois d’un pionnier de la trap. Après son tournant plus engagé, T.I. revient à la trap avec “Dime Trap”. Est-il encore capable de rivaliser avec les jeunes pour leur montrer qui est le patron ? A vous d’en juger :

 

  • Une des découvertes du grand public de l’album inspiré par “Black Panther”, Mozzy continue de faire preuve d’hyperactivité et sort l’album “Gangland Landlord”. On y retrouve de nombreux featurings, de Ty Dolla $ign (ça faisait longtemps) à YG, en passant par Schoolboy Q, Too $hort ou Rexx Life Raj. Bref, tout ça sent bon la Californie et on vous invite à la découvrir si vous le ne connaissez pas :

  • Pour finir avec la Californie, Dom Kennedy a sorti cette semaine « Volume Two », son nouveau projet. 16 titres, quelques featurings, si vous aimez les ambiances chaudes de l’Ouest des US, vous serez conquis à coup sûr :

  • On traverse le continent pour aller à New York. Certains sont restés attachés au “old school”, surtout quand on est le protégé de Nas. Dave East sort donc son troisième projet de l’année, cette fois en collaboration avec Styles P. Si vous aimez les samples, les boucles et la East Coast, vous serez servis avec “Beloved” (moi je suis conquis) :

 

  • On continue avec le plus ancien de cette rubrique. Mythique MC membre du Wu-Tang Clan, Ghostface Killah ne compte pas en rester là et s’entoure de nombreux artistes sur “The Lost Tapes”. On retrouvera avec bonheur des vieux de la vieille comme Snoop Dogg (bon ok il vieillit pas tonton), E-40, Big Daddy Kane, Raekwon ou Killah Priest. Bref, ça kicke à l’ancienne, mais est-ce que ça fonctionne toujours en 2018 ? A vous de juger (« comique » de répétition) :

  • Ridant sur le gros succès de « Mo Bamba » (qui fera ses débuts en NBA dans quelques semaines pour les experts et qui est accessoirement un pote du rappeur), Sheck Wes sort son premier album « MUDBOY ». Mention à la pochette un peu cheloue, mais plein de banger au programme dans ce projet d’un des membres de la relève new-yorkaise (oui oui il est de Harlem) :

Singles / Clips

Evidemment les clips et les singles ne s’arrêtent jamais de tomber aux States, et on trouve quelques collaborations de qualité :

  • Mon son préféré de la semaine, parfait pour commencer une journée ou pour écouter à tout moment. Anderson .Paak et Kendrick Lamar sortent “Tints”, un excellent son qui fait monter l’attente pour le projet de Paak :

 

  • On embraye sur deux artistes qui sortent des nouveaux clips issus de leur dernier album. D’un côté, le duo Rae Sremmurd nous propose “42”, tout droit sorti de leur triple (!) album sorti plus tôt dans l’année. De l’autre côté, on a l’occasion de rendre un nouvel hommage à XXX Tentacion avec la sortie du clip de “MOONLIGHT”, en attendant le premier album posthume :
  • On continue avec les (nombreuses) collaborations de la semaine. On y trouve du jeune remuant et à succès (Lil Pump feat. Lil Uzi Vert), des expérimentés qui s’associent pour tenter de créer une étincelle (Trey Songz feat. 2 Chainz & Yo Gotti, G-Eazy feat. YG), des teasings d’album ambitieux à venir (Swizz Beatz feat. Young Thug), des collaborations entre Chicago et Atlanta, toujours un gage de réussite (Lil Durk feat. Lil Baby & Young Dolph), du featuring inattendu, peut-être parce qu’un des deux rappeurs est en prison (6ix9ine feat. Bobby Shmurda) et de l’inclassable parce qu’un gremlin arc-en-ciel ne fait jamais rien comme tout le monde (Vladimir Cauchemar & 6ix9ine, oui c’est bien le mec à la flûte qui était devenu un meme) :

  • Jaden Smith continue d’envoyer des sons cette année. Toujours sous le signe de ses influences dubstep, voici son nouveau banger « GOKU » :

