Retour en images sur le NBA Crossover

Bienvenue à la troisième édition du NBA Crossover ! Pour la troisième année consécutive, la NBA s’installe à Paris dans le cadre d’une exposition. Le programme annoncé ? « Une exposition présentant la convergence entre la NBA et la culture urbaine ». C’est donc un événement très attendu par les fans de NBA chaque année depuis 3 ans, d’autant qu’un joueur a fait à chaque fois le déplacement à Paris. Cette année, c’est John Collins, ailier-fort des Hawks d’Atlanta, qui est venu faire un tour et rencontrer les fans français.

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Entrée du NBA Crossover

Comme tu peux le voir, il y a du monde au NBA Crossover, surtout en ce samedi. On prend son mal en patience en se disant que l’événement en vaut largement la peine. Première salle dédiée à la musique avec un équipement assez marrant qui permet de visualiser ta façon de jouer en fréquence sonore en te sortant une affiche comme celle sur la photo ci-dessous. Autre spécificité, une playlist Spotify dédiée à l’événement et qui n’est disponible qu’une semaine.

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Le « son » des dribbles de John Collins

On arrive ensuite à l’endroit dédié à l’art. Bien que certaines fresques street art représentent des joueurs (notamment à Los Angeles avec des fresques à la gloire de Kobe Bryant ou plus récemment LeBron James), on y découvre ici d’autres facettes. Des logos d’équipe sont reproduits avec une technique inattendue : on retrouve ainsi les logos des Lakers, Bulls, Celtics, Knicks, Pistons ou Jazz, entre autres.

Dans le même espace sont présentées quatre reproductions de l’excellente travail de Caroline Blanchet, mieux connue sous le pseudonyme de Ptitecao : il s’agit de D’Angelo Russell, Stephen Curry, James Harden et Giannis Antetokounmpo. Je t’invite d’ailleurs à découvrir ses créations sur son site perso, c’est vraiment une graphiste de talent. John Collins s’est également essayé à l’art : c’est lui qui a renversé la peinture jaune et rouge (aux couleurs des Hawks, c’est malin hein ?) sur ce ballon. A chacun de juger de la qualité de cette tentative…

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Reproduction des logos de franchises NBA
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La fameux ballon de John Collins
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Le super taf de la graphiste Ptitecao

On arrive ensuite à un spot unique en son genre : en plein milieu de cette exposition, il y a donc un barber shop. Et sponso par Foot Locker, excusez-nous du peu ! Pour les fans de basket, les trois maillots dédicacés font bien plaisir (Isiah Thomas, Mugsy Bones, David Robinson). En parlant de maillots, une collection de jerseys du All Star Game font face à ce stand : Jerry West, Scottie Pippen, Kevin Garnett, Magic Johnson et bien sûr notre Tony Parker national. Encore une façon de montrer l’innovation de la NBA en termes de design de maillots. Pour compléter cet espace, trois ballons customisés sont présentés, dont un réalisé par la marque Bape qui a récemment collaboré avec la NBA.

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Le stand Barber Shop
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La collection des maillots All Star
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Le ballon customisé par Bape

Qui dit événement sponsorisé par Foot Locker et NBA, dit évidemment sneakers. Des modes iconiques ou actuels sont exposés avec un QR code pour plus d’infos sur chaque paire. Aucune marque n’est ignorée : de Jordan à Converse en passant par les Under Armour portées par Stephen Curry. Pour aller plus loin, un stand de customisation a même été installé pour ceux voulant mettre leurs chaussures aux couleurs de leur franchise préférée.

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Le mur de sneakers
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Stand de customisation de sneakers

On arrive enfin à l’espace principal. Beaucoup de monde donc pas facile pour circuler ou pour avoir accès aux différents endroits (ce qui est regrettable, on y reviendra…). Cette salle contient donc une zone gaming pour tester ses skills sur NBA 2k19 ainsi qu’un stand de promotion pour le match qui aura lieu à Paris en janvier 2020 entre les Milwaukee Bucks et les Charlotte Hornets (un putain de gros événement, c’est le premier match de saison régulière qui aura lieu en France). En face, une scène pour les différentes animations qui ont lieu : quiz, panel de discussions sur l’impact de la NBA sur la mode ou encore des discussions « générales » autour de la NBA. Enfin, une salle avec un écran sponsorisée évidemment par Bein Sport (diffuseur officiel en France) et un petit jeu d’arcade.

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La scène avec beaucouuuuup de monde
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Les stands de gaming et de promotion du match de janvier 2020
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Enfin un match de NBA à Paris !!

Eeeeeeet…. c’est tout. Voilà. C’est petit et il y a beaucoup beaucoup de monde (ce qui explique la queue dehors pour réguler). Honnêtement c’est un événement sympa et qui tend à se pérenniser à Paris mais c’est assez frustrant car l’espace est réduit et rapidement bondé. L’éclairage apporté sur l’influence la NBA ou du moins la « convergence » est assez faible, même s’il permet de mettre en lumière le travail de certains artistes (comme Ptitecao). On aurait aimé un espace ouvert avec pourquoi pas un terrain ou un shop (assez incompréhensible qu’ils ne l’aient pas mis en place d’ailleurs). Bref, un passage intéressant pour tout fan de NBA mais qui demande à se développer ou à investir un espace plus aéré.

Par ailleurs, les animations apportent sans doute du mieux mais on pouvait s’attendre à autre chose après la volonté de la NBA de venir en France pour un match (d’ailleurs le stand de promotion est assez incompréhensible, son apport me paraît limité). D’autant que la couverture médiatique actuelle proposée par Bein et des médias indépendants comme Trashtalk est vraiment de qualité et mériterait une exposition plus réussie.