Coup de coeur de la semaine

  • On finit par le coup de coeur de la semaine. Alors ce son n’a rien de particulier ni d’exceptionnel j’avoue, mais ça me permet de vous parler de Sol. cette semaine il a sorti “The Plug”, mais je voulais surtout en profiter pour en placer une pour “Yours Truly”, son album de 2012 que j’ai beaucoup écouté. Voilà c’est tout, allez découvrir ça :

La touche sucreyy

On vous a dégoté un album calme et deux singles très subtils :

  • Pour l’album, on vous présente Phora. Un peu à mi-chemin entre rap et R&B par moment, on retouve sur « Love is Hell » le titre éponyme en featuring avec Trippie Redd, ainsi que d’autres artistes confirmés comme 6LACK, Tory Lanez ou G-Eazy. C’est très calme et détendant, c’est une découverte de notre président qui lui trouve une vibe XXX Tentacion donc aucune excuse pour pas vous mettre ça tranquillement ce soir avant de dormir paisiblement :

  • Mariah Carey. Et ouais, elle est encore et toujours là et sort un nouveau morceau, si ça se trouve elle va même revenir avec un album, on sait jamais. Cette fois c’est une ballade intitulée “With You” :

  • On finit par Ella Mai, qui sort “Whatchamacallit” (ça ne s’invente pas) en featuring avec Chris Brown. C’est pas forcément très fin mais elle sort un album la semaine pro qu’on ne manquera pas de mentionner et d’écouter pour voir ce que ça donne :

A la semaine prochaine les chefs

 

Lithopédion : fin d’un cycle pour William Kalubi ?

Quand Dramane m’a demandé si je voulais écrire avec lui un article sur Lithopédion, le nouvel album de Damso, j’ai d’abord un peu paniqué : ça venait de sortir, je n’avais pas encore digéré toutes les punchlines et les nuances qu’il contenait, bref, je m’en étais pas assez imprégné.

Heureusement, le Drams a la même fâcheuse tendance que moi à repousser le plus loin possible les échéances et le WEEB 3 commençait qu’on n’avait pas écrit une ligne de ce foutu article.

Mais alors que je passais 2 mois de folie en Afrique du Sud et qu’il essayait d’oublier son stage en organisant des AW ESSEC qui n’auront jamais lieu, je me disais que ce serait quand même bête de ne pas revenir sur le dernier projet du rappeur bruxellois.

Surtout que ça me permettrait d’enfin répondre à un certain M. Horvilleur, président, oserais-je le rappeler, de l’aSSoCiaTion Essec&Bab, qui, comme beaucoup de monde, avait semblé déçu par Lithopédion, ou en tout cas, n’avait pas compris la progression de la pensée de Damso et son cheminement artistique. Et après un été où j’avais pu me repasser les sons en boucle et les savourer tout en profitant des magnifiques paysages sud-africains, je me sentais enfin prêt à écrire.

Mêmes thèmes, nouveaux mots, prods innovantes et toujours autant de saal saal saal…

Avec Lithopédion, Damso se réinvente dans la forme mais ses préoccupations ne changent pas car le monde autour de lui ne diffère pas de ce qu’il était au moment de l’écriture d’Ipséité. C’est peut-être ce que lui ont reproché ses détracteurs après la sortie de l’album, en attendant, moi, j’ai encore été séduit.

En abordant de nouveau par exemple ses relations avec les femmes, sa difficulté à aimer entièrement l’une d’entre elles ou simplement à communiquer avec la personne qui partage sa vie ou son lit, Dems dépeint encore une fois une société où le silence fait peur, surtout quand il intervient dans le cercle amoureux. On parle pour éviter de se retrouver muet et donc vulnérable face à l’autre comme dans Feu de bois :

« On bavardait sans dire un mot

Le bruit de mon silence en dit long

Sentiments grandissants figeant l’ego

Prison de mots, absence de compliments »

Le silence, c’est d’ailleurs un thème qu’on pouvait déjà entrevoir dans son freestyle « Carte blanche » sur France Inter, publié en novembre 2017 ; c’est compliqué de dire « je t’aime » surtout quand on ne sait pas vraiment ce que ça signifie, alors Damso se résigne au sexe sans y mettre de sentiments :

https://www.youtube.com/watch?v=6jqhxRyL6PM   

Alors ouais, les femmes, tout comme l’hypocrisie, sa réussite (cf. Baltringue), le racisme (cf. Introduction), la situation de son pays natal, la République démocratique du Congo (cf. Même issue), c’est des choses sur lesquelles Damso a déjà écrit mais, comme à son habitude, avec sa violence et sa douceur singulières, j’ai trouvé qu’il arrivait à faire passer ce qu’il ressentait de manière super efficace. Et bien que les textes soient moins hardcore que sur Batterie faible par exemple, les sons sont encore plus travaillés au niveau de l’écriture et peuvent s’appuyer sur des prods innovantes et hyper bien amenées.

Bref, Lithopédion c’est rien d’bien méchant, mais c’est toujours aussi puissant.

Un morceau pas comme les autres

En parlant d’innovation musicale et d’écriture travaillée, je ne pouvais pas vous parler de Lithopédion sans évoquer Julien, vraie révélation de l’album.

Damso y traite d’un sujet tabou, la pédophilie, comme il l’avait fait avec l’inceste dans Une âme pour deux (Ipséité). En interview, il a expliqué comment il en est venu à écrire sur ce sujet :

« Tout est venu de la prod. C’est la première fois que j’avais pas de flow, rien ne me venait. Même pas une idée, une vision. Je l’ai écoutée, réécoutée. Mon fils jouait à côté de moi et je continuais à la passer. Après huit heures non-stop, j’ai eu l’impression de sortir de mon corps et de voir des thèmes que je n’abordais jamais. Au départ, j’écrivais pas sur ça [la pédophilie]. J’ai commencé à décrire la société. Plus je décrivais la société, plus j’allais dans les profondeurs de la société : et c’est là que j’suis arrivé à la pédophilie. Quand tu nais pédophile, tu es considéré comme une erreur par la nature ou par la science pour quelque chose que tu n’as pas forcément choisi. Ils sont parmi nous mais on ne trouve pas de solutions médicales pour ceux qui le sont. »

Ce qui est fort, je trouve, dans le morceau, c’est évidemment le texte, mais au-delà de ça, la manière qu’il a de le prononcer avec tant de légèreté ; un flow qu’on n’avait jamais entendu chez lui. D’ailleurs l’instru n’y est pas pour rien, c’est complètement différent de ce qui se fait d’habitude dans le rap : il y a une douceur dans la mélodie (on dirait presque de la pop française) qui vient contrebalancer les paroles et créer un sentiment hyper bizarre. On est là à chantonner des phrases qui, si on s’y attarde, décrivent une réalité terriblement cruelle. Tout ça rythmé par un simple « palapapapalala ».     

La fin d’un cycle

Lithopédion, pour moi, c’est aussi le deuxième et dernier opus d’un diptyque formé avec Ipséité. Et c’est donc la fin d’un cycle pour Damso, qui répond notamment à la question Kietu (Ipséité) avec William (Lithopédion). Dans l’introduction de l’album, on reprend d’ailleurs directement le fil d’Une âme pour deux, avec ce rappel de la chambre d’hôpital et de l’assistance respiratoire qui composait la fin de l’instru du dernier son d’Ipséité.

Avec cet album, Damso, qui se sent comme mort dans un corps en vie (lithopédion), part encore à la recherche de sa propre identité (ipséité) dans un monde, qu’il considère comme rempli d’humains dénués d’humanité. Son flow et sa plume lui permettent d’exprimer de nouveau ses ressentis et ses observations sur la trop grande noirceur de l’âme humaine, l’écriture devenant pour lui comme un exutoire face à cet être dont il se sent si éloigné.  