 

Si néanmoins tu es intéressé par l’influence de la NBA sur la culture urbaine et plus précisément le streetwear, je t’invite à découvrir mon article publié sur un autre média (Urban Art Paris) !

Et pour les vrais fans, kiffez bien la fin de saison et on se donne rendez-vous en janvier 2020 pour le match Bucks-Hornets !

La belle histoire d’amour entre les rappeurs et les sneakers

Les baskets font aujourd’hui officieusement partie des piliers du hip-hop. La culture « kicks » inonde Internet, d’Instagram aux vidéos de shopping de Joe La Puma pour Complex en passant par les « Celebrity Sneaker Stalker » de NiceKicks.

Les deux se rencontrent pour la première fois en 1986, quand RUN DMC demande à leurs fans de « wave their Adidas high in the air ». Leur chanson « My Adidas » est une vraie déclaration d’amour à la Superstar. Ils ouvrent alors la porte à de nombreux partenariats et à une belle histoire. C’est la naissance d’un nouveau business et Run, DMC et JMJ s’en rendent bien compte lorsqu’ils crient dans une vidéo destinée aux cadres d’Adidas « GIVE US A MILLION DOLLARS ». On se rend compte que le rap peut vendre des baskets.

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Adidas flaire la bonne affaire et s’ensuit une édition spéciale de Superstar et une ligne de vêtements. Elle prend de l’avance sur Nike, alors en pleine expansion. Les Stan Smith que personne ne peut aujourd’hui supporter deviennent elles aussi des icônes du hip-hop avec IAM (Je danse le Mia) ou HLM 3 (Lunatic). Les B-Boys deviennent à la même époque des ambassadeurs de la Puma Clyde. En 2017, pour les 50 ans de la Suede, Puma lancera même un pack B-boy pour « rendre hommage à la culture street et hip hop ».

« T-MAX, Air Max c’est la street » Seth Gueko

Nike riposte alors en utilisant sa botte secrète : Tinker Hatfield. Brillant designer, il dessine la Aix Max 1 en s’inspirant du Centre Pompidou à Paris. La marque n’a pas besoin de s’associer à des rappeurs pour que la paire gagne en street crédibilité. Ils en font d’eux-mêmes leur emblème. Le prince du 92 résumera « Taxi que si je paye avec mes Air Max » dans Le silence n’est pas un oubli.

Aux côtés de la Air Force 1, que Jay-Z changeait tous les jours pour conserver leur blancheur immaculée (enfin c’est ce qu’on raconte), elles deviennent un signe de richesse que les fans de hip-hop sont fiers d’arborer. C’est même, selon Grems dans Airmax, « la seule richesse à exhiber ».

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« Nikes on my feet » Mac Miller

On arrive ensuite dans les années 1990 où les modèles de Air Max sont de plus en plus populaires. La street s’en empare et aux Etats-Unis, les gangs de rue se disputent jusqu’aux sneakers. Les Bloods et les Crips, deux gangs originaires de Californie choisissent chacun une paire qui deviendra un de leurs signes distinctifs : respectivement les Air Max 95 et les Air Max 98. L’ambiance est un peu plus trash comme le prouve The Game dans Hate it or love it : « I’ll kill you if you try me for my Air Max 95’s ». Sympa!

D’autres modèles gagnent le coeur des rappeurs comme la Air Max 90 de Lino : « le filtre est Marocco, la 90 Air Max ». Mais c’était sans compter sur les Air Max Plus TN qui deviennent les chaussures du ghetto par excellence. Surnommées “requin” en raison du coloris originel au dégradé aquatique « Hyper Blue », ce sont les premières baskets avec une bulle d’air sur toute la longueur de la semelle. “C’était une des premières basket qui dépassaient les 1000 francs et donc c’est devenu la pompe des dealers, puis un signe extérieur de richesse” raconte Jay Smith, un connaisseur.

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Dans Clashes, Youssoupha explique que « le bitume c’est les dents de la mer, retiens, la raison pour laquelle on marche en Air Max Requin ».

La culture sneakers devient petit à petit une culture de masse et on ne peut plus dénombrer les collaborations entre rappeurs et marques de baskets : des Fila avec le Wu-Tang, les Jordans 12 de Drake, les Jordans 4 d’Eminem qui se vendent aux enchères pour 30000$ et plus encore.

La hype s’empare alors de l’affaire et les années 2010 voient fleurir le premier vrai créateur issu du rap. On vous en a déjà parlé plusieurs fois, c’est bien sûr Kanye West. La basket passe d’icône de la rue à icône des podiums et des tapis rouges. Kanye passe de Nike à Adidas sans scrupule, et s’il avoue aujourd’hui qu’il pensait que ses Adidas n’attireraient pas autant d’attention après le scandale de son départ de chez Nike, c’est bien l’inverse qui se produit.

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Si Adidas a compris les bénéfices que pouvaient lui apporter les rappeurs dès 1986 et s’associe aujourd’hui avec Pharrell, Rita Ora ou ASAP Rocky, Nike reste plus réticent et préfère les partenariats avec les sportifs. Ils restent soucieux de leur image basée sur la performance alors qu’Adidas s’inscrit dans une démarche plus lifestyle. Mais c’est malheureusement plus le nom qui intéresse que les vraies collaborations. Rares sont les vraies créations de rappeurs aujourd’hui, le design revient aux couturiers ou aux sneakers designers spécialisés. Et quand on voit certaines paires, c’est peut être mieux comme ça… (ci-dessous les Skechers 310 Motoring de Nas)

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