En tout cas, pas de rap au moins avant un bon bout de temps pour Dems, sauf dans ses concerts à l’occasion du Lithopédion Tour (tu pourras me voir à Bercy avec plusieurs autres Babouins) et sûrement dans la mixtape QALF (Qui Aime Like Follow) de son ancien groupe OPG, qu’il ne cesse de teaser mystérieusement et qu’on attend avec impatience.

« Je vous garde encore une petite semaine afin d’effectuer quelques analyses en plus. Je vous ai prescrit en attendant la mixtape QALF de Damso et Jackpot du groupe OPG. Je vous revois dans quelques heures. Reposez-vous et à tout à l’heure. » (Une âme pour deux)

Au moins ça lui laisse plus de temps pour son fils Lior, plus de temps pour cogiter encore sur lui, sur l’humain, et donc, bien qu’il ne nous promette rien, plus de temps pour nous pondre un autre fat projet. On a hâte.  

Mon top 5 de l’album

Il n’y a pas réellement d’ordre mais voilà, on finit par mes 5/6 sons préférés de l’album, même si le mieux c’est encore de l’écouter en entier :

  1. Feu de bois
  2. Julien
  3. Baltringue
  4. William
  5. Dix leurres/ Silence

https://www.deezer.com/album/66392272?utm_source=deezer&utm_content=album-66392272&utm_term=533172195_1537138300&utm_medium=web

Dernier article ou peut-être pas, la vie nous l’dira

 

Quel bilan pour la promo 2022 ?

L’heure est venue de mettre nos différends et différences de côté. L’heure est venue de faire le deuil. Mais, quel deuil,  me demanderez-vous ? 

Le deuil de votre année au sein de l’EBS. Dans moins d’une semaine vous en parlerez au passé. Dans moins d’une semaine vous serez quelqu’un de nouveau. Dans moins d’une semaine, les 3A deviendront des 4A, les 2A deviendront des 3A et, surtout, les petits PIs de merde deviendront des 2A.

C’est à ces derniers que je m’adresse en particulier. Ces petits gens qui n’étaient rien en arrivant et qui pensent être devenu quelqu’un en l’espace d’un an. Une idée qui germe et qui grandit aisément dans tous les esprits des étudiants grâce au terreau fertile du microclimat hermétique de l’EBS.

L’heure est donc venue de remettre les pendules à l’heure. L’heure est venue de nous rappeler, de nous souvenir. L’heure est venue, de la

PROMO 2022 REVIEW

Pour ceux qui connaissent pas, vos grand-mères les goudous. Celle-ci prendra la forme de questions rhétoriques, de prédictions ambitieuses et de pistes d’amélioration sur lesquelles la promo 2023 pourra s’inspirer librement afin appréhender sereinement son année de PI de merde au sein de L’EBS.

Tout de suite, les réflexions que j’ai pu mener et mes conclusions plutôt hâtives, bien que lourdes de vérité :

Après l’achat cette année d’une toute nouvelle table de BP, le processus de corruption des esprits Mardisiens devrait continuer l’année prochaine, annonçant peut-être la future disparition de l’association, qui sait ?

Les exploits BBA de cette année, entre terrorisme résidentiel et compte insta cénomenale, devraient peu à peu mener à la fermeture du cursus, permettant aux couloirs de L’EBS de redevenir des havres de paix et d’harmonie sur terre. Cependant, on a rien sans rien, avec un tel trou dans le CA du Foyer des élèves, le prix des pintes s’alignera alors sur les prix parisiens, autrement dit 2e50 la pinte de kro, faisant perdre la seule raison pour laquelle l’EBS est mieux que la scep. (c pas vrai on a aussi d’autres trucs)

Le local SKIK-ERT-EV-ETJESAISPLUSQUOI ouvrira-t-il de nouveau un jour ? Ce serait peut-être la mesure la plus ambitieuse de l’année à venir puisqu’elle permettrait aux autres locaux d’asso de ne plus être infesté par la présence nauséabonde des membres de ces groupuscules lors des pauses de midi.

Le nouveau bureau Maurice parviendra-t-il à « redresser tout ce bordel » (source interne). A quoi faut-il donc s’attendre pour cette nouvelle année ? Un nouveau concept serait-il dans les tuyaux ? Ou peut-être est-ce une nouvelle formule avec panini + boisson + snack à 4 euros ?

Trouvera-t-on quelqu’un qui respecte autant la gente féminine que notre cher Alphonse Bertin ? Quelqu’un prêt à donner corps et langue pour satisfaire les besoins de sa douce ?

Le seul club de l’ESSEC parviendra-t-il à recruter d’autres personnes que ces teubés de Douaisiens ? Et surtout, renouvèleront-ils leur exploit au WEI ? Exploit grâce auquel ils ont ainsi pu attirer la quasi-totalité des puceaux de l’EBS ? Le carton plein est plus que probable avec la promo 2023.

Aucun doute, si l’année prochaine le Skik continue à recruter les plus gros beaufs de l’EBS, la phase finale de sa mutation en néo-SES sera plus qu’enclenchée. Will the Skik be the new SES ?

En parlant d’SES, mes sources m’indiquent qu’un pi très prometteur est en partance pour l’EBS. Certains parlent de la relève de l’énarque des énarques de la Fransse. Sans surprise, je vous le donne en mille : un nouveau Mérian intègrera peut-être l’école. En tout cas on le lui souhaite.

Semaine Ski ou Surf Trip ? Pas besoin de se poser la question l’année prochaine. Non non. En effet, la petite semaine de vacance au Maroc n’aura pas lieu. Pourquoi ? Le prénom et le nom du respo ST suffisent : Alexandre Verlet. Bonne chance les copains.

Le BDE Havana, qui aura repeint son local en rouge, parviendra-t-il à conserver le précieux sésame immaculé face à la relève des peintross de l’EBS ? Le mystère reste entier, la blacklist plane au-dessus de la Promo 2023.

L’association E&B parviendra-t-elle à ramener B2O à la deuxième édition du Cergy Street Festival ? Rien n’est moins sûr. En revanche, l’association, qui est entre les mains d’un jeune renoi métissé prometteur, ne va pas s’arrêter en si bon chemin sur sa quête de gloire et de street-cred intra et extra EBS. Sa c sur ^^

Pour finir quelques questions-objectifs-bullet-point que je me permet d’évoquer :

– Les grèves, travaux et retards sur le RER A cesseront-ils un jour ? Non.

 – Le nombre d’agressions augmentera-t-il l’année prochaine ? Rappel du record à battre : 42.5

– Combien de teufs/teufettes seront annulées au dernier moment par le BDE ? Rappel du record à battre : 2

– En parlant de teufs, quel sera le nouveau record de sold-out en teuf pour la promo 2023 ? Rappel du record à battre : 47h23min avant sold-out

– Combien de redoublants seront présent avec nos amis les PI de merde ? Rappel du record à battre : 17.6% de la promo 2021. Bien ouej les gars.

– Et enfin, cet article restera-t-il en ligne plus longtemps que mon précédent ? Rappel du record à battre : 53min pour « Parce que c’est ton T5B(C) »

 

 

Kanye is Back, Twitter surchauffe

Il y a quelques semaines, Kanye West faisait son grand retour sur Twitter. On va passer au crible ses derniers tweets et ses grosses annonces. Evidemment roi en matière de communication, il maîtrise à la perfection son art ce qui nous a refait un peu penser à l’article de Robin (Comment sortir un album (et buzzer) ? )

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Follow him, I follow back

Déclaration d’amour pour sa Tesla, Teasing des Yeezy, Collab, Philosophie, Bonus Post Malone… GO.

Part 1 : Le grand retour du roi de la controverse

Disparu depuis 2016 du fameux réseau social, il nous a tous pris de court. On s’inquiétait notamment de son état de santé avec son sérieux burn-out. En Mai 2017, il avait alors fermé son compte Twitter et supprimé tous ses tweets. Bref, c’était pas la forme après « The life of Pablo » avec pourtant un record pour l’album : 99 millions d’écoutes sur les plateformes de streaming à sa sortie en 2016.

« Wake up mister West » (Famous, TLOP)

Facts :

On apprenait récemment sur Instagram la sortie d’un nouvel album de Drake mais Kanye ne fait pas les choses à moitié. Ce n’est donc pas un mais deux albums qu’il tease. Un composé de sept titres interprétés par le master en personne et un autre en featuring avec Kid Cudi : Kids See Ghost.

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Collab’ qui nous inspire car on ne peut que se rappeler de leurs anciennes collab’ avec notamment « Erase me » il y a déjà dix ans.

 

Toujours plus :

Il tease aussi des sorties de Pusha T et Teyana Taylor. Toujours mystérieux, à nous d’interpréter, sorties de deux autres albums ou deux sons avec ces rappeurs ? Pas meilleur que lui dans l’art du contre-pieds on vous le disait.

Début Avril, il a aussi révélé qu’il bossait sur un ouvrage philosophique « Break the Simulation » en se comparant tout simplement à Stephen Hawking. Peut-être que bientôt nous pourrons le citer dans nos dissert de CG, can’t wait…

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« Certaines personnes ont besoin de travailler dans une conscience existante tandis que d’autres peuvent changer la conscience. » Inspirant.
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«Soit ici maintenant. Soit dans le moment. Le présent est le meilleur moment de nos vies et il ne cesse de s’améliorer. Les mauvais moments, les moments d’ennuie, les moments de grande anxiété. Profite de chaque instant pour sa grandeur. C’est la vie. C’est le plus beau film que nous verrons jamais.» Poignant.

Part 2 : Prod & Good Music

Le 23 Avril il clarifie les choses :

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Il va donc produire tous les albums qu’il a évoqué avec son label Good Music. On attend donc le 15 Juin la sortie de l’album de Nas qui serait donc une production West.

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Part 3 : Yeezy ft Quechua

Il tease aussi les nouvelles Yeezy ce qui réveille les services de la com Décathlon. On imagine que Kanye s’est bien marré.

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Oui mais ses partenariats il les choisit bien. C’est avec Takashi Murakami, artiste plasticien chef de fil du « néo-pop » Japonais (le Superflat) qu’il va travailler pour son prochain album. On se rappelle de leur collaboration en 2007 pour la pochette de l’album Graduation et clip « Good Morning ». Il remet ça.

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Part 3 : (Breaking News) Kanye ft Trump la suite

Vendredi 27 Avril, sortie de 2 sons « Lift Yourself » (http://www.kanyewest.com) et « Ye VS.The people » avec Atlanta OG T.I. (le son ). Le premier est clairement un troll en réaction aux attaques sur son soutien à Trump, voici les paroles (entières) de la chanson :

« Poopy-di scoop
Scoop-diddy-whoop
Whoop-di-scoop-di-poop
Poop-di-scoopty
Scoopty-whoop
Whoopity-scoop, whoop-poop
Poop-diddy, whoop-scoop
Poop, poop
Scoop-diddy-whoop
Whoop-diddy-scoop
Whoop-diddy-scoop, poop » – Kanye West.

(brillant)

Après son soutien pour Donald Trump, ses fans avaient bien besoin d’explications. Sur le deuxième titre Kanye explique pourquoi il a porté la casquette de Trump : « I never ever stop fighting for the people, actually wearing the hat is showing people that we’re equal »

Bonus de la semaine :

Nouvel album de Post-Malone « BeerBongs & Bentleys » avec de belles participations 21 Savage, Nicki Minaj,G-Easy… Petit coup de cœur pour « Over Now » et les sons « Psycho » et « Candy Paint » qui se glissent dans l’album mais qui avaient déjà bien fait leurs preuves sur les blondinettes fragiles.

Stay Tuned

—->   Twitter de Kanié   <—